Savez vous qu’il y a un impot sur la fortune en Suisse? Eh oui! Et il passe très bien et il rapporte beaucoup plus que l’ancien ISF en France! Mais il ne s’ajoute pas à des prelèvements fiscaux qui sont déjà à des niveaux de records mondiaux, mais il vise une fortune et un capital qui rapportent beaucoup plus que le capital français; en Suisse la fiscalité est soumise à compétition , les cantons adoptent et adaptent la fiscalité à leurs situations diverses.
La fonction des prélèvements sur le capital que je défends n’est pas fiscale mais systémique. Ce sont des sortes de petits Jubilés partiels sélectifs.
Il s ‘agit de confisquer l’enrichissement sans cause de tous ceux qui ont bénéficié des plus values monétaires tombées du ciel de la politique monétaire laxiste dite inflationniste et de l’affecter à l’amortissement de la dette. Il s’agit de ralentir une suraccumulation et un besoin de profit qui finalement paralysent le système et l’asphyxie.
Les exigences, les besoins de profit, surtout pour le capital fictif, découlent de la masse bullaire de capital qu’il s’agit de rentabiliser; voila ce qu’il faut une fois pour toutes intégrer. Et le besoin de profit tout en étant légitime doit être compatible avec la valeur ajoutée dans l’économie .
La rémunération, les droits à prélever du Mort doivent rester compatibles avec les capacités du Vif.
Par ailleurs je suis favorable en termes logiques – RIEN A VOIR AVEC LA MORALE- à une remise dans le circuit économique de l’argent dit noir, soustrait au fisc, moyennant une pénalité libératoire de 20% couplée à une réforme fiscale pour rendre attrayant l’investissement productif au détriment de la dette et de la rente.
Lisez Guy de la Fortelle ci dessous
On avait encore un impôt sur la Fortune en France il y a moins de 10 ans. Quel pays de communistes : ce n’est pas grave, retournons en Suisse.
Sauf qu’il y a AUSSI un impôt sur la fortune en Suisse. Il rapporte même 10 milliards de francs soir 2 fois l’ISF de l’époque pour 7 fois moins d’habitants et à peu près autant de milliardaires et centimillionnaires.
C’est tout de même bizarre : pourquoi est-ce qu’à Genève et en Suisse, ils peuvent avoir un impôt sur la fortune qui cogne sans passer pour des ordures collectivistes contestataires ?
C’est peut-être parce que les prélèvements obligatoires en Suisse représentent 33% du PIB pour un pays particulièrement bien géré contre 45% pour nous qui devons encore rajouter 170 milliards d’euros de déficit…Cela représente plus de la moitié du PIB de dépense publique… Oui, nous on est collectivistes.
On ne va pas donner encore 20 milliards à l’État qui gère ce pognon de dingue n’importe comment.
Il n’y a pas non plus de sens à de remettre un ISF en France alors que déjà nos capitaux se font la malle aux États-Unis.
Avec le retour d’un ISF et à 2% encore, ils vont finir de s’expatrieer et on n’aura plus que la BPI pour investir en France et l’angoissant Nicolas Dufourcq pour faire de chèques !
C’est à mon avis la raison pour laquelle Soros finance si largement la campagne en faveur de cet ISF personnifié dans ce pauvre Zucman qui ne sert jamais que de rabatteur pour le grand capital anglo-saxon qui fait coup double en voyant sa liquidité renforcée par l’arrivée de ce surplus de capital français à New-York tout en se créant l’opportunité d’une curée en spéculant sur la Chute de la France.
Soros fait partie de ces gens qui se repaissent à coups de milliards du chaos qu’ils créent et dont la fortune augmente en proportion de leurs dépenses de charité… Charité si bien ordonnée qu’elle commence et finit par eux-mêmes.
Mais vous pourriez me rétorquer que Gabriel Zucman prétend que les grandes fortunes en partiraient pas…
Eh bien testons ! Je sais bien que ce n’est pas la culture fiscale française mais c’est bien dommage.
L’ISF en Suisse n’est pas un impôt confédéral unique mais cantonal et même communal. Chaque canton définit ses taux au-dessus duquel les communes fixent les leurs.
Cela signifie qu’à 200m de distance, vous ne paierez pas le même ISF selon la commune dans laquelle vous résidez !
Par exemple dans le canton de Vaud, il y a un bouclier fiscal qui limite les impôts à 60% des revenus, ce qui règle le problème des startuppers.
À Zoug ou il n’y a que des chèvres et des cerisiers, le taux est 7 fois moins élevé qu’à Genève qui peut se permettre d’avoir la plus grosse recette d’ISF de Suisse grâce à son attractivité.
Nous devrions faire pareil en France, chaque région choisit son taux d’ISF et on voit ce qui marche.
Une fois que l’on a compris l’intérêt et l’efficacité de la concurrence fiscale, il est difficile de revenir en arrière.
