Une nouvelle crise de la dette dans la zone euro

DANIEL LACALLE

1er Septembre

La France est un pays merveilleux, doté d’un excellent capital humain, d’entreprises innovantes et d’entrepreneurs exceptionnels. Cependant, elle est au bord de la faillite, car elle a maintenu pendant des décennies un modèle économique interventionniste avec un État géant (57 % du PIB), des impôts extrêmement élevés, un secteur public pléthorique, une immigration incontrôlée et une législation restrictive.

De nombreux commentateurs saluent aujourd’hui l’Espagne comme un exemple de croissance dans la zone euro. Pourtant, le gouvernement espagnol copie point par point le modèle français.

La France est en crise de la dette à cause des politiciens « modérés » typiques. Lorsque les dépenses explosent, ces étatistes restent silencieux, mais lorsqu’il s’agit de resserrer les budgets, ils prônent la prudence et la progressivité.

Les « experts modérés » proposent la même vieille farce socialiste : un ajustement budgétaire de 50 % par des réductions de dépenses et de 50 % par une augmentation des recettes, en recourant toujours à une charge fiscale plus élevée pour les entreprises et les familles, sans jamais réellement réduire les dépenses annoncées.

Le problème avec les soi-disant experts français « modérés » est qu’ils ne proposent que des mesures provisoires au lieu de résoudre le vrai problème : un État insoutenable.

Un État géant, des impôts exorbitants et une forte immigration

Les effectifs du secteur public français représentent environ 20 % de l’emploi total, le déficit annuel du système de retraite est projeté entre 5 et 6,6 milliards d’euros en 2025.

Les engagements de retraite non financés dépassent 400 % du PIB et le déficit public total actuel est d’environ 5,4 % du PIB, soit plus de 100 milliards d’euros pour 2025.

Le coin fiscal total sur le travail en France est le plus élevé parmi les pays de l’UE, atteignant 54,4 % du coût patronal en 2025 pour le salarié célibataire moyen.

Les contribuables sont étouffés et les soi-disant bénéficiaires des dépenses sociales sont relégués au rang de sous-classe dépendante.

Pour les entreprises, le taux normal de l’impôt sur les sociétés reste à 25 %, mais avec des prélèvements supplémentaires, les grandes entreprises seront confrontées à des taux d’imposition effectifs allant jusqu’à 36,1 % en 2025.

Le ratio impôt total/PIB s’élève à 43,8 % pour 2024, ce qui place la France comme la grande économie de l’OCDE la plus taxée.

La France n’a jamais connu l’austérité : elle possède un État gigantesque, des impôts exorbitants et une forte immigration, autant de facteurs qui ont entraîné stagnation, endettement et mécontentement social. Les contribuables sont asphyxiés et les prétendus bénéficiaires des dépenses sociales sont relégués au rang de sous-classe dépendante.

Les déséquilibres massifs de la France

N’oublions pas que la Banque centrale européenne a encouragé le désordre budgétaire actuel en fournissant toutes les options d’assouplissement monétaire disponibles : baisses de taux, mécanisme anti-fragmentation et cycle sans fin de monétisation des échéances.

Aucune des mesures prises par la BCE n’a aidé la France à corriger ses déséquilibres massifs ; au contraire, elles ont perpétué et encouragé les excès du gouvernement.

Le problème de la France est que les soi-disant experts et politiciens modérés ne se sont montrés modérés que lorsqu’il s’agissait de perpétuer un État insolvable.

Macron est arrivé au pouvoir en mettant en garde contre une croissance « sclérosée » et des dépenses excessives, mais il n’a rien fait. Bayrou se présente comme un modéré, mais propose de nouvelles hausses d’impôts, qui s’ajouteraient à des impôts confiscatoires depuis des années.

Le ministre de l’Economie, Lombard, n’a proposé aucune mesure de libéralisation, mais il maintient le fardeau fiscal actuel, qui est étouffant.

Le problème de la France est que les soi-disant experts et politiciens modérés ne se sont montrés modérés que lorsqu’il s’agissait de perpétuer un État insolvable ; lorsqu’il s’agissait de presser les contribuables, ils se sont montrés radicaux.

Déclencher une alarme artificielle

En France, le stratagème est toujours le même : déclencher une alarme artificielle concernant une prétendue menace radicale, et l’étatisme prédateur est toujours entretenu. C’est également le cas en Espagne.

Alors que la presse s’alarme à propos de Le Pen, personne ne parle du désastre fiscal provoqué par la social-démocratie et la gauche.

Les médias français ont blanchi Mélenchon d’extrême gauche et ses propositions communistes, tirant le débat économique vers la gauche et consolidant comme seule solution apparente un socialisme qui traite les entreprises et les familles uniquement comme des distributeurs automatiques de billets.

La popularité du mème « C’est Nicolas qui paie » ces dernières semaines n’est pas surprenante, mais elle est incorrecte

Les gouvernements français ont oublié que la richesse doit être créée avant de pouvoir être distribuée. Ils se sont habitués à élaborer des politiques pour ceux qui prélèvent, ignorant ceux qui créent la richesse.

La popularité du mème « C’est Nicolas qui paie » ces dernières semaines n’est pas surprenante, mais elle est erronée. Nicolas ne finance pas les dépenses politiques et les subventions excessives de la France ; ses petits-enfants, s’ils en ont, le font.

Au bord de la faillite et de l’intervention du FMI

Le Premier ministre Bayrou a lancé un avertissement, affirmant que la France était au bord de la faillite et pourrait avoir besoin d’un renflouement du FMI. Le problème est qu’un sauvetage du FMI ne contribuerait guère à maîtriser les dépenses incontrôlées, et encore moins à lutter contre la fiscalité confiscatoire.

Lombard affirme : « Il y a un risque que la France ait besoin d’une intervention du FMI » si son gouvernement ne parvient pas à contrôler le déficit et la dette publique, qui dépassent déjà 3.300 milliards d’euros, soit 114 % du PIB.

Ni Lombard ni Bayrou ne prônent la libéralisation ou la réduction des dépenses superflues

Le déficit budgétaire prévu pour cette année est de 5,4%, les paiements d’intérêts augmentant toujours plus après les augmentations des primes de risque des obligations et des taux des obligations françaises, qui ont même dépassé ceux de la Grèce.

Le problème est que ni Lombard ni Bayrou ne prônent la libéralisation ou la réduction des dépenses superflues.

La situation française illustre les dangers des politiques expansionnistes insoutenables du secteur public, notamment dans les systèmes de protection sociale et de retraite.

Mêmes politiques que la France

Alors, pourquoi l’Espagne suivrait-elle ? Après la plus importante relance monétaire et budgétaire de l’histoire, le déficit budgétaire de l’Espagne reste supérieur à 3 % du PIB, sa dette par rapport au PIB dépasse 103 %, son passif total dépasse 134 %, et ses engagements de retraite non capitalisés, à 500 % du PIB, sont les plus élevés de l’Union européenne, selon Eurostat.

Malgré une croissance du PIB gonflée par les dépenses publiques, l’immigration et les fonds de l’Union européenne, le taux de chômage du pays est le plus élevé de l’UE ; le chômage total, y compris le sous-emploi, se situe également au niveau le plus élevé de l’UE, et l’investissement privé stagne pratiquement depuis 2019.

En Espagne, la dette de la Sécurité sociale est passée de 34 milliards d’euros en 2018 à plus de 126 milliards d’euros en 2025, soit un quasi-quadruplement. Le déficit réel du système, masqué par des transferts publics dépassant 43 milliards d’euros en 2025, représente désormais 8 % du PIB, selon la Banque d’Espagne.

La BCE et la Commission européenne ont contribué à permettre des excès gouvernementaux et des déséquilibres budgétaires persistants

Sans ces transferts, le système serait techniquement insolvable : les recettes des cotisations ne suffisent même pas à couvrir les obligations, de sorte que chaque année l’État doit s’endetter davantage pour éviter l’effondrement.

Les transferts de l’État à la Sécurité sociale dépassent chaque année les 40 milliards d’euros, tandis que le déficit public global de l’Espagne reste supérieur à 3 %, atteignant 3,3 % en 2024, avec des prévisions très optimistes quant aux réductions futures.

Le gouvernement espagnol suit la même politique que la France : augmentation massive des dépenses publiques et de l’emploi dans le secteur public, augmentation constante des impôts et ouverture des frontières à l’immigration illégale, avec des afflux de 60 000 migrants par an.

Lorsque l’effet placebo des fonds extérieurs de l’UE, de l’immigration et du tourisme record disparaîtra, les défis apparaîtront rapidement, comme cela s’est produit auparavant.

Le plus gros problème est que la BCE et la Commission européenne ont contribué à laisser libre cours aux excès de l’État et à la persistance des déséquilibres budgétaires. Au lieu de limiter les excès dans le secteur public, elles les ont encouragés.

Le gradualisme mène systématiquement à l’échec

Que peuvent apprendre les États-Unis de la crise française ?

Le gradualisme mène systématiquement à l’échec, et la social-démocratie conduit inévitablement à la ruine économique. Sans réformes structurelles des retraites, sans réduction des dépenses inutiles et sans baisses d’impôts, l’État sera confronté à une crise de confiance comparable à celle de la France.

Daniel Lacalle
Il est crucial de reconnaître l’ampleur réelle des déficits et de concevoir des solutions de libéralisation audacieuses et drastiques avant que la crise ne devienne irréversible – Daniel Lacalle

Compter sur l’immigration, les fonds européens et les transferts massifs pour couvrir les déficits budgétaires du secteur public conduira à une crise de crédibilité et à une intervention extérieure.

La propagande et l’euphorie ne fonctionnent pas. Il est crucial de reconnaître l’ampleur réelle des déficits et de concevoir des solutions de libéralisation audacieuses et drastiques avant que la crise ne devienne irréversible.

Le cas français montre que le fait d’être une grande économie développée n’empêche pas le risque d’une crise de la dette due à un étatisme excessif.

En outre, le cas français démontre que l’assouplissement massif des banques centrales et les faibles taux d’intérêt ne résolvent pas les problèmes causés par les politiques de stagnation étatique.

La leçon de la France pour l’Espagne est claire : il n’existe pas d’« ajustement progressif » par les recettes fiscales, et maintenir un secteur public surdimensionné conduit toujours à la ruine.

L’immigration illégale ne paie pas les retraites et, plus important encore, il n’y a rien de « modéré » à maintenir des impôts confiscatoires pour maintenir un État pléthorique.

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