La Hausse des prix aux Etats Unis à tendance à se généraliser

Les signaux concernant l’inflation sont pour le moins confus. Les droits de douane ont certes alimenté l’inflation, mais cette impulsion a culminé en juin et s’est rapidement estompée depuis. Pourtant, l’inflation sous-jacente – qu’il s’agisse du CPI ou du PCE – est supérieure à son niveau des dernières années, ce qui laisse penser qu’il se trame clairement quelque chose.

D’un point de vue politique, la question est de savoir si cette forte inflation reflète quelques facteurs idiosyncratiques ou s’il s’agit d’un phénomène plus général.

C’est ce que j’examine dans mon billet d’aujourd’hui.

Les données indiquent clairement une reprise généralisée de l’inflation.

Le graphique de gauche calcule le poids combiné des éléments de l’indice des prix à la consommation (PCE) dont l’inflation annuelle (ligne bleue) et mensuelle (ligne noire) est supérieure à 2 %. Pour cette dernière mesure, j’utilise des données corrigées des variations saisonnières et j’annualise les taux d’inflation mensuels. Plus ces deux lignes sont élevées, plus l’inflation est généralisée.

Le graphique de droite fait exactement la même chose pour le CPI.

Le signal des deux graphiques est le même.

Si l’on examine le poids combiné des postes dont l’inflation annuelle est supérieure à 2 %, les derniers mois sont nettement supérieurs à l’équilibre de faible inflation qui prévalait avant la COVID. L’inflation était peut-être trop faible avant la pandémie, mais nous sommes clairement dans un monde différent aujourd’hui.

Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que la généralisation de l’inflation semble augmenter récemment.

Dans l’indice des prix à la consommation (PCE), le poids combiné des postes dont l’inflation annuelle est supérieure à 2 % est passé de 56 % en août 2024 à 65 % en août 2025. Dans le CPI , ce chiffre est passé de 63 à 76 % sur la même période.

Cette généralisation de l’inflation ressemble à une tendance pluriannuelle, ce qui est particulièrement évident pour l’indice des prix à la consommation (PCE).

Rien n’indique que les droits de douane aient eu un impact notable sur la généralisation de l’inflation. C’est rassurant, car les droits de douane constituent précisément le type de choc idiosyncrasique que ces mesures de généralisation visent à filtrer.

Il semble plutôt que la tendance à la généralisation de l’inflation soit davantage liée à une surchauffe et à une forme endogène, ce qui laisse planer le doute sur l’opportunité pour la Fed d’assouplir sa politique monétaire aussi rapidement et vigoureusement qu’elle l’a annoncé.

ROBIN BROOKS

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