Pourtant en France, une caste de hauts fonctionnaires préfère de très loin s’arroger le droit de redistribuer les subsides entre régions et territoires de manière discrétionnaire, quasi-mafieuse derrière le voile impudique d’un jargon péréquationnesque.
Et c’est dommage là-aussi car l’idée de l’ISF n’est pas une mesure réservée aux pseudo-marxistes collectivistes.
Maurice Allais, un de nos grands économistes libéraux qui était en faveur d’une taxe sur le patrimoine… de 2% ! Pour tout le monde d’ailleurs.
La taxe Zucman avant l’heure. Sauf qu’Allais n’est pas Zucman et l’on ne parlait pas de « justice ficale » à tout bout de champ.
Allais était allé en 1947 à la réunion du Mont Pèlerin, à Vevey, en Suisse, cette fameuse réunion du Mont Pèlerin devenue depuis le temple des libéraux, le pèlerinage à la Mecque.
Et c’est le seul de l’aréopage qui a refusé de signer la déclaration du Mont Pèlerin à la fin de la conférence.
Hayek et le groupe d’économistes et universitaires qu’on allait appeler ensuite les néolibéraux étaient en faveur d’une sacralisation de la propriété privée…
Sauf qu’Allais avait déjà prévu le nœud gordien que personne ne sait trancher depuis 1980 : Le système capitaliste est déflationniste. Les taux d’intérêts doivent nécessairement baisser de manière structurelle pour accomapgner la baisse des taux de profitabilité … Et plus les taux baissent, plus la valeur du capital monte.
Allais trouvait insensé que les taux tendant vers zéro, la valeur du capital, lui, tende vers l’infini et je ne doute pas qu’en 1947 une fortune de 200 ou 300 milliards de dollars serait passée pour quasi infinie.
C’est dans ce cadre qu’Allais trouve cette solution élégante de taxer le capital à hauteur de 2% car cela corrige le bug fondamental du système et cela force le capital à être productif ou à tourner.
Pour Allais, si le capital n’est pas capable d’un rendement suffisant pour rémunérer correctement son détenteur ET 2% pour l’état c’est qu’il est mal utilisé et donc qu’il doit être réinvesti ailleurs ou cédé à quelqu’un capable de mieux le faire fructifier.
Maurice Allais aurait répondu à Eric L’archevêque le PDG de Ledger qui a sa fortune en actions que s’il n’est pas capable de générer 2% de dividendes en plus de ses besoins au bout de 11 ans avec une société qui réalise plus de 50 millions de chiffre d’affaire, c’est que son capital est mal employé.
Et d’ailleurs, le jour où M. L’archevêque voudra vraiment bonifier son capital il n’aura guère de mal à trouver une équipe de banquiers qui viendra lui mettre en place un système de crédits, assurances et dérivés pour lui permettre de monétiser une bonne partie de sa fortune sans perdre le contrôle de Ledger.
Le problème, c’est qu’il faut être un peu modeste… Les milliardaires du Léman ne se plaignent pas de régler quasiment 1% d’ISF car on ne les insulte pas à longueur de journée, ils vivent dans un environnement sain, propre, sécurisé, courtois, où le reste de la population vit bien et les laisse tranquilles.
Je pense qu’il nous faudrait aujourd’hui un peu plus de modestie et se remettre au travail.
Il faut que nous nous remettions tous au travail en France, salariés et capitaux.
Je répète à longueur de temps qu’il ne faut pas travailler plus mais être plus nombreux à travailler.
Eh bien c’est la même chose pour le capital. Il faudrait faire travailler plus de capital à reconstruire nos structures économiques, des usines, des centrales, des routes, des ports, des entreprises innovantes…
Mais pour cela il faudrait qu’il y ait plus de capital qui travaille de manière productive. Et c’est massif.. Tout le capital qui dort à Jersey et dans les paradis fiscaux, tout le capital planqué dans des fondations à la Bill Gates et même planqué dans des grands groupes pour se bonifier à coups de rachats d’actions ou planqué dans les dettes souveraines en attendant que les baisses de taux le bonifie.
Les rachats d’action et les baisses de taux, c’est la grève de capital. Car oui, ironie suprême le capital aussi fait la grève et le problème c’est que ce n’est pas avec un ISF mal ficelé qu’il va arrêter de la faire.
Bruno Bertez a fait une proposition très intéressante : Amnistier le capital planqué dans les paradis fiscaux contre une taxe unique de 20% pour le remettre au boulot.
Mais voilà comme toujours en France on n’aime particulièrement débattre que sur des questions stupides. Le problème aujourd’hui, ce n’est pas la taxe Zucman, elle serait une idée à débattre si tout le reste avait déjà été fait, si on s’était déjà remonté les manches afin de tous nous remettre au travail, employés et capital, fonctionnaires aussi, tout le monde avec un revenu décent.
Mais de toute éternité taxé a été plus simple que de travailler, pointer l’ennemi plus facile que de se remettre en cause.
À la différence que dans un cas, on finit en guerre civile.