Cet éditorial est publié en réponse au commentaire posté par un lecteur.
Cher monsieur,
Je vous remercie pour cette limpide leçon de capitalisme.
Cela étant:
Les pauvres (et assimilés) qui sont dans le bocal capitaliste se fichent pas mal de ce que font les puissants et les décideurs, ce n’est pas du tout leur horizon de pensée et d’existence…
Ma réponse
Je saisis l’occasion de votre post pour une précision ou plutot un approfondissement..
Le savoir se situe à de nombreux niveaux, selon l’usage pratique que l’on doit en faire.
Si je suis menuisier il me suffit de savoir que le bois que je vais travailler est un solide.
Si je suis physicien j’ai intérêt à savoir que la matière sur laquelle je vais exercer mon intelligence est -en dernière analyse pour le moment- du vide!
Il en va de même s’agissant du système économique et social.
Pour oser interférer et y mettre mes gros doigts comme dit Charles Gave, pour être dirigiste, il faut savoir comment fonctionne le système et en particulier le système capitaliste moderne lequel est très complexe et très opaque.
Il est, en plus, quasi totalement contre-intuitif car ce système pour vivre heureux c’est à dire pour prospérer a besoin de rester caché, non-su, enfoui, inconscient. Le système pour durer a besoin de mystifier. Et il mystifie autant ses tenants que ses détracteurs.
Pour y bricoler il faut connaitre les règles de base dont celles de l’accumulation capitaliste, celles de l’exigence de profit, celles de la concurrence des capitaux entre eux, celles de la concurrence des biens et services qui égalise les valeurs, etc etc
Or ce que l’on voit et entend est à coté de la plaque, faux, archi faux, débile et donc contre-productif.
La science, la vérité ne se déterminent pas aux voix par la confrontation des opinions, non la vérité se trouve, on s’en rapproche par la méthode, par le travail, par l’experimentation, les essais et erreurs, pas en persévérant dans les idioties qui ont toujours et partout échoué. Trotsky disait « seule la vérité est efficace », il ne prétendait pas que la verité était démocratique par exemple, la verité est un en-soi dont on se rapproche par le travail et par l’effort, pas par les gesticulations.
Comment voulez vous faire voler un avion si vous ne connaissez pas les lois paradoxales de la pesanteur; on ne maitrise la nature, ce qui existe, qu’en en connaissant les lois de fonctionnement. Les relations entre les hommes ne se donnent pas à voir ou à décoder simplement apr l’observation superficielle, non elles ne deviennent intelligibles qui si on retire la gangue, les mensonges, les falsifications qui les ont dissimulées. Le système capitaliste est un ensemble complexe de relations entre les hommes, producteurs, capitalistes, travailleurs, rentiers, profiteurs etc
Pascal disait « qui veut faire l’ange fait la bête » et c’est exactement ce que je constate avec ces revendications généreuses mais idiotes.
Pour en revenir à l’affirmation du lecteur:
Les pauvres (et assimilés) qui sont dans le bocal capitaliste se fichent pas mal de ce que font les puissants et les décideurs, ce n’est pas du tout leur horizon de pensée et d’existence…
Si les pauvres ne pensent pas le système pour y combattre et l’améliorer à leur profit, qu’ils sachent que le système, lui, dans son inconscient , pense … pour les exploiter toujours plus et mieux!
…
Cher monsieur,
Je vous remercie encore une fois de votre mise au point qui précise encore davantage votre propos.
A cet égard, je m’interroge sur la fonction tribunitienne des syndicats en France.
Cela fait plusieurs années que je ne les trouve pas ou plus à la hauteur de leur tâche historique. Beaucoup de gens du peuple, fort conscients de la situation présente (je pense aux soubresauts du capitalisme), déplorent la mollesse du mouvement syndical.
N’y a-t-il pas là un point d’achoppement de la situation?
Cordialement,
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Tres bien dit.
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