EDITORIAL. Le « débat » américain sur les taux et la Fed: un colossal simulacre, à la façon soviétique et cela marche

Le S&P 500 a clôturé la semaine derniere à un sommet historique de 6 280,46.

Les rendements des bons du Trésor à dix ans ont gagné six points de base cette semaine, atteignant un sommet de quatre semaines à 4,41 %.

Les anticipations d’inflation du marché – le « point mort » à cinq ans – ont bondi de sept points de base à 2,46 %, leur plus haut niveau depuis le 9 avril (en hausse de 15 points de base en neuf séances).

Le « point mort » à dix ans a atteint 2,39 %, leur plus haut niveau du 27 mars.

La question de l’inflation et des taux continue d’alimenter les débats au sein des observateurs.

Les avis sont partagés.

Voici un échange intéressant qui peut servir de base à une analyse..

Kevin Warsh supposé candidat au remplacement de Powell: 

« Le président et d’autres sont accusés de faire de la politique. Mais voyons si nous pouvons bien comprendre. D’abord, la direction de la Fed a imputé l’inflation à Poutine, puis à la pandémie. Ils en ont une nouvelle. Maintenant, c’est la faute du président. L’inflation qu’ils avaient annoncée en janvier, février, mars et avril ne s’est pas produite. Mais j’ai entendu très récemment, sous les applaudissements des banquiers centraux internationaux, le président Powell déclarer que l’inflation est due aux droits de douane. Les droits de douane ne sont pas inflationnistes. Vous et moi en parlons depuis des années… C’est un jeu de reproches bien connu. Ce n’est tout simplement pas le genre de politique que la banque centrale devrait mener. »

Kudlow soutien de Trump de Fox news :

 « Jay Powell a déclaré l’année dernière, lorsqu’il a abaissé les taux pour la réélection de Biden : « Nous dépendons des données ». Maintenant, il dépend soudainement des prévisions tarifaires. C’est une toute nouvelle donne. Il faut donc partir du principe qu’il combat Trump. Et puis, il faut supposer que derrière lui, il y a quelques milliers d’économistes de la Fed qui combattent Trump. Et derrière eux, on trouve onze présidents de banques de la Réserve fédérale – les présidents régionaux – qui combattent Trump. Il y a quelque chose qui cloche dans ce modèle, et il aurait besoin d’une petite perestroïka. »

Warsh :

Je pense que c’est exact. Lorsque j’étais à la Fed, je parlais souvent de la nécessité d’une réforme. Puis, il y a une dizaine d’années, j’ai commencé à dire que la Fed avait besoin d’un changement de régime. Et bien, elle le prouve aujourd’hui. Un changement de régime implique de nouvelles politiques. Une nouvelle façon de penser la croissance économique. Une nouvelle compréhension des véritables moteurs de l’inflation. Cela implique aussi de nouveaux personnels.

Kudlow : 

« Il faut du personnel. Il y a plusieurs niveaux. Je veux rester fidèle à cette perestroïka. On peut baisser les taux d’un quart, d’un demi ou d’un point de pourcentage, comme le dit M. Trump. Ce qui est bien. Mais le problème sous-jacent est un problème de personnel. Nous savons que 80 % des dons – environ – du Conseil d’administration vont aux Démocrates. Mais il y a des gouverneurs qui ont besoin de nouveaux changements. Il y a les présidents de la Banque de réserve… et il y a les économistes. Le Conseil d’administration à Washington et tout le système. Tout cela doit changer. Le personnel est essentiel. »

Warsh :

 « La bonne nouvelle, c’est que j’y ai passé cinq ou six ans. Il y a encore énormément de talents. Mais il y a aussi beaucoup de bois mort. Il y a aussi des gens qui doivent adapter leur façon de penser à l’économie moderne. On n’est plus dans la logique économique de 1978, où l’on pensait que l’inflation était due aux salaires élevés. L’inflation est due à cette croissance monétaire dont vous parlez… Si vous regardez maintenant, et si vous pouviez réduire le bilan de quelques milliers de milliards de dollars, avec le temps et en concertation avec le secrétaire au Trésor, cela représenterait une baisse de taux importante. Cela aurait pour effet de dynamiser l’économie réelle, là où la situation est un peu plus difficile, et, au final, les marchés financiers se porteraient bien. Pourquoi les conditions financières sont-elles si accommodantes ? Les marchés des introductions en bourse sont en plein essor. C’est parce que tout cet argent circule – cela ne soutient pas l’économie réelle autant qu’une baisse des taux d’intérêt. »

Kudlow :

 « Pourquoi ne pas laisser la courbe des taux baisser ? Cela rendra le financement de la dette moins cher à court terme. Au fait, cela contribuera à financer toutes les réductions d’impôts prévues dans ce beau et imposant projet de loi. »

Warsh :

 « Larry, je conclus ainsi. Ils ont besoin de crédibilité pour agir. En septembre, ils ont baissé les taux, et que s’est-il passé ? Les taux d’intérêt à long terme ont augmenté. Ils n’avaient pas cette crédibilité. »

Vous le constatez, nous sommes loin de l’orthodoxie, nous sommes dans le revisionnisme!

Nous sommes en politique politicienne habillée, dissimulée derrière des pseudo réflexions compétentes sinon scientifiques, bref nous sommes dans la propagande .

Bien sur, toute ces analyses sont erronées.

Les rendements obligataires ont bondi suite aux baisses de taux de la Fed, parce que ces baisses étaient maladroites et à contre temps: les conditions financières étaient accommodantes et les marchés hyper spéculatif. Rien à voir avec la credibilité.

