Wall Street a bénéficié de la baisse des taux qu’elle attendait.
Il fallait un signal magique pour fournir l’alibi à la baisse des taux, ce signal à été fourni par les chiffres de l’emploi.
Lisez soigneusement ce qui suit. Nous sommes sur un pic d’exubérance.
La Fed a abaissé ses taux alors que le S&P 500 s’échangeait à des niveaux records, avec un ratio cours/bénéfice (PER) de 25,3 et des ratios du type Buffett astronomiques à des sommets historiques (220%).
Le NASDAQ 100 s’échange à un PER de 32,7 (PER des « MAG7 » de 37,22).
Sommet historique cette semaine pour l’indice Russell 2000 des petites capitalisations affiche un PER de 34,72. et plus de 50% des firmes déficitaires.
L’indice Goldman Sachs Most Short (les valeurs les plus vendues à découvert) a bondi de 12 % en sept séances.
La Fed a abaissé ses taux face aux excès systémiques du marché des produits dérivés: les marchés d’options fascinent désormais des millions de traders en ligne, spéculateurs au jour le jour. La queue remue le chien.
Une multitude de stratégies de produits dérivés voient le jour et elles deviennent de plus en plus incontournables pour les gestionnaires institutionnels et la communauté des spéculateurs à effet de levier c’est la conséquence de la concurrence, elle oblige à danser.
La Fed a abaissé ses taux cette semaine malgré un effet de levier spéculatif sans précédent : opérations « de base » sur les valeurs du trésor par trillions , opérations de portage/carry, produits dérivés et, plus généralement, détention de titres à effet de levier comme les ETF double, triple…
Les actifs des fonds monétaires ont gonflé de plus de 1 trillion (16 %) au cours de l’année écoulée, tandis que le marché des pensions livrées et les actifs des courtiers poursuivent leur envolée historique. Tout cela, contrairement aux opinions imbéciles, ne constitue pas de l’argent sur la touche mais de l’argent qui travaille et alimente les effets de levier. Cet argent court et sans risque est maintenant la base de la transformation en argent long très risqué.
Les spreads des obligations de qualité investissement par rapport aux bons du Trésor ont terminé la semaine à 72 pbs, leur plus faible niveau depuis l’exubérance du marché (juin 1998) qui avait préfiguré la crise financière Russie/LTCM.
À 2,62 points de pourcentage, les spreads des obligations à haut rendement ont atteint cette semaine leurs plus bas niveaux depuis février, à neuf points de base de leur plus bas niveau depuis juin 2007, avant l’explosion des subprimes.
Les rendements des obligations à haut rendement ont chuté à leurs plus bas niveaux depuis avril 2022.
Les CDS de JPMorgan ont terminé la semaine à une fraction de leurs plus bas niveaux de février 2020, avant la crise de la Covid.
19 septembre – Bloomberg :
« Les spreads des obligations de première qualité ont atteint leur plus bas niveau en 27 ans et pourraient se resserrer si la demande dépasse l’offre. Cela pousse les investisseurs à se tourner davantage vers les marchés privés à la recherche de rendement, ce qui sape encore davantage les émissions publiques et enveloppe le risque de crédit des entreprises de mystère. »
Nous sommes au beau milieu d’ un boom historique des prêts à haut risque .
Voici un aperçu des titres de la semaine sur le « crédit privé » :
« La magie des 10 milliards de dollars d’Apollo pour attirer les liquidités des assureurs. »
« Athene, l’assureur d’Apollo, adopte le crédit privé. »
«Blackstone constate que le resserrement des spreads de crédit alimente l’essor de la dette privée. Blackstone affirme que le crédit privé est plus rentable. Les sociétés de crédit privé ciblent les sociétés cotées. »
«Au cœur de l’essor des sociétés de développement commercial. »
«Le crédit privé devrait prospérer malgré le ralentissement de la croissance du crédit bancaire »-S&P Global.
J’espere que vous avez suivi de bout en bout et que je vous ai convaincu; nous sommes dans une situation d’euphorie, il y a de l’argent pour absolument tout, et cet argent est spéculatif, fabriqué par le levier, par la transformation, par l’ingénierie.
C’est un argent qui s’origine dans la croyance , plus que jamais nous sommes dans le système magique décrit par Donald Kohn: « la liquidité c’est quand on croit que l’on va vendre plus cher que l’on a achété« .
