Je soutiens paradoxalement que Powell est complice de Trump , que la discorde et le conflit sont objectivement des simulacres, que ces deux adversaires sont en realité complémentaires pour un objectif unique, réimposer la Loi du dollar.
Le dollar soi disant faible recouvre une opération de démonstration de force.
Situation actuelle :
1. Le Bitcoin se négocie au-dessus de 120 000 $ pour la première fois de l’histoire
2. Le prix de l’or dépasse les 3 400 $ l’once et se situe à 3 % d’un niveau record.
3. Ethereum devrait dépasser les 4 000 $ pour la première fois depuis décembre 2024
4. Ripple se négocie au-dessus de 3,50 $ pour la première fois de l’histoire
5. Le rendement des obligations à 10 ans devrait dépasser 4,5 %, même si Trump appelle à une baisse des taux de 300 points de base.
6. Les prix de l’argent se négocient à leur plus haut niveau depuis 2011
La crise du déficit budgétaire américain est bien pire que vous ne le pensez et vous pensez que les Etats Unis sont en train de s’affaiblir.
Vous oubliez l’essentiel; le monde a besoin de dollars, il est colossalement demandeur de dollars, vendeur a découvert de dollars, il a besoin de dollars hors des Etats unis pour couvrir ses exigences de refinancement et de denouement.
Le système mondial est fragile, malsain , pourri par la spéculation sur levier court en mismatch, et danS cet état il a besoin de vigilance, de prudence et de coopération.
Helas c’est le contraire que nous avons, le champ monétaire et financier est un champ de bataille, un champ de mines !
Nous sommes au cœur d’une guerre des monnaies. Les enjeux sont la stabilité nationale et les flux mondiaux et finalement le maintien ou pas du role central du dollar.
Rien de spectaculaire, mais une bataille lente, vicieuse et calculée qui utilise les voies commerciales, les adjudications d’obligations, les canaux de change et les points de pression sur les liquidités. Sans compter tout ce qui peut se passer dans le Grand Trou Noir des dérivés.
Les États-Unis et la Chine déploient tous deux des outils pour manipuler les flux mondiaux. La plupart des pays du monde ne s’en rendent pas encore compte, car les tactiques sont subtiles et dispersées dans différents systèmes, mais leurs effets convergent rapidement.
En apparence le dollar est faible mais c’est pour mieux imposer sa loi! La force systemIque du dollar ce n’est pas son prix, mais sa rareté.
Et c’est le role, la fonction de la Fed et de Powell.
L’indice du dollar américain (DXY) se situe à 97,86, près du bas de sa fourchette de 52 semaines. Nombreux sont ceux qui y voient le signe que la Fed a terminé, que des baisses de taux sont à venir et que la vigueur du dollar est derrière nous.
Mais cette interprétation est dangereusement mecaniste et simpliste.
En réalité, le monde se positionne pour un assouplissement tandis que les États-Unis organisent discrètement un piège à liquidités. Le Trésor inonde le marché des bons à 4, 6 et 8 semaines, des instruments à court terme qui pompent les liquidités des marchés monétaires, drainent les liquidités mondiales et immobilisent les garanties/collatéraux sûres.
La Fed n’a pas encore baissé ses taux. Elle se contente de maintenir la pression, saignant lentement le dispositif RRP et laissant les taux réels rester positifs. Cela crée un faux sentiment de faiblesse du dollar tout en durcissant en réalité la situation mondiale.
Le point crucial est que le dollar n’a pas besoin de se renforcer pendant des mois pour être pénalisant. Dans un monde en manque de liquidités, une hausse du dollar de quelques semaines peut briser des devises fragiles, déclencher un désendettement forcé et provoquer une fuite des capitaux sur les marchés péripheriques ou émergents.
Nous avons déjà vu cela.
En 2008, le dollar a grimpé de plus de 20 % en moins de six mois, au moment même où la Fed réduisait ses taux. En mars 2020, il a bondi de près de 10 % en quelques semaines, au cours d’un cycle d’assouplissement complet.
Dans les deux cas, ce n’est pas le resserrement de la Fed qui a provoqué la hausse, mais la panique mondiale, le stress sur les garanties et la ruée vers le dollar.
Cette même dynamique se met en place discrètement aujourd’hui.
Si la Fed baisse ses taux au moment critique pour le reste du monde, lorsque le positionnement est biaisé et que la liquidité est faible, le dollar peut s’envoler malgré l’assouplissement. Avec une chaine effrayante: épuisement des réserves des émergents et contrainte sur les carry trades à effet de levier.
Parallèlement, avec Trump les États-Unis exercent une pression commerciale. L’administration Trump vient d’imposer de nouveaux droits de douane agressifs dans toute l’ASEAN, avec des taux atteignant 49 % avant les négociations au Cambodge, au Laos, au Myanmar, en Thaïlande et au Vietnam.
Les marchandises chinoises transbordées sont toujours soumises à des taux de 40 %. Il s’agit de fermer la porte dérobée à la Chine et de forcer les chaînes d’approvisionnement à se réaligner selon les conditions américaines.
La réponse de la Chine a été de laisser le yuan baisser, non pas face au dollar, mais face à l’euro, aux devises d’Europe de l’Est et aux devises des pays émergents.
Cela rend les produits chinois moins chers à l’étranger et alimente la déflation sur les marchés mondiaux.
Mais cela révèle aussi la strategie de Pékin : la demande intérieure n’est pas sollicitée et la Chine s’appuie sur ses exportations pour survivre. Mais Plus elle dévalue, plus elle risque la fuite des capitaux et l’instabilité interne.
C’est la phase silencieuse d’une guerre des monnaies, une tactique de liquidité déguisée en stabilité.
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