Cette politique peut sembler un simple geste consistant à verser 1 000 dollars à chaque enfant né entre 2024 et 2029 sur un compte à impôt différé lié au marché boursier, mais il s’agit en réalité d’une décision profondément stratégique.
À première vue, cela ressemble à un bonus de naissance.
En réalité, il s’agit d’une tentative subtile de lier plus étroitement l’avenir des citoyens américains à Wall Street.
Premièrement, elle crée un lien psychologique entre la prospérité nationale et les marchés boursiers. En donnant à chaque enfant une participation personnelle au marché dès sa naissance, elle le conditionne à considérer son avenir financier comme dépendant du succès des actions américaines. Il ne s’agit pas seulement d’une politique d’ingénierie comportementale.
Deuxièmement, elle crée une demande structurelle et à long terme pour les actions. Ces comptes seront probablement investis passivement, ce qui signifie des flux automatiques vers des fonds indiciels pendant des décennies. Il s’agit en réalité d’une version distribuée et décentralisée d’un fonds souverain, qui renforce le marché sans nécessiter de nouvelle législation ni d’assouplissement monétaire.
Troisièmement, il pourrait s’agir d’une tentative détournée de repenser la politique de sécurité sociale et de retraite. Au lieu de s’attaquer de front à la crise imminente des droits sociaux, cette approche oriente le débat vers la participation individuelle au marché. Elle individualise la responsabilité financière tout en renforçant l’idée que ce sont les marchés, et non l’État, qui sont le moteur de la prospérité à long terme.
D’un point de vue géopolitique, elle envoie un signal à des rivaux comme la Chine et les BRICS : tandis que d’autres construisent des modèles soutenus par l’État, les États-Unis redoublent d’efforts en matière de capitalisme boursier.
Elle associe citoyenneté et exposition au marché et fait de la participation au système financier une identité patriotique.
Il existe également un aléa moral à cela. Si chaque enfant dispose d’un compte de marché financé par l’État, peut-on laisser le marché s’effondrer ?
Cela augmente la probabilité d’interventions et de renflouements futurs, car l’optique politique des ralentissements boursiers est désormais liée à « l’avenir de la prochaine génération ».
Le système devient encore plus dépendant de l’inflation des actifs comme objectif politique. Enfin, cela pourrait servir de substitut discret aux mesures de relance traditionnelles.
Plutôt que d’imprimer de la monnaie par le biais de l’assouplissement quantitatif, le gouvernement crée une perception de demande organique en garantissant des entrées passives de capitaux en actions via ces comptes.
Il s’agit d’une nouvelle forme de soutien au marché, discrète mais aux conséquences à long terme.
En bref, il ne s’agit pas seulement d’aider les nouveaux-nés; il s’agit de le faire d’une façon qui renforce le système dans un monde ou les jeunes Americains sont tentés par les idées socialistes. Une telle initiative renforce l’idée d’accumulation de capital comme valeur sociale.
Il s’agit de renforcer la suprématie du marché, de remodeler l’identité publique autour des marchés de capitaux et d’ancrer davantage le système financier dans le contrat social.
C’est une approche astucieuse, politiquement élégante bien plus que la fameuse et fumeuse idée de participation du General de GAULLE et de ses disciples Capitant , Loichot et Wallon
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