Une évaluation mordante de l’Europe par
« Les Européens savent que la course mondiale à la suprématie économique est perdue. Mais le modèle économique du continent perdure : il est un tiers plus pauvre que l’Amérique, travaille un tiers de moins et est beaucoup plus bronzé à la fin du mois d’août« .
Voici résumée en quelques lignes toute la philosophie politique des élites, des ploutocrates, des kleptocrates mondialistes: il faut que l’Europe baisse son niveau de vie, travaille plus, gagne moins et abandonne ses prétentions à bien vivre.
En clair, traduction : il faut qu’enfin l’Europe paie les erreurs des dirigeants, des élites et de la classe kleptocratique des dernières décennies.
Il faut qu’elle se soumette aux dures lois de la concurrence mondiale, laquelle impose les contraintes du capital, et en particulier celle de réaliser au moins le taux de profit moyen pour survivre, laquelle implique une baisse du coût de reproduction de la main d’oeuvre, laquelle impose une hausse des investissements et une mise en valeur maximum du capital accumulé.
C’est la philosophie de The Economist des Rothschild, de Macron, des compradors, du secteur bancaire, des marchés boursiers en général et bien sur celle des gouvernants européens.
Personne ne rétorque; ceci est accepté sur l’ensemble de l’échiquier politique et social même par les syndicats, par les LFI . Ils reconnaissent cette logique, qui est celle du Consensus de Washington, simplement ils demandent des aménagements pour la rendre supportable. Ou plutôt comme pour se venger; ils demandent qu’il soit procédé à la taxation ou surtaxation des riches. Ils ne demandent pas que cesse l’asymétrie systémique qui sacralise le Capital ils demandent qu’on attenue ses effets de façon biaisée, envieuse.
Surtaxer les riches n’est absolument pas sortir de la logique de The Economist, c’est au contraire la renforcer hypocritement; la loi d’airain du capital n’est ni levée ni adoucie, elle est maintenue mais au profit de l’Etat et de sa classe de privilégiés, au profit de la nouvelle classe de nobles et de ses larbins et complices !
En effet surtaxer les riches ce n’est pas augmenter ou préserver les revenus de salariés c’est divertir une partie des ressource supplémentaires au profit des nouveaux parasites; c’est augmenetr les marges de manœuvre de leur pouvoir; ce qui ne dit strictement rien sur la justice qui viendra ensuite.
Par exemple ce surplus peut engraisser la classe des fonctionnaires peu productifs, enrichir les fous du roi, enrichir marchands d’armes, enrichir les porteurs de droits acquis de retraites scandaleux etc; cette surtaxation des riches peut même servir à maintenir des droits acquis qu’en bonne logique économique il faudrait euthanasier!
Ces philosophies plus ou moins vicieuses ont un point commun; elles escamotent la réalité du système dans lequel nous vivons à savoir que c’est un système capitaliste, un système dissymétrique, un système dans lequel tous les maux et déséquilibres sont reportés sur le salariat tandis que le capital est jugé comme sacré, invariant, protégé à l’abri de toute destruction; on le voit clairement avec la dette, c’est un capital fictif, pourri, mort mais il faut coute que coute -au peuple- la rembourser!
L’un des problèmes majeurs de nos systèmes pervertis est le refus pourtant vital des faillites; les faillites sont la peau neuve de l’appareil productif, celle qui permet de survivre; « le serpent dit-on ne survit que de sa mue »; eh bien il en va de même du capital; il faut reviser cette perversion du refus systémique des faillites, les passifs doivent être ajustés, détruits, euthanasiés pour que les actifs puissent continuer à fonctionner et produire.
On détruit les avantages acquis des salariés, leur retraites, leur santé, leur sécurité, mais on maintient comme sacrés les avantages acquis de toute un gamme de droits à prélever sans produire. Les ajustements ne portent que sur le salariat; le reste est considéré comme devant être invariant. Nos systèmes sociaux privilégient le Mort au détriment du vif.
Notre mal profond, radical, fondamental est la suraccumulation intenable de droits acquis qui ne peuvent plus être honorés car ils ne correspondent plus à des valeurs sociales. Le maintient de ces droits acquis enracinés dans nos sociétés, invisibilisés car considèrés comme allant de soi, correspond un refus du mouvement de l’Histoire .
Les Européens savent que la course mondiale à la suprématie économique est perdue. Mais le modèle économique du continent perdure : il est un tiers plus pauvre que l’Amérique, travaille un tiers de moins et est beaucoup plus bronzé à la fin du mois d’août
