Global Times
TRADUCTION BRUNO BERTEZ
Après la France et le Royaume-Uni, le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé mercredi, heure locale, l’intention du Canada de reconnaître l’État de Palestine lors de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre, soulignant que son objectif était de préserver la possibilité d’une « solution à deux États » au conflit israélo-palestinien.
Le fait que trois pays du G7 et de l’OTAN soient prêts à rejoindre les rangs des pays reconnaissant l’État de Palestine constitue une avancée remarquable, marquant une avancée significative pour la Palestine dans sa quête de reconnaissance internationale.
Une autre nouvelle notable a été révélée par le Financial Times (FT), qui a rapporté mercredi que le président américain Donald Trump avait déclaré avoir vu des images de Palestiniens affamés à la télévision et déclaré qu’il faudrait être « assez insensible » ou « fou » pour ne pas les trouver terribles.
Le FT a reconnu qu’il s’agissait d’une réprimande rare de la part d’un président américain.
Si la position publique du gouvernement américain a jusqu’à présent été cohérente avec celle d’Israël, considérant la création d’un État palestinien comme un encouragement pour le Hamas et qualifiant les déclarations françaises, britanniques et canadiennes de « coup de pub », l’interprétation du Financial Times révèle le consensus international dominant et les divisions croissantes du monde occidental sur la question israélo-palestinienne.
Il ne s’agit pas seulement d’un changement de posture diplomatique, mais d’une prise de conscience politique née du conflit, de la faim et d’un choc moral.
Récemment, l’aggravation de la catastrophe humanitaire à Gaza a considérablement amplifié les appels internationaux en faveur de la « solution à deux États ».
Selon les données de l’ONU, depuis octobre 2023, les opérations militaires israéliennes à Gaza ont fait plus de 60 000 morts.
L’aide humanitaire qui entre à Gaza est loin de répondre aux besoins fondamentaux de plus de 2 millions de personnes.
Dans un tel contexte, le maintien de l’acquiescement à une « occupation indéfinie » constitue non seulement un déni du droit international, mais aussi un défi à la conscience morale mondiale.
La nature prolongée et destructrice du conflit a amené la communauté internationale à prendre conscience que la « solution à deux États », bien qu’imparfaite, est la seule option viable.
Elle ne mettra peut-être pas fin instantanément à la haine, mais elle peut offrir un cadre institutionnel pour une coexistence pacifique entre deux peuples et empêcher que davantage d’enfants ne meurent sous les bombardements et la faim.
La Chine est profondément préoccupée par la situation actuelle à Gaza et a toujours soutenu le peuple palestinien dans sa quête d’un État indépendant.
Lors de la Conférence internationale de haut niveau pour le règlement pacifique de la question de Palestine et la mise en œuvre de la solution à deux États, qui s’est tenue du 28 au 30 juillet, co-organisée par la France et l’Arabie saoudite sous l’égide des Nations Unies, Zhai Jun, envoyé spécial du gouvernement chinois pour la question du Moyen-Orient, a avancé cinq propositions. Il a souligné que la priorité immédiate était de parvenir à un cessez-le-feu complet à Gaza afin d’atténuer la crise humanitaire et a appelé la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour concrétiser la « solution à deux États », exprimant clairement la position de la Chine. La convocation de cette conférence marque la reprise du processus de mise en œuvre de la « solution à deux États » après près de deux décennies de stagnation, apportant un nouvel espoir de paix au peuple palestinien, qui souffre depuis longtemps.
La question palestinienne demeure l’une des plaies les plus tenaces de l’histoire des relations internationales modernes, et le remède a été validé par la réalité : la mise en œuvre intégrale de la « solution à deux États ».
Pourtant, des pièces essentielles du puzzle de la paix manquent encore.
Les États-Unis et Israël poussent de fait la « solution à deux États » vers l’anéantissement.
Israël devrait reconnaître que le soutien de la communauté internationale à cette solution est irrésistible et que toute tentative d’annexion ou d’occupation indéfinie de Gaza ne fera qu’exacerber les conflits. La mise en œuvre de la « solution à deux États » est la voie la plus conforme à ses propres intérêts à long terme.
De fait, certains responsables politiques israéliens, comme l’ancien Premier ministre Ehud Olmert, ont publiquement exprimé leur soutien à la « solution à deux États ».
Actuellement, plus de 140 pays reconnaissent l’État de Palestine, dont des pays européens comme l’Espagne, la Norvège et l’Irlande. L’afflux mondial de soutien humanitaire aux Palestiniens non seulement replace la « solution à deux États » dans le cadre des Nations Unies et du droit international, mais témoigne également d’un fort consensus international en faveur d’une résolution pacifique de la question israélo-palestinienne et du soutien à la création d’un État palestinien.
Il s’agit d’un coup de pouce indispensable à la situation de plus en plus difficile à laquelle est confronté le peuple palestinien.
Alors que de plus en plus de pays choisissent de se ranger du bon côté de l’histoire, la mise en œuvre de la « solution à deux États » se trouve face à une nouvelle opportunité. La communauté internationale est engagée dans une « course contre la montre » concernant les perspectives d’un État palestinien.
Dans ce contexte, défendre et mettre en œuvre la « solution à deux États » ainsi que lutter pour une paix et une stabilité durables au Moyen-Orient constituent non seulement des obligations morales, mais aussi des responsabilités politiques. Nous espérons que les États-Unis et Israël abandonneront la logique erronée selon laquelle « reconnaître l’État de Palestine équivaudrait à récompenser le terrorisme » et assumeront véritablement leurs responsabilités de défenseurs et de bâtisseurs de la paix au Moyen-Orient. Nous espérons également que davantage de pays rejoindront la coalition internationale pour la justice afin de mettre en œuvre la « solution à deux États ».
Face à l’escalade de la crise humanitaire à Gaza, le monde n’a plus aucune raison d’attendre.