Un exercice d’anticipation pour se distraire ce week-end. Y aura-t-il un catalyseur!

Les risques de l’économie américaine sont totalement sous estimés; on parle de baisse des taux pour eviter la recession mais on ne parle pas de recession!

Personne n’en parle.

Si la Fed baisse ses taux en septembre, l’histoire suggère que cela confirmera probablement le début d’un cycle d’assouplissement monétaire coïncidant avec une hausse du chômage.

Chaque cycle d’assouplissement monétaire du dernier demi-siècle a suivi, sans l’empêcher, la détérioration économique.

Cette fois, les risques s’étendent à tous les niveaux du système, exposant les ménages, le marché financier, les banques, les entreprises, les régimes de retraite et les États.

Tous les risques sont magnifiés par le recours généralisé au crédit d’une part et aux manipulations comptables d’autre part.

Il s’ajoute mais cela est peu su, une insuffisance colossale de fonds propres dans le système, or les fonds propres sont les garants des dettes, les amortisseurs de chocs.

Tout est en levier et tous les comptes sont faux! Les assurances sont bidons elles sont comme on dit.. dynamiques et reposent sur des contreparties … qui ne peuvent pas payer.

Les obligations d’entreprises constituent la première ligne de fracture.

Les obligations à haut rendement rapportent encore plus de 7 % et les obligations de qualité investissement 5 à 6 %, mais les spreads sont proches de leurs plus bas historiques, ce qui laisse peu d’amortisseurs face à des défauts de paiement dépassant déjà 4 %.

Les entreprises qui ont emprunté à bas prix dans les années 2010 sont désormais confrontées à des refinancements à des taux deux ou trois fois plus élevés.

La baisse des taux des fonds fédéraux ne résoudra pas le problème : la baisse des bénéfices et le ralentissement économique accentueront la pression sur le service de la dette.

Les banques et les assureurs qui détiennent des prêts à effet de levier et des obligations d’entreprises seront confrontés à la fois à une augmentation des défauts de paiement et à une baisse des valeurs de recouvrement.

Les municipalités semblent plus sûres sur le papier, mais les failles sont évidentes.

Les villes et les communes dépendent des obligations adossées à l’impôt foncier pour financer les écoles, les routes et les infrastructures. Le ralentissement de la croissance et de l’emploi feront baisser la valeur des biens immobiliers et les recettes fiscales . Le service de la dette, en revanche, est fixe. Les collectivités locales seront donc contraintes d’augmenter les impôts sur une base de plus en plus réduite ou de réduire les services essentiels.

La charge incombera en fin de compte aux contribuables et aux fonctionnaires, tandis que les détenteurs d’obligations municipales ne seront peut etre pas intégralement payés.

Les retraites se situent exactement entre le marteau et l’enclume .

Des décennies de faibles rendements les ont contraints à se tourner vers le capital-investissement, l’immobilier et les obligations à haut rendement.

Ces actifs illiquides peuvent être masqués par des manipulations comptables, jusqu’à ce qu’une crise force à reconnaître les pertes .

Parallèlement, les retraites affichent des flux de trésorerie structurellement négatifs : les retraités reçoivent davantage que les travailleurs. Avec la hausse du chômage, les cotisations diminuent encore, ce qui contraint à davantage de ventes d’actifs sur des marchés faibles.

Les retraités, les municipalités et, en fin de compte, les contribuables sont exposés lorsque les déficits de financement se creusent.

Au sommet du système se trouve le gouvernement fédéral.

D’ici 2026, 12 000 à 14 000 milliards de dollars de dette doivent être refinancés. Une grande partie de cette dette a été émise lorsque les taux étaient proches de 1,5 % ; les taux oscillent désormais entre 4 % et 5 %.

Malgré les baisses de taux de la Fed, les émissions de bons du Trésor restent colossales, évinçant la demande d’actifs à risque.

Les charges d’intérêt sont en passe de dépasser 1 000 milliards de dollars par an, ce qui pèse sur la capacité budgétaire. Les détenteurs de bons du Trésor, comme les banques, les caisses de retraite et les gouvernements étrangers, sont exposés à la fois à des pertes liées à la valorisation au prix du marché et au risque d’éviction qui pèse sur tous les autres emprunteurs.

Enfin, les ménages, qui constituent le sous bassement du système de crédit, sont déjà dans le rouge. Les impayés sur les cartes de crédit frôlent les niveaux de la crise financière. Les impayés sur les prêts automobiles, notamment les prêts subprime, les ont dépassés. Les impayés sur les prêts étudiants galopent rapidement depuis la fin de la suspension des paiements. Et les impayés sur les bureaux et entre commerciaux ont déjà dépassé les pics de 2008.

L’exposition est large : les banques qui ont accordé les prêts, les investisseurs en ABS détenant des titrisations, les propriétaires dépendant des revenus des bureaux et les fonds de pension qui détiennent une part de ces revenus.

A tout cela s’ajoute le risque opaque sur le Credit Privé qui a enflé sans contrôle et sans sécurité.

Chacun de ces risques serait gérable à lui seul.

Ce qui rend cette situation particulière, c’est leur imbrication.

Les ménages sous pression réduisent l’assiette fiscale des villes. Les tensions sur les entreprises et l’immobilier commercial se répercutent directement sur les bilans des banques. Les retraites sont exposées à tout cela, et le mur de refinancement du Trésor domine le reste.

Le chômage augmentera, amplifiant chacune de ces pressions par une humeur sociale délétère et encline à la rétention; les animal spirits vont s’inverser! La transitivité va se mettre en branle. les prophéties négatives vont se realiser parce qu’elles seront crédibles!

Ajoutons a celui l’irresponsabilité des politiciens anti Trump qui vont pousser a la roue pour obtenir sa peau et vous avez tous les ingredients d’un sinistre.

.En 1929 le pic du marché boursier s’est transformé en chute en cascade, non seulement à cause de la spéculation, de l’endettement, et de valorisations insoutenables, mais aussi à cause d’erreurs politiques qui ont transformé une crise en dépression.

La plus grave fut la loi tarifaire Smoot-Hawley de 1930, qui a instrumentalisé le commerce au pire moment possible. Le volume des échanges mondiaux s’est effondré de près des deux tiers en quatre ans, privant les économies de demande solvable et accélérant la faillite systémique.

La situation de 2025, présente une similitude inconfortable. Les valorisations boursières sont soufflées après des années de gonflement des liquidités, la volatilité est artificiellement comprimée, les pries de risque sont nulles et donc incapable de servir d’amortisseurs et l’endettement mondial atteint des niveaux historiquement élevés.

Un nouveau risque vient s’ajouter à cette litanie sinistre, c’est celui de la méfiance domestique internationale à l’égard du dollar et de la dette américaine; Trump veut clairement politiser la Fed et la politique monétaire, c’est à dire augmenter la répression financière et avilir la monnaie!

Voici Vance sur l’affaiblissement de la Réserve fédérale : « Je ne pense pas que nous permettions aux bureaucrates de prendre des décisions sur la politique monétaire et les taux d’intérêt sans aucune contribution des personnes qui ont été élues pour servir le peuple américain… Le POTUS est bien mieux à même de prendre ces décisions. »

Vous le savez je ne fais pas de prévision, ceci est une fiction construite à partir d’éléments de la réalité qui peuvent soit s’emboiter soit ne pas s’emboiter. Tout dépend de cette chose mystérieuse que l’on désigne sous le nom de catalyseur.

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