Il n’y a pas que les idées et les abstractions, il y a la réalité quotidienne; ils nous pourrissent la vie

Bienvenue à Grenoble, laboratoire officiel de l’urbanisme punitif.

Ce matin-là, une maraîchère s’installe sur le marché avec le sourire. Elle est là pour vendre ses produits, faire vivre son activité, participer à ce qu’on appelle encore — du bout des lèvres — le commerce de proximité.

Mais autour d’elle, tout semble avoir été fait pour décourager les clients de venir.

La mairie a décidé de bloquer toutes les places de stationnement autour du marché, même celles qui, sans gêner personne, auraient permis à quelques clients de se garer quelques minutes pour faire leurs achats.

Pire encore : ces rares places sont désormais verbalisées.

Oui, verbalisation active de ceux qui voudraient, naïvement, consommer local sans renier leur voiture.

Et comme si ça ne suffisait pas, la ville a eu la brillante idée d’installer des bacs à copeaux design pile à côté du marché. Ils ne servent à rien, à part empêcher physiquement les voitures de se garer.

Pas de bancs, pas d’utilité, juste du mobilier punitif avec une touche d’esthétique subventionnée.

Tout ça pour quoi ?

Pour envoyer un message.

La voiture est l’ennemie. Le conducteur, un pécheur.

Et le bon sens, une variable négligeable.

Grenoble ne cherche plus à organiser la ville : elle cherche à corriger les comportements. À imposer une morale urbaine, même si elle tue l’économie locale au passage.

Voilà à quoi ressemble l’écologie quand elle devient une religion de contrôle, qui sacrifie l’utile au dogmatique. Et tant pis pour les maraîchers. Tant pis pour les clients. Tant pis pour la réalité

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