La hausse des prix des actifs crée, produit sa propre liquidité, par le bais des collatéraux et par le sentiment de richesse. Le pouvoir d ‘achat financier tourne de plus en plus vite, c’est exactement le Système John Law ou les « garanties » en s’inflatant produisent la liquidité et s’auto solvabilisent.
Tout repose sur la croyance. Quelle croyance?
Une croyance toute simple, si simple que tout le monde y a accès y compris le grand public le moins sophistiqué: la Fed est là, elle garantit que cela ne peut pas s’arrêter, la Fed ne peut pas retirer le bol de punch; d’une part ce n’est pas elle qui le remplit et d’autre part elle est dépassée.
C’est la dynamique des marchés qui remplit le bol de punch, c’est la dynamique des marchés qui produit la transitivité sélective favorable à la technologie qui soutient l’économie réelle, c’est la dynamique des marchés qui solvabilise la folie de l’IA, c’est la dynamique des marchés qui gouverne.
LES GNOMES NE PILOTENT RIEN.
ILS SUIVENT; ILS ACCOMODENT: « SUIVONS LES PUISQUE NOUS SOMMES LEUR CHEF«
NOUS SOMMES DANS UN SPECTACLE, UN SIMULACRE, UNE FARCE.
Le fil conducteur du spectacle c’est le « faire semblant » il faut faire semblent d’organiser et de contrôler ce mystère, cette activité alchimique qui nous a dépassé. Nous avons joué les apprentis sorciers, nous avons ouvert la boite de Pandore des animal spirits et maintenant ce sont eux qui commandent. Nos créatures nous commandent. Encore une fois, la queue remue le chien.
Si vous n’avez pas encore compris cela , il est presque inutile de me lire, vous êtes irrécupérable. Vous êtes fait pour détenir le fameux Mistigri, le Mistigri, c’est le Papier, celui dont Bernanke vous dit, « tout le Papier qui a été émis doit être détenu par quelqu’un.!
Ce que je vous propose dans cet article c’est un renversement de perspective, un renversement de causalités.
Les apparences disent que Powell a pris le risque de baisser les taux alors que nous baignons dans l’euphorie; Powell remplit le bol de punch malgré l’exubérance.
Le mot imortant est MALGRE, il suggère qu’il y a antinomie alors que je propose l’inverse.
L’inverse se formule ainsi: Powell a baissé les taux et donné le signal du relâchement parce que les Bourses sont en pleine euphorie, en folle exubérance, la bulle risque de crever.
Le mot important est « PARCE QUE ».
C’est exactement l’opposé de MALGRE !
Powell a baissé les taux et essayé une nième fois de tenter de soutenir la folie, de refaire un tour de manège enchanté parce que précisément nous sommes en bout d’un cycle et que si ce cycle n’était pas relancé, relayé alors ce serait l’effondrement le Chaos, la Crise , celle que l’on a différée depuis 2008.
Comprenez bien la portée de ce que j’affirme Powell n’a pas baissé les taux et donné le signal d’une énième reflation malgré les records mais à cause des records , parce qu’il sait que si il ne le fait pas le risque redevient aussi élevé qu’en 2008.
Ce qui manque aux commentateurs c’est la vision longue, c’est la perception de la continuité et du fil historique toujours continu, jamais dénoué. C’est le mythe du Nouveau, mythe imbécile qui a évacué l’expérience et le savoir de l’Ancien.
L’Histoire ne se répète pas, elle est continue, se développe, s’enrichit, se complexifie.
Nous avons connu un épisode de Folie Monétaire fantastique avec l’Aventure de la dérégulation, avec l’aventure du désancrage de la monnaie, avec le de-chainement du crédit et la libération du prix des actifs par rapport au Réel.
Les parallèles avec l’apogée des « Années folles 1920» sont directs, ils ne son pas analogiques, ils sont organiques. Aussi fascinants qu’inquiétants.
Les Années Folles de la période 1920 ont débouché sur le Krach, sur la destruction et le bouleversement de l’ordre social.
La cause de cette folie, ce fut bien sur l’aventure monétaire insensée qui avait précédé.
Les révisionnistes Milton Friedman et Ben Bernanke ont soutenu que la politique de taux excessivement restrictive de la Fed a contribué de manière déterminante au ralentissement économique et au krach de 1929. Ces deux zozos ont soutenu que face à la folie spéculative des années 20 il eut fallu, non pas tenter de calmer et de resserrer, mais au contraire il eut fallu relâcher, solvabiliser, arroser.
