La dépendance aux Etats Unis de nos firmes est sous estimée. LE MARCHE DE L’EMPLOI AUX USA RALENTIT.

Un graphique récent publié par Markets & Mayhem présente un classement des entreprises non américaines selon le pourcentage de leur chiffre d’affaires total réalisé aux États-Unis.

En apparence, il s’agit d’une simple mesure de l’exposition des ventes aux États-Unis. Mais en réalité, il met en évidence un lien macroéconomique sous-estimé et potentiellement dangereux : la mesure dans laquelle les entreprises européennes et étrangères dépendent de la demande, des liquidités et de la stabilité politique américaines pour survivre.

En tête de liste figure Ashtead Group PLC, une entreprise industrielle basée au Royaume-Uni qui réalise 91,8 % de son chiffre d’affaires aux États-Unis. Bien que légalement domiciliée en Grande-Bretagne, cette entreprise est fonctionnellement américaine dans sa structure de bénéfices.

MTU Aero Engines, en Allemagne, est exposée à 70 %. Compass Group, Wolters Kluwer, RELX et Melrose se situent tous entre 58 % et 66 %.

La tendance est claire : de nombreux géants européens de l’industrie et des services sont structurellement ancrés dans le système économique américain. Ce phénomène n’est pas nouveau, mais ses conséquences n’ont jamais été aussi graves. Alors que la politique économique américaine devient de plus en plus transactionnelle, protectionniste et axée sur la sécurité nationale, ces entreprises sont exposées aux caprices des régulateurs, des banquiers centraux et des législateurs américains, sans bénéficier de la protection offerte par leur implantation aux États-Unis.

L’idée qu’une entreprise soit « étrangère » mais réalise la moitié ou plus de son chiffre d’affaires aux États-Unis n’est plus une curiosité, mais un faccteur de risque.

Ces entreprises sont de fait subordonnées aux décisions de la Réserve fédérale et du Trésor américain.

Si la Fed resserre les liquidités, les consommateurs américains dépensent moins. Si ces dépenses ralentissent, des entreprises comme RELX, InterContinental Hotels ou Bunzl le ressentent dans leur chiffre d’affaires, quoi qu’il arrive à Francfort ou à Londres.

Les PDG étrangers sont contraints de lire les discours de Jerome Powell avec autant d’attention que ceux de leurs propres banquiers centraux. Les implications stratégiques sont nombreuses. Une entreprise qui dépend des ventes américaines, mais n’y exerce pas d’activités significatives, peut devenir la cible de conflits commerciaux ou de sanctions. Plus les ventes sont réalisées aux États-Unis sans investissement américain équivalent, plus ces entreprises apparaissent comme des preneurs plutôt que des contributeurs, et risquent de se retrouver dans le collimateur de Washington si les tensions géopolitiques s’intensifient.

Prenons des parallèles historiques. Entre 2014 et 2016, des banques étrangères comme BNP Paribas et Deutsche Bank ont ​​été frappées d’amendes et de restrictions massives pour violation des sanctions américaines, même lorsque ces activités étaient légales dans leur pays d’origine.

La dépendance financière a créé une vulnérabilité juridique.

La même logique pourrait aisément s’appliquer aujourd’hui aux entreprises du secteur de la santé, de l’industrie ou des biens de consommation courante.

Dans un scénario où les États-Unis imposeraient des contrôles commerciaux ou des lois sur la souveraineté numérique, les entreprises des secteurs des médias, des services de données ou de l’industrie pharmaceutique, fortement exposées aux États-Unis mais dépourvues d’infrastructures américaines, pourraient être contraintes de restructurer leurs activités ou de subir un découplage de leurs revenus.

Il en va de même pour des entreprises comme Publicis Groupe ou Smith & Nephew, qui pourraient constater que le pouvoir juridictionnel des États-Unis s’étend de plus en plus au-delà des frontières.

La véritable question ne se résume pas aux ventes, mais à la dépendance. Ces entreprises étrangères sont profondément liées au système financier et de consommation américain. Leur destin suivra de plus en plus les décisions économiques et politiques américaines, et pas seulement celles de leur pays d’origine. À l’ère de la montée du protectionnisme et de la fragmentation des flux de capitaux, l’exposition aux Etats Unis doit être considérée à la fois comme un atout stratégique et un handicap potentiel.

LE MARCHE DE L’EMPLOI AUX USA RALENTIT.

LA FED VA DEVOIR FAIRE QUELQUE CHOSE A MOYEN TERME

ADP confirme que le marché du travail est en perte de vitesse

Le rapport ADP sur l’emploi qui vient d’etre publié a confirmé ce que de nombreux autres indicateurs du marché du travail signalaient : le marché du travail américain ralentit nettement.

Les embauches en mai ont atteint leur plus bas niveau depuis mars 2023, et les créations d’emplois d’avril ont été revues à la baisse, à seulement 60 000.

Ces données ne constituent pas une anomalie. Elles s’inscrivent dans une tendance plus large observée dans les indicateurs clés du marché du travail :

Le dernier rapport JOLTS a montré une stagnation des embauches, une baisse des offres d’emploi dans les secteurs en contact avec les consommateurs comme la restauration et une baisse continue du taux de démission, un indicateur de la confiance des travailleurs dans le changement d’emploi.

Le rapport QCEW a révélé que la croissance des salaires est désormais concentrée dans les zones technologiques et métropolitaines côtières, tandis que les régions plus traditionnelles sont soit stables, soit en déclin.

Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a réagi en chutant fortement de 8 points de base en cours de journée le 4 juin, alors que les marchés obligataires commencent à intégrer un ralentissement de la croissance nominale. Il ne s’agit pas d’une seule donnée, mais d’un discours convergent : le marché du travail américain se refroidit plus vite que prévu par les responsables politiques, et les marchés réagissent en conséquence.

Le marché du travail a été le pilier de la résilience économique américaine depuis la pandémie. Aujourd’hui, avec le ralentissement de la croissance de l’emploi et le tassement des salaires, la dynamique sous-jacente qui maintenait la consommation et la confiance s’érode.

Les marchés parient de plus en plus sur la nécessité pour la Réserve fédérale de se tourner vers une politique accommodante.

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