La baisse des taux était un signal de laxisme et un nième feu vert aux déchainements spéculatifs. La Fed a jeté de l’huile sur le feu.

Le Nasdaq 100 a progressé de 19 % depuis que la Fed a commencé à baisser ses taux en septembre dernier . Les actifs des fonds monétaires ont gonflé de 769 milliards de dollars, l’or a bondi de 31 %, l’argent de 25 %, le platine de 40 % et le cuivre de 33 %. Le cours du Bitcoin a presque doublé.

L’accent mis par Warsh et Kudlow sur la « masse monétaire » est un attrape nigaud car on sait bien que dans les marchés modernes, les masses monétaires ne veulent plus rien dire; on ne sait plus ce qui est monnaie ou ne l’est pas; le cadre analytique ancien est plus que dépassé, il est idiot. Les marchés en se mettant en risk-on créent leur propre liquidité, la liquidité est auto-productrice;

La création contemporaine de « monnaie » et de crédit est dominée par des institutions extérieures à la Fed, par le gouvernement fédéral, par les spéculateurs à effet de levier et par le « crédit privé » etc .

En clair cela signifie que la dynamique des bulles est pour ainsi dire endogène et qu’il faut un choc qui brise les engrenages spéculatifs, un choc , une rupture qui brisent la Croyance que l’on va pouvoir vendre plus cher et ces chocs ne peuvent pas être produits sans dégâts; or les dégâts, la FED ne peut se les permettre. Comme disait Schwarzenegger de la musculation « pour que cela fasse du bien il faut que cela fasse mal ». Pour contrôler tout cela il faudrait retirer le bol de punch, que cela soit dit et maintenu même si cela tangue.

Je soutiens que ce débat ci dessus est un simulacre, un pur spectacle car la réalité est que Powell aide Trump. Powell solvabilise la politique de Trump tout en faisant semblant de s’y opposer. Powell finance les déficits budgétaires élargis, il contrôle les taux longs dans un intervalle étroit tout à fait gérable, c’est à dire qu’il empêche les marchés de limiter les délires de Trump.

Powell laisse faire.

Il est responsable et coupable en ne laissant pas monter les taux longs, en injectant des liquidités subreptices quand il le faut, en acceptant la manipulation de la courbe des taux. La hausse des taux longs sur les fonds d’état est la seule chose qui a fait et pourrait encore faire reculer Trump. Avec un vrai patron de la Reserve Federale orthodoxe, les taux longs devraient être dans la fourchette 5,5 à 6%.

Regardez ou en sont les taux du 10 ans!

ILS SONT PERMISSIFS!

NOUS SOMMES DANS UN COLOSSAL SIMULACRE OU, COMME LES ANNEES PRECEDENTES, POWELL JOUE LA COMEDIE. IL AVAIT PRATIQUE UN RESSERREMENT CANADA DRY ET ICI IL FAIT UNE SOI DISANT OPPOSITION CANADA DRY BIS!

LISEZ CETTE CLOWNERIE QUI FAIT PARTIE D’UN SIMULACRE DIGNE DE CEUX DES SOVIETIQUES QUI EN LEUR TEMPS ORGANISAIENT LEUR SOI DISANT OPPOSITION

9 juillet – Reuters :

« Le président américain Donald Trump… a appelé la Réserve fédérale à abaisser le taux directeur fédéral d’au moins 3 points de pourcentage, renouvelant son appel à la banque centrale américaine pour qu’elle baisse ses taux afin de réduire le coût du service de la dette nationale. Notre taux de la Fed est AU MOINS 3 points trop élevé. Être trop tard coûte aux États-Unis 360 milliards de dollars par point, PAR AN, en frais de refinancement. Pas d’inflation, les entreprises affluent en Amérique. Le pays le plus chaud du monde ! Baissons le taux !!! », a écrit Trump sur Truth Social.

10 juillet – Associated Press :

« Le président Donald Trump intensifie sa campagne de pression pour que le président de la Réserve fédérale baisse les taux d’intérêt ou démissionne, en ciblant la coûteuse rénovation du siège de la banque centrale. La dernière étape en date est survenue… lorsque Russ Vought, principal conseiller budgétaire de Trump, a envoyé une lettre au président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, dans laquelle il affirmait que le président était « extrêmement préoccupé » par le fait que les plans pourraient avoir enfreint les règles relatives aux bâtiments gouvernementaux avec une « rénovation ostentatoire ». Trump a également nommé deux proches collaborateurs à une obscure commission chargée d’examiner les plans du bâtiment de la Réserve fédérale – un autre moyen d’accroître la surveillance de Powell… Cela fait suite aux critiques quasi quotidiennes de Trump à l’encontre de Powell, qu’il a dénigré comme « une personne très stupide » qui devrait « démissionner immédiatement ». Il s’agit d’une tentative sans précédent de remodeler le rôle traditionnel de la Réserve fédérale en tant qu’arbitre autonome de la politique monétaire américaine. »

2 réflexions sur “EDITORIAL. Le « débat » américain sur les taux et la Fed: un colossal simulacre, à la façon soviétique et cela marche

  1. Powell n’a pas le choix:s’il veut que les treasuries trouvent preneur,il ne doit pas trop baisser les taux.

    Les tarifs en détruisant le commerce international sont effectivement déflationistes.

    La politique des US:création monétaire détournée,stabilité des taux,inflation contenue grace aux tarifs et au réservoir des monnaies numériques.

    J’aime

Laisser un commentaire