La hausse du prix de l’or est inéluctable, c’est le phénomène symétrique de la dépréciation actuelle ou potentielle des monnaies fiat.
L’avilissement des monnaies est un phénomène lui même inéluctable.
Le monde s’est lancé dans les délices de l’inflationnisme défini comme production de dettes et de liquidités pour faire face à tous, absolument tous les problèmes.
Rien n’est résolu au niveau réel, aucun problème, tout est toujours reporté, poussé devant soi grâce aux dettes et à la monnaie.
La dette appelle la dette, c’est un engrenage qui a échappé à ses promoteurs et qui s’emballe. La dette se capitalise, elle croît elle même à la fois par les agios et par les gouffres, par les divergences entre ce que les agents économiques reçoivent comme revenus gagnés et ce dont ils ont besoin pour continuer à fonctionner.
Exemples:
Les gouvernements, les retraites, les soins de santé, le vieillissement, les firmes au cash flows insuffisants et les particuliers maintenant surendettés .
Le monde croule sous les centaines de trillions de dettes et ,pire, il s’est envoyé en l’air dans un imaginaire fou qui consiste à croire que ces dettes sont assurées par des ingénieries absurdes, elles mêmes fondées sur des dérivés hypothétiques. Le monde financier croit qu’il est assuré, c’est le grand mythe , mais il n’y a pas d’assureur de dernier ressort… il n’y a que des producteurs de liquidités , de fausse monnaie de base..
Cela a produit une pyramide de promesses financières, cette production de promesses financières nous a mis dans un régime qui s’appelle la financiarisation. Peu à peu c’est la finance qui a dicté sa loi, c’est « le mort du système », le passé qui dicte sa loi.
Aux USA surendettés, Trump essaie de faire payer le Reste du Monde (droits de douane) car il est cynique et sans scrupules; dans un pays comme la France Macron essaie de faire payer les salariés car lui aussi est sans scrupule mais à un autre petit niveau. On a les champs d’action que l’on peut!
Partout le meme problème se pose mais dans certains pays il y a encore des marges de croissance qui permet de faire tenir la bicyclette en équilibre… tant qu’elle roule, on peut rouler les dettes .
Il n’existe plus de possibilités de retour en arrière car l’ordre social actuel est enraciné dans les dettes et les inégalités qu’elles ont créées; les ultrariches détiennent le pouvoir politique, ils ne veulent pas abandonner leur droit à mettre en valeur leur capital financier et monétaire, ils veulent faire leur plein, ne rien lâcher. Ils ne veulent pas déchoir.
Personne ne veut le Jubilé des dettes, personne ne veut de destruction des fausses valeurs boursières type 2008 ou 2009. Le lien entre les dettes et les valeurs boursieres est organique, bien peu le comprennent. La monnaie de crédit est le sous-jacent de toutes les valeurs fictives. La fameuse diversification est un mythe de marketing dont la valeur utile ne dépasse pas l’horizon de moyen terme. La diversification est « in the bottle » pas exogène, elle est dans l’asile!
Les besoins de production de nouvelles dettes enflent considérablement:
–il faut assurer la liquidité et la « monnaieitude » des dettes anciennes, on a financé du long avec du court , du « risqué » avec du « sans risque », c’est le désajustement
-déficits budgétaires colossaux, incompressibles et cumulatifs
–refinancement des dettes existantes
–dépenses astronomiques pour l’IA, la transition climatique, le contrôle social maintenant militarisé et évidemment le militaire traditionnel et soft.
Le cout de reproduction du système explose , il faut sans relâche bétonner, c’est un gigantesque gaspillage… La police, les guerres internes, domestiques, et étrangères sont des coûts de reproduction du système ne l’oubliez pas.
La politique monétaire est sous double domination :
–domination budgétaire et fiscale car il faut financer les nouveaux besoins
–domination financière car il faut éviter la déstabilisation du stock, de la pyramide bullaire des actifs financiers, des bourses, du shadow banking et le deleveraging généralisé.
Tous les grands initiés savent cela et ils savent aussi que toutes les comptabilités sont fausses car elles sont hédoniques et présupposent que la bicyclette continuera toujours de rouler. Les modèles excluent par construction les ruptures, le fractal, les cygnes blancs ou noirs, ils postulent que la perfection va durer que le système est éternel, non historique.
On éteint les incendies au coup par coup, tant que les lances d’incendie gnomiques permettent d ‘injecter « l’eau monétaire » , que les monnaies de dettes sont acceptées et que les taux d’intérêt restent bas.
Les modèles et leurs promoteurs considèrent toujours qu’après (n) qu’il y aura un (n+1)
Mais tous les grands acteurs, les familles, les dynasties, tous ces gens savent que tout est faux et que c’est « marche ou crève »; mais « marche » signifie arroser encore, arroser et toujours arroser, faire monter le niveau de la mer financière, cacher ceux qui sont nus, en priant dieu… de quoi? … Personne ne sait quoi.
Toute personne qui survole la situation, qui voit la forêt sans se laisser distraire par les arbres , toute personne qui voit loin et au dela des apparences sait tout ce que j’explique, elle sait tout cela.
Dans une optique historique, générationnelles les soubresauts, la volatilité au jour le jour n’ont aucune importance , ce sont des pièges.
Les forces objectives de dislocation jouent sur le temps long; dans le temps court ce sont les perceptions qui jouent. Les forces objectives s’enracinent et deviennent ensuite irrésistibles.
Le vrai acheteur d’or est celui qui a compris ce que j’explique et il se fiche de ce qui va se passer demain ou après demain. Ce qui l’intéresse c’est ce qui va s’imposer plus tard dans le temps de l’Histoire, dans le temps de la Necessité causale, objective.
Robin J Brooks
Les réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale se tiennent à Washington cette semaine. Il n’est pas rare que les discussions lors de ces réunions gravitent autour d’un thème particulier, surtout en cas d’événement majeur sur les marchés.
Il y a deux ans, à Marrakech, la quasi-totalité des réunions commençaient par la même question : « Savez-vous pourquoi le rendement des bons du Trésor à 10 ans augmente autant ? » À l’époque, ce rendement approchait les 5 % – son plus haut niveau depuis 2007 –, une évolution qui semblait surgir de nulle part et que personne ne comprenait vraiment.
Lors des réunions de cette semaine, la première question posée est : « Savez-vous pourquoi le prix de l’or grimpe autant ? » Le parallèle avec Marrakech est frappant. La récente hausse du prix de l’or semble également être tombée du ciel, et personne n’a vraiment la moindre idée de ce qui se passe.
Dans l’article d’aujourd’hui, je vais vous présenter ce que je pense que nous savons .
- Un changement s’est produit en 2022 après l’invasion de l’Ukraine par la Russie : historiquement, comme le montre le graphique ci-dessous, le prix de l’or (ligne noire) a eu tendance à augmenter lorsque le rendement réel des bons du Trésor à 10 ans (ligne bleue) a baissé, comme pendant et après la crise de 2008. Cependant, ce lien s’est rompu après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, suscitant de nombreuses spéculations sur le fait que les banques centrales du monde entier, craignant de voir leurs réserves de change sanctionnées, auraient commencé à se diversifier en se tournant vers l’or. On exagère sur ce point. Après tout, le prix de l’or n’a véritablement décollé que début 2024. Mais il est également vrai que le prix de l’or n’a pas baissé comme d’habitude lorsque les taux réels ont augmenté en 2022 et 2023. Peut-être y a-t-il réellement eu un « nouvel » acheteur : les banques centrales des marchés émergents. Si tel est le cas, des données anecdotiques suggèrent que ce changement a pris fin il y a longtemps et qu’il n’est pas à l’origine de la récente hausse du prix de l’or.

