Le Forum monétaire de la BCE à Sintra a débuté aujourd’hui.

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Vito Constancio

Un article de recherche intitulé « Eurosclérose dans 40 institutions du marché du travail, dynamisme et compétitivité européenne », tente de démontrer que la rigidité persistante du marché du travail est la cause du fossé en matière d’innovation entre l’Europe et les États-Unis.

Cet article illustre cependant utilement qu’après le débat des années 1980 sur la sclérose du marché du travail européen, responsable du chômage élevé de l’époque, les profonds changements découlant de l’extension des contrats à durée déterminée, des emplois à temps partiel et du déclin du rôle des syndicats et de la négociation collective ont permis de résoudre le problème.

Reconnaissant la flexibilité acquise, au prix d’une certaine dualité du marché du travail, l’article introduit une nouvelle perspective selon laquelle le manque de dynamisme du marché est toujours responsable du manque d’innovation, car les travailleurs ne se tourneraient pas vers les nouveaux emplois proposés, rendant l’investissement plus risqué.

Les preuves de ce lien de causalité sont fragiles, et l’hypothèse alternative selon laquelle la principale raison pour laquelle l’Europe a perdu la révolution des TIC dans les années 1990 est bien plus convaincante.

En effet, si l’on s’intéresse à l’expérience américaine, on constate que la naissance des grandes entreprises technologiques actuelles est due à une activité vigoureuse de capital-risque, qui ne peut exister que grâce à l’existence d’un marché des capitaux profond et liquide, où les introductions en bourse d’entreprises prospères compensent largement toutes les pertes de capital-risque.

Ceci est également confirmé par les entreprises innovantes européennes qui déménagent aux États-Unis en quête de capitaux et de financements, tout en conservant la plupart de leurs employés en Europe.

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