Quand Bessent fait et promeut tout ce qu’il critiquait en 2024!

Bessent veut attirer les capitaux du Reste du Monde pour financer les déficits américains et éviter une crise de la dette qui balaierait le dollar.

Il parle pour faire baisser les taux d’un point ou un point et demi alors que les marches sont déja chauffés à blanc , ils sont en surchauffe absolue et sous un brasero de crédit astronomique.

Bessent:

« Si la Fed dépend des données et que celles-ci sont mauvaises, des réductions de rattrapage sont nécessaires.« 

Dans cet esprit il est favorable la tokenisation des Treasuries américaines pour en diffuser la demande, aux Tariffs pour réduire les trous et à la réforme de la Fed qu’il faut mettre au service de la politique de Trump, Bessent, Vance

Bessent: Grâce au leadership de Trump nous avons obtenu un accord commercial historique avec le Japon. Nous avons obtenu 550 milliards de dollars d’investissement, 90 % des bénéfices et 15 % de droits de douane réciproques. Le Japon a obtenu ce taux en proposant des outils de financement innovants pour stimuler les projets américains.

Bessent : Le président Trump et moi-même sommes concentrés sur le remboursement de la dette. Les recettes douanières pourraient dépasser les 300 milliards de dollars cette année, contribuant ainsi à réduire le déficit et la dette nationale du peuple américain.

Bessent . L’économie est forte. L’inflation baisse. Les accords commerciaux fonctionnent. L’investissement est en hausse. Mais la Fed maintient toujours ses taux élevés sans aucune justification – même ses propres gouverneurs admettent qu’il y a une marge de manœuvre pour les réduire. Il est temps d’arrêter d’étouffer la croissance. Il est temps de réduire les taux.

Lisez Bessent maintenant et avant ce qu’il écrivait il y a un an!

Trésor Scott Bessent, Wall Street Journal (« La politique monétaire de la Fed, qui s’apparente à un gain de fonction »), 5 septembre 2025

 « Le recours excessif à des politiques non conventionnelles, le glissement de la mission et le gonflement institutionnel menacent l’indépendance de la banque centrale. La Fed doit changer de cap. Sa boîte à outils standard est devenue trop complexe à gérer, avec des fondements théoriques incertains. Des outils simples et mesurables, visant un mandat étroit, sont le moyen le plus clair d’obtenir de meilleurs résultats et de préserver l’indépendance de la banque centrale au fil du temps. »

« Les interventions successives pendant et après la crise financière de 2008 ont créé ce qui équivalait à un filet de sécurité de facto pour les détenteurs d’actifs. Ce cycle néfaste a concentré la richesse nationale entre ceux qui possédaient déjà des actifs. Au sein du secteur des entreprises, les grandes entreprises ont prospéré en bloquant des dettes bon marché, tandis que les plus petites, dépendantes des prêts à taux variable, ont été mises à mal par la hausse des taux.

Les propriétaires ont vu la valeur de leur bien immobilier s’envoler, largement protégés par des prêts hypothécaires à taux fixe. Pendant ce temps, les ménages plus jeunes et moins aisés, exclus de la propriété et les plus durement touchés par l’inflation, ont manqué l’appréciation.

En ne respectant pas son mandat en matière d’inflation, la Fed a laissé les disparités sociales et générationnelles se creuser. Sa quête d’un effet de richesse pour stimuler la croissance s’est retournée contre elle.

L’influence croissante de la Fed a de profondes implications pour son indépendance. En étendant ses compétences à des domaines traditionnellement réservés aux autorités budgétaires, la Fed a brouillé les frontières entre politique monétaire et politique budgétaire.

La politique de bilan de la banque centrale influence directement les secteurs bénéficiaires des capitaux, intervenant dans ce qui devrait être le domaine des marchés et des élus.

L’immixtion de la banque centrale dans la gestion de la dette du Trésor crée l’impression que la politique monétaire est utilisée pour répondre aux besoins budgétaires.

L’élargissement des pouvoirs a favorisé une culture à Washington qui compte sur la Fed pour renflouer le gouvernement après de mauvais choix budgétaires. Au lieu de rendre des comptes, les présidents et le Congrès s’attendent à une intervention lorsque leurs politiques vacillent. Cette dynamique de « seul acteur possible » a créé des incitations perverses à l’irresponsabilité.

Au cœur de l’indépendance se trouvent la crédibilité et la légitimité politique. Toutes deux ont été mises en péril par l’expansion de la Fed au-delà de son mandat. Une intervention massive a eu de graves conséquences sur la répartition des revenus, miné la crédibilité et menacé l’indépendance. À l’avenir, la Fed doit réduire les distorsions qu’elle provoque dans l’économie. Les politiques non conventionnelles telles que l’assouplissement quantitatif ne devraient être utilisées qu’en cas de véritable urgence, en coordination avec le reste du gouvernement fédéral. Les États-Unis sont confrontés à des défis économiques à court et moyen terme, ainsi qu’aux conséquences à long terme d’une banque centrale qui a mis en péril sa propre indépendance.

Il est difficile de contester une grande partie des écrits de Bessent. Mais il néglige volontairement l’essentiel.

