Gribouille: Gribouille est un personnage de contes populaires qui « se jeta dans la rivière par crainte de se mouiller »
La forêt de Bondy; La forêt régionale de Bondy est un vestige de l’ancienne forêt de Bondy qui s’étendait sur une part importante du pays d’Aulnoye, et avait une très mauvaise réputation, liée notamment à la présence légendaire de nombreux brigands.
Fiat monnaie: une monnaie fiat est une monnaie absolument dépourvue d’un lien avec des actifs. le dollar est une monnaie fiat.
Le Bitcoin: une monnaie super-fiat, sans lien avec aucun actif; le Bitcoin est pur gaspillage énergétique , sa valeur est suspendue dans les airs, simple point de rencontre de l’offre et la demande
Le Bitcoin est en quelque sorte l’exacerbation de la dématérialisation de la monnaie, c’est le processus poussé à l’extrême de la non-valeur posée comme valeur parce que supposée rare.
Le Bitcoin est pur marketing, le marketing assuré par ses détenteurs et ses producteurs a pour thème principal la hausse passée qui garantit la hausse future .
Chaque détenteur de Bitcoin en devient le promoteur pour valoriser ses avoirs.
C’est la Chaine du Bonheur à l’état pur, magnifiée.
Le marketing volontaire pratiqué par les adeptes de la religion du Bitcoin remplace et a la même fonction que le cours forcé des monnaies fiat imposé par les gouvernements. Simplement la violence gouvernementale est remplacée par la violence cachée du marketing.
En acquérant une monnaie totalement libérée de toute valeur intrinsèque, pour fuir les non-valeurs intrinsèques des gouvernements, les acquéreurs de Bitcoin sont des Gribouille qui se jettent à l’eau pour ne pas être mouillés.
Le marketing, l’information, et tous les services qui en découlent comme les cotations, la liquidité, les tenues de marché remplacent le cours forcé du dollar imposé par l’Hegemon Americain .
C’est cet ensemble qui constitue la Forêt de Bondy moderne, et même post moderne.
Dans la conférence Bitcoin Pluribus Impar, événement universitaire organisé par l’association Le Cercle du Coin en partenariat avec l’Ecole normale supérieure. Jean-Joseph Goux, docteur d’Etat en philosophie [1], s’intéresse à la valeur du bitcoin :
« Si le dollar tient [malgré son inconvertibilité or depuis 1971], pourquoi pas une monnaie inventée, conventionnelle qui n’aurait de plus, à l’âge d’internet et des transmissions instantanées, qu’une existence électronique ? »
Extrait de la préface de Bitcoin, la monnaie acéphale :
« Dans l’Histoire déjà longue de la monnaie, l’invention du Bitcoin, cette monnaie numérique aujourd’hui encore controversée et expérimentale, apparaîtra très certainement comme un chapitre nouveau à la fois inéluctable, difficile, et chargé de multiples polémiques […]. Les résistances à des innovations financières et monétaires ne sont pas nouvelles : la monnaie de papier, le chèque, la carte bancaire […], l’inconvertibilité des monnaies, ont rencontré de fortes oppositions, suscité des controverses farouches et nourri des angoisses persistantes. » – Jean-Joseph Goux.
[1] Jean-Joseph Goux est l’auteur, notamment, des ouvrages suivants : Les Monnayeurs du langage, Frivolité de la valeur, essai sur l’imaginaire du capitalisme et Le Trésor perdu de la finance folle.