- Le chaos tarifaire et les craintes de dépréciation influencent le cours de l’or en 2025 : comme le montre le graphique ci-dessous, le cours de l’or a connu deux évolutions distinctes cette année.
- La première a eu lieu début avril, lorsque le déploiement chaotique de droits de douane réciproques a effrayé les marchés et propulsé le cours de l’or.
- La seconde est survenue après le discours accommodant du président Powell à Jackson Hole, qui a clairement indiqué que la Fed allait reprendre son cycle de baisse des taux.
- Dans les deux cas, la hausse du cours de l’or s’explique par une interprétation macroéconomique simple. Dans le premier cas, les marchés cherchaient une valeur refuge face à la guerre commerciale mondiale et à une politique chaotique. Dans le second cas, la reprise des baisses de taux de la Fed a déclenché une nouvelle vague d’achats de valeurs refuges.

- La hausse du prix de l’or depuis Jackson Hole est très inhabituelle : comme le montre le graphique ci-dessous, le prix de l’or (ligne noire) progresse quasiment en ligne droite depuis le 22 août. C’est remarquable compte tenu du durcissement du ton de la Fed du 17 septembre, qui aurait dû provoquer un recul significatif du cours de l’or, et des nombreux échanges avec la Chine sur les terres rares. De plus, la récente hausse du prix de l’or a coïncidé avec la stabilité du dollar (ligne bleue). Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas d’une fuite des capitaux face au dollar comme en avril. La hausse actuelle doit donc s’expliquer par une fuite plus large face à toutes les devises du G10, ce qui me rend sensible à ce que l’on appelle « le marché de la dépréciation mondiale ».

Voici donc ce que nous savons. La hausse de l’or cette année a été intermittente. La hausse d’avril était liée à une perte de confiance dans le dollar, une tendance qui s’est depuis essoufflée. Depuis Jackson Hole, la hausse est liée à une « dépréciation mondiale » et coïncide avec trois évolutions notables :
(i) une hausse mondiale des rendements des obligations d’État à long terme, les marchés s’inquiétant de plus en plus de politiques budgétaires insoutenables dans de nombreux pays ;
(ii) le nombre de pays refuges s’est réduit, l’Allemagne et le Japon étant en tête de la hausse mondiale des rendements ; et
(iii) les quelques pays refuges restants – notamment la Suisse – sont de petite taille et ont une capacité limitée à absorber les flux entrants.
Ces trois forces amplifient la hausse du prix de l’or, qui est en réalité liée à la détérioration de la viabilité budgétaire mondiale et au risque croissant de voir le surendettement disparaître sous l’effet de l’inflation.
Ce que nous ignorons, c’est ce qui est à l’origine de la récente hausse du prix de l’or. Les rumeurs circulent sans cesse concernant une nouvelle vague d’achats des banques centrales, mais je suis sceptique. Il existe un catalyseur macroéconomique clair à cette dernière hausse, comme c’est le cas avec Jackson Hole. J’ai du mal à croire que les banques centrales des marchés émergents exploiteront un tel catalyseur. Il est plus probable qu’il s’agisse d’une véritable évolution du marché, un nombre croissant d’investisseurs s’inquiétant de la viabilité budgétaire et de la dépréciation. Si cela se confirme, la hausse du prix de l’or pourrait s’accentuer considérablement