L’Europe va financer les Etats-Unis en perdition au prix de sa propre dégringolade.

Je vous cite souvent cette réflexion désabusée de Rocard lors d’un Grand Débat à La Vie Française que je dirigeais alors: « maintenant la démocratie cela se réduit à voter sur la couleur des cages d’ascenseur ». Il voulait dire que les citoyens étaient exclus de tous les grands choix importants et n’étaient consultés que sur le dérisoire.

Récemment encore j’ai déploré que la politique étrangère soit un domaine présidentiel réservé car selon moi, à notre époque d’ouverture sur le monde avec domination monétaire et financière, tout est déterminé de l’extérieur. Les contraintes, les valeurs, les règles, les taux d’intérêt c’est a dire les préférences intertemporelles, tout est délocalisé, imposé par l’étranger. .

Ce qui vient d’être subi en matière de droits de douane et de Tribut Imperial est une caricature;

La démocratie est vidée de tout contenu, c’est un mot vide et ne pas en tenir compte, l’accepter c’est être complice avec ceux qui pilotent le système. La passivité est une complicité.

Si tout dépend de la politique étrangère et que le président se la réserve alors la démocratie ne s’exerce sur rien, elle fait partie du Grand Simulacre.

Il y a évidemment un lien étroit entre démocratie et souveraineté; si les citoyens sont dépossédés de la possibilité d’être souverains sur les grands choix qui engagent le pays alors la souveraineté est vide de tout contenu.

Elle est confisquée par d’autres comme les experts -stipendiés par l’étranger- qui imposent leur gouvernance ou surtout et c’est souvent la même chose , par l’étranger purement et cyniquement. L’étranger européen ou mondial.

Les institutions étrangères, les alliances, les délocalisations, les participations au marché mondial, l’insertion dans des blocs monétaires etc tout cela constitue des dépossessions, des destruction ou neutralisations de la démocratie. Tous les choix sont imposés.

Pour réagir ce n’est pas au niveau des contenus qu’il faut se battre non c’est au niveau radical, systémique , tant que l’on est dans le système les choix ne sont que ceux de la couleur de la porte des chiottes.

Le combat politique intérieur n’existe pour ainsi plus, il se réduit à l’affrontement d’écuries de courses présidentielles pour la conquête des prébendes et des avantages personnels, qu’ils soient légaux ou pas avec les possibilités de corruption et de népotisme..

LE GRAND REMODELAGE MONDIAL SE FAIT SANS AUCUNE INTERVENTION POPULAIRE. IL SE FAIT ENTRE FRACTIONS DE CLASSES SOCIALES BOURGEOISES MONDIALES SELON LEURS RAPPORTS DE FORCES INTERNES.

Le grand chambardement des droits de douane illustre clairement la manière dont les États-Unis utilisent la politique économique comme arme géopolitique. Il s’agit d’une stratégie visant à remodeler l’industrie manufacturière mondiale, à isoler des adversaires comme la Chine, à contraindre leurs alliés à un alignement plus étroit et à récompenser les pays que les États-Unis souhaitent rapprocher de leur orbite économique et stratégique.

Je ne sais pas si vous vous en rendez compte, mais les sommes déplacées vont se chiffrer par trillions et dizaines trillions, elles vont engager l’avenir pour longtemps par le biais des investissements qui seront faits et surtout pas faits: tout va en découler, prospérité, niveau de vie, sécurité, qualité des emplois, ordre social …

Pendant ce temps votre minable budget du Schtrumpf Bayrou discute de quelques dizaines de milliards et de financement de garnitures périodiques pour les jeunes femmes!

Les droits de douane ne visent pas seulement à protéger les industries américaines, mais aussi à contrôler les flux de puissance, de capitaux et d’influence au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales.

La Chine est la cible principale, point final. Mais les États-Unis font pression sur leurs ex-alliés devenus vassaux pour qu’ils localisent leur production, cessent de dépendre excessivement de l’Asie pour leurs pièces essentielles et rattachent plus étroitement leurs politiques industrielles aux priorités américaines . C’est de la coercition par poignée de main. 

Les droits de douane sur les véhicules sont exorbitants pour la Chine, élevés pour l’Allemagne et le Japon, et faibles pour le Mexique et l’Inde. Il s’agit d’une politique industrielle classique, qui désigne des gagnants et des perdants, non pas en fonction de critères économiques, mais en fonction des partenaires avec lesquels les États-Unis souhaitent construire leur avenir.

Les États-Unis ne se contentent pas de répondre aux déficits commerciaux ou de tenter de sauver des emplois américains. Ils redessinent la carte industrielle mondiale. Il ne s’agit pas seulement d’économie. Il s’agit de sécurité nationale. D’influence. Il s’agit d’une stratégie globale visant à garantir que les États-Unis restent au cœur de la production mondiale, même dans un monde fragmenté et multipolaire. Les droits de douane sont désormais un outil d’alignement géopolitique, et non plus seulement de frictions commerciales.

L’Amérique d’abord » signifie « Tous les autres en dernier »

Vos élites stipendiées, vendues, achetées et tenues acceptent tout, elles baissent la tête et bradent notre souveraineté, sous l’argument faux et archi faux que les Etats Unis sont les plus forts.

C’est un gros mensonge, les Etats Unis sont faibles, vulnérables, fragiles, déséquilibrés , voila la réalité et ils veulent se renforcer sur notre dos, ils veulent nous piller pour tenir plus longtemps face aux mutations en cours qui pulvérisent leur exceptionnalisme.

Les USA font un pari colossal qui selon toute logique sera perdu.

Les États-Unis sont financièrement surendettés La dette nationale américaine apparente atteint des niveaux insoutenables, dépassant désormais les 34 000 milliards de dollars. La dette réelle des engagements non financés est de 120 trillions. Avec des déficits qui explosent et des charges d’intérêts en hausse, les États-Unis ne sont pas en mesure de mener des guerres économiques à long terme.

Les droits de douane agissent comme des taxes cachées sur les consommateurs et les entreprises américains, faisant grimper les coûts sans assurer la relance manufacturière promise. Ce fardeau économique ne fera que s’alourdir à mesure que le pays dépensera plus qu’il ne gagnera.

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