Editorial. Le Fed est prise dans un dilemme, ce qui confirme mon diagnostic de phase terminale des excès de crédit et de dette. L’autre symptôme est le revisionnisme qui se développe.
UN MUR FINANCIER SE DRESSE DEVANT NOUS.
Engagements non provisionnés et non financés de la France en matière de retraite et de protection sociale, la dette implicite.
EDITORIAL. LES CHIFFRES DE DETTE SONT ASTRONOMIQUES MAIS EN PLUS ILS SONT MINORES. LA FIN DU CYCLE ARRIVE MAIS ON JOUE LES PROLONGATIONS.
La crise mondiale de la dette qui se déroule actuellement comporte trois éléments. Premièrement, l’endettement mondial atteint des niveaux très élevés, conséquence des mesures de relance budgétaire massives liées à la COVID-19.
Deuxièmement, les déficits budgétaires restent exceptionnellement importants partout dans le monde, ce qui oblige les marchés à absorber en permanence de nombreuses émissions nettes de dette.
Troisièmement, des foyers de tensions spécifiques éclatent périodiquement, provoquant une contagion au reste du monde.
Hier a été une journée très difficile sur les marchés obligataires mondiaux, et tout s’est joué sur le dernier point.
Le probable nouveau Premier ministre japonais a la réputation d’être un défenseur des finances publiques, ce qui a entraîné une flambée remarquable des rendements à long terme japonais.
De son côté, le Premier ministre français a démissionné après moins d’un mois de mandat, signe de l’impasse budgétaire à laquelle la France est confrontée. Les rendements à long terme français ont également grimpé en flèche.
La crise mondiale de la dette qui se déroule actuellement se déroulera par à-coups.
Hier, une nouvelle avancée majeure a été franchie.

J’ai présenté ce panel de graphiques pour la dernière fois dans un article publié il y a près d’un mois. Chaque graphique présente le rendement des obligations d’État à 10 ans en bleu et le rendement à terme à 10 ans et 20 ans en rouge.
Ce dernier correspond à la valeur que les marchés intègrent pour le rendement à 10 ans à 20 ans, que je dissocie des rendements des obligations d’État à 20 et 30 ans.
Les rendements à long terme ont connu une hausse spectaculaire partout dans le monde, ce qui signifie que les marchés exigent des primes de risque de plus en plus élevées pour détenir de la dette à long terme.
Cette flambée des rendements est le revers de la médaille de la hausse spectaculaire – et inquiétante – du prix de l’or observée cette année.
Il est clair que les marchés cherchent désespérément à se protéger de la monétisation de la dette et de la dépréciation monétaire.
Le rendement des obligations japonaises à 10 et 20 ans a bondi hier à 4,52 %, contre 4,26 % vendredi. Il s’agit d’une hausse massive des rendements à long terme, qui s’est accompagnée d’une forte baisse du yen.
La hausse des rendements dans un contexte de baisse de la monnaie est un signe révélateur d’une montée des tensions budgétaires. À titre de comparaison, le rendement simple à 10 ans du Japon s’élevait à 1,69 % hier. La prime de risque pour la trajectoire à long terme du Japon est inquiétante.
Le rendement à terme des obligations françaises à 10 et 20 ans a bondi hier à 5,03 %, contre 4,96 % vendredi. Son rendement simple à 10 ans est de 3,57 %. Une prime de risque considérable se forme, conséquence d’un électorat profondément divisé et d’un président qui tente de se maintenir au pouvoir pour tenir l’extrême droite à l’écart.
La crise mondiale de la dette se déroulera par à-coups.
Elle progressera lorsque des foyers de tensions spécifiques éclateront, provoquant une contagion aux marchés obligataires vulnérables d’autres pays. C’est ce qui s’est produit hier et il y aura – inévitablement – d’autres jours comme celui-ci à venir.
RJ BROOKS