La chute des investissements étrangers en Chine

Les investissements étrangers en Chine (IDE) ont été conçus pour améliorer la profitabilité du capital des pays développés, ils ont délocalisé pour améliorer leurs profits ou eviter leur dégradation.

La chute des IDE va produire l’effet inverse , soit une baisse des profits des firmes occidentales soit une hausse de l’inflation et des dettes si on remédie à la chute de la profitabilité par la hausse des prix et le crédit.

Robin Brooks

Il y a quelques semaines, j’ai publié un article sur la baisse des investissements étrangers en Chine, les flux de capitaux étrangers vers le pays ayant fortement diminué depuis l’invasion de l’Ukraine. Cette baisse des flux étrangers vers la Chine contraste avec les flux vers le reste des marchés émergents, où les flux ont rebondi à des niveaux très soutenus. Cela suggère que, suite à l’invasion de l’Ukraine, les marchés mondiaux accordent une plus grande attention aux risques géopolitiques et adoptent une approche plus prudente à l’égard de la Chine.

Cette tendance des flux de portefeuille est parallèle à celle des investissements directs étrangers (IDE), qui ont également diminué en Chine, même s’ils restent robustes par rapport au reste des marchés émergents. C’est ce que je souligne dans l’article d’aujourd’hui, et cela s’inscrit dans un contexte général où les marchés mondiaux se déconnectent de plus en plus de la Chine.

Le graphique de gauche ci-dessus présente les IDE non résidents en Chine (ligne noire), répartis en nouveaux investissements directs étrangers (barres bleues) et bénéfices réinvestis (barres rouges), qui reflètent les bénéfices non distribués des filiales étrangères en Chine. Ces derniers ont par le passé été fortement positifs, les filiales étrangères ayant des difficultés à rapatrier leurs bénéfices dans leur pays d’origine. Plus récemment, ces bénéfices réinvestis sont devenus négatifs, signe que les filiales étrangères en Chine pourraient enregistrer des pertes.

L’évolution la plus intéressante est la forte baisse des flux d’IDE authentiques en Chine, une tendance qui s’est accentuée ces dernières années. Le graphique de droite montre que cette baisse contraste fortement avec celle observée dans le reste des marchés émergents, où les entrées d’IDE sont stables. Cela renforce le tableau général – compte tenu du découplage qui s’opère également au niveau des flux de portefeuille – où les marchés mondiaux deviennent plus prudents à l’égard de la Chine. Il ne s’agit peut-être pas uniquement d’un risque géopolitique accru, mais pourrait également refléter une saturation de la présence physique étrangère en Chine, notamment dans un contexte de regain de tensions commerciales avec les États-Unis. Globalement, le statut de la Chine en tant que plaque tournante des exportations mondiales semble de plus en plus remis en cause à moyen terme.

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