Les tarifs douaniers comme politique budgétaire
Kimberly Clausing (PIIE) et Maurice Obstfeld (PIIE)
Maintenir les taux tarifaires de l’administration Trump aux niveaux de l’été 2025 générerait d’importantes recettes publiques, mais entraînerait également une hausse des prix et une réduction du revenu réel américain.
POINTS CLÉS À RETENIR
- Les tarifs pèsent de manière disproportionnée sur les ménages les plus pauvres et sont plus inefficaces que l’impôt sur le revenu en tant que source de recettes publiques.
- Les tarifs douaniers réduisent les gains du commerce extérieur et génèrent un lobbying inutile.
- Il est peu probable que les tarifs douaniers américains actuels atteignent les objectifs de l’administration, qui sont de générer davantage d’emplois dans le secteur manufacturier et d’investissements étrangers, de remplacer les recettes de l’impôt sur le revenu ou de réduire les déséquilibres commerciaux bilatéraux des États-Unis.
L’année 2025 a marqué un tournant remarquable dans le rôle des droits de douane dans l’économie américaine. L’administration Trump a simultanément intensifié le recours à des droits de douane généralisés et veillé à ce que le Congrès adopte d’importantes baisses d’impôt sur le revenu. Ce changement budgétaire a des implications importantes pour le système fiscal américain. Si le maintien des taux de droits de douane aux niveaux de l’été 2025 générerait d’importantes recettes publiques, ces droits de douane généralisés présentent des inconvénients majeurs : les pertes d’efficacité avoisineraient le tiers des recettes perçues, le système fiscal serait moins progressif et l’administration fiscale serait confrontée à de graves préoccupations. Ce changement budgétaire a également des implications macroéconomiques importantes, bien que probablement pas celles escomptées. Les droits de douane généralisés génèrent un important choc d’offre négatif, entraînant simultanément une hausse des prix et une réduction de l’activité macroéconomique.