Un analyste de MacroStrategy Partnership vient de publier des conclusions selon lesquelles la bulle de l’IA est 17 fois plus importante que la bulle Internet et 4 fois plus importante que la crise immobilière de 2008.
En utilisant les méthodes d’analyse de l’économiste Knut Wicksell, Julien Garran a calculé l’ampleur de la bulle en comparant les niveaux d’investissement aux rendements économiques réels, révélant une bulle qui éclipse les catastrophes financières précédentes.
Le lien avec la dette se renforce.
Alors que beaucoup pensaient que les entreprises d’IA se développaient grâce au financement par fonds propres , isolant ainsi la bulle de l’économie globale, Goldman Sachs a constaté que 141 milliards de dollars sur les 500 milliards de dollars d’investissements en IA de cette année provenaient de la dette des entreprises.
C’est plus de dette que ce que l’ensemble du secteur a dépensé en 2024, ce qui signifie qu’au moins 30 % des dépenses actuelles sont financées par l’emprunt.
Le problème de l’effet de levier caché
Les entreprises ont de plus en plus recours à des véhicules de special purpose, SPV pour lever des dettes hors bilan, ce qui rend l’effet de levier réel impossible à calculer.
Meta, à elle seule, cherche à lever 26 milliards de dollars de dette par le biais d’un SPV d’ici la fin de l’année, soit 5 % des dépenses d’investissement annuelles totales du secteur en une seule transaction réalisée par une seule entreprise.
Pourquoi cela est plus important que 2008
La crise de 2008 a dévasté l’économie mondiale par l’interconnexion des dettes, causant 27 millions de pertes d’emplois dans le monde et déclenchant une vague de suicides.
Mais cette bulle s’est développée au fil des ans, tandis que celle de l’IA a connu une croissance plus rapide et plus importante, la dette la relie directement aux grandes banques, aux fonds de pension et au marché du crédit au sens large.
La contagion est ecrite dans