Depuis les travaux de ces révisionnistes le mantra c’est;
PLUS JAMAIS CELA,
PLUS JAMAIS NOUS NE PRENDRONS LE RISQUE DE MENER A NOUVEAU UNE POLITIQUE RESTRICTIVE, PLUS JAMAIS NOUS NE RETIRERONS LE BOL DE PUNCH.
AU CONTRAIRE TOUJOURS NOUS ASSURERONS QU’IL SERA REMPLI, PLUS JAMAIS NOUS NE REFERONS CETTE EXPERIENCE DE FERMER LES ROBINETS MONETAIRES TOUJOURS ET SURTOUT AU PLUS HAUT DES MARCHES ET DES EXCES SEPCULATIFS.
NOUS FOURNIRONS CE QU’IL FAUT POUR TENIR, TOUT CE QUI EST DEMANDE; NOUS OBEIRONS.
Vous ne comprenez pas la situation présente si vous n’avez pas assimilé ce fameux ,
plus jamais cela
qui terrorise tout banquier central.
C’est ce qui guide toute la politique de la Fed et c’est un non-dit!
C’est inavouable, aucune banque centrale ne peut dire: nous sommes obligés, pour éviter le chaos, de continuer, d’alimenter, d’arroser.
Milton Friedman et Bernanke ont eu raison , dans leur analyse des causes proches, apparentes du Krach de 1929, c’est bien le resserrement de la Fed qui a été le facteur déclenchant, mais ce n’était pas la cause , ce qu’il n’ont pas vu, pas dit, c’est que les causes venaient de loin .
CERTES ON POUVAIT EVITER LE KRACH DE 1929 EN REMPLISSANT LE BOL DE PUNCH ET EN REFAISANT UN TOUR DU MANEGE ENCHANTE, MAIS …ET APRES?
Mais et après que faisait-on au tour suivant quand la crise allait remontrer son horrible tête encore plus terrible ? La laisser venir ou tenter de refaire un énième tour de manège?
Ce que j’essaie de faire comprendre c’est que nous y sommes au tour de manège suivant, celui auquel Friedman et Bernanke n’ont pas réfléchi et auquel ils n’avaient de toutes façons pas de solution.
Le problème de tous ces gens finalement est qu’ils raisonnent tous de la même façon:
à quoi bon se soucier de ce qui va se passer après , puisqu’à long terme comme ils disent nous serons tous morts!
Bernanke s’est vanté le 21 Aout 2009 à Jackson Hole ( puis a nouveau dans une séance d’autocongratulation des banquiers centraux dans un grand hôtel de New York) « nous avons sauvé le monde. »
Hélas non! Il avait préparé les prochains désastres. Eux seront morts mais le monde lui continuera de tourner et ce sont ceux qui viendront plus tard qui subiront les conséquences des Bernanke et autres.
JE RESUME EN LANGAGE POLITIQUEMENT CORRECT, CONVENTIONNEL ET MYSTIFIANT
La croissance du crédit et les excès spéculatifs ont créé des conditions de relâchement dangereusement déstabilisantes de fin de cycle. Les responsables de la Fed en sont naturellement conscients. Ils ne peuvent risquer le chaos. Un assouplissement de la politique monétaire s’impose. Il va alimenter les excès financiers mais il n’y a pas d ‘autre solution.
Traduction par l’inénarrable Powell:
« Nous nous trouvons donc dans une situation de risque bilatéral, ce qui signifie qu’il n’existe pas de voie sans risque. C’est donc une situation très difficile pour les décideurs politiques. »
Powell toujours dans son charabia qui ne se préoccupe pas de logique : « Alors, que ferons-nous ? Nous ferons ce que nous devons faire. Mais nous avons deux mandats, et nous essayons de les équilibrer. Depuis longtemps, notre cadre nous dit que lorsque nos deux objectifs sont en tension – une situation assez inhabituelle – comment décider quoi faire ? Car nos outils ne peuvent pas faire deux choses à la fois. Nous nous demandons où se trouve chaque objectif et combien de temps il faut pour l’atteindre. Ensuite, nous réfléchissons à ces éléments, et comme je l’ai mentionné, notre politique a longtemps été fortement orientée vers l’inflation. Aujourd’hui, nous constatons qu’il existe clairement un risque de baisse sur le marché du travail. Nous évoluons donc vers une politique plus neutre. »