Il oublie que présentement les portes soient déverrouillées, les vannes sont grandes ouvertes. L’argent coule à flots et il y en a pour tout, au point qu’il n’y a plus de prime de risque, la volatilité mesurée par le VIX est minimum, le risque n’est nulle part car avec la masse d’argent disponible on peut tout financer , y compris la spéculation et la pourriture.

Le risque a disparu du système, on est gagnant sur tout et à coup sur. Sans mention de la « bulle » ni analyse connexe, l’article de Bessent sur la Fed n’est guère plus qu’un subterfuge sophistiqué bien résumé par MarketWatch qui écrit  : « Pourquoi l’essai de Bessent contre la Fed est une tentative de “contrôle” sur la Banque centrale. »

Le secrétaire au Trésor peut se rallier à la réforme nécessaire. mais on sait que Trump quant à lui, exige des taux d’intérêt nettement plus bas. Il n’est fait aucune mention de bulles financières ni des conditions financières actuelles hypersouples dans le texte de Bessent rapporté ci dessus. .

Bessent lui même reconnait que les marches financiers sont rugissants:

« Sous la présidence de Trump, les marchés financiers sont rugissants (roaring) . Les entreprises prennent des risques , dépensent et concluent des accords dans ce contexte économique. Depuis juin, 1 100 milliards de dollars de fusions et acquisitions ont été annoncés, dont près de 300 milliards de dollars en août, l’été le plus chargé depuis 2021. »

Voir notre dernier article

Aux Etats Unis, une inflation monétaire épique d’un trimestre à l’autre, soutenue par les entrées de capitaux du Reste du Monde. A lire par les zozos qui veulent taxer le capital en France!

Maintenir la croissance et remporter les élections de mi-mandat priment absolument sur tous les problèmes financiers et économiques américains. Bessent, critique virulent des importantes émissions de bons du Trésor par Yellen, orchestre désormais la même chose. Il défendra « des outils simples et mesurables, visant un mandat restreint », au service d’une administration qui exige de la Fed qu’elle mette tout en œuvre pour contenir le désendettement et la dynamique de crise.

Bessent il y a un an un tout autre son de cloche : 20 août 2024 – Bloomberg :

« Scott Bessent, qui dirige le fonds spéculatif macroéconomique Key Square Capital Management, a déclaré qu’il s’attendait à une hausse de la volatilité et à une baisse des marchés américains, car l’économie est plus fragile que la plupart des investisseurs ne le pensent.

« À l’heure actuelle, nous considérons que l’économie américaine se trouve dans un équilibre précaire, de type marché émergent », a déclaré Bessent à ses clients…

Le déficit important du gouvernement et l’émission de dette à l’aide d’instruments à plus court terme ont alimenté les bulles d’actifs dans les actions et l’immobilier, a-t-il écrit, ajoutant que « chaque marché émergent présentant ces caractéristiques, en particulier pendant un cycle électoral, a subi un choc économique à la baisse. »

Si la hausse des actions et des prix de l’immobilier a profité aux plus aisés, la stagnation des salaires et la hausse des prix de l’alimentation, du logement et d’autres biens de première nécessité ont frappé durement les catégories à faibles revenus, écrit-il.

Cela a entraîné une augmentation des emprunts et une hausse des impayés sur les prêts à la consommation, un phénomène qui, selon lui, s’étendra aux personnes aux revenus plus élevés lorsque les bulles spéculatives se dégonfleront.

Économie internationale, hiver 2024 : « La politique monétaire accommodante et persistante de la Réserve fédérale depuis la Grande Crise financière a permis aux entreprises zombies de perdurer et a entraîné une mauvaise allocation du capital plus généralisée. L’ingénierie financière produit un effet de richesse illusoire. Seul l’investissement productif peut améliorer le niveau de vie d’une nation à long terme. »

Une interview accordée à Tucker Carlson en avril :« Revenons à la crise financière de 2007-2008. L’économie semblait prospère jusqu’à ce que ce ne soit plus le cas. Prenons l’éclatement de la bulle Internet, puis toute la crise du crédit, les fraudes chez WorldCom, Enron et d’autres entreprises.

L’économie semblait prospère… jusqu’à ce que ce ne soit plus le cas. Et je pense qu’une des choses pour lesquelles on ne nous attribuera pas de mérite – mais que cette administration aura accomplie – est d’avoir évité une catastrophe financière.

Pensez-y : une analyse montre que l’une des raisons du 11 septembre est que les compagnies aériennes ne voulaient pas financer des portes de cockpit renforcées. Elles ont résisté, la FAA n’a pas insisté suffisamment. Eh bien, maintenant, nous avons les portes renforcées. Donc, je vois les choses ainsi : nous les installons avant le crash. »

La Fed est aujourd’hui prisonnière de l’engrenage des bulles. Ayant enseigné l’histoire économique à Yale, notamment « Les booms et les krachs financiers du XXe siècle », la crise financière de 2007-2009, ainsi que l’histoire et la pratique des fonds spéculatifs, Bessent en a une connaissance approfondie.

Mais il est aux affaires et quant on est aux affaires avec Trump, on se doit d’être au service de sa politique, et de ses délires, on se doit de transmettre ses volontés coute que coute, y compris le cout de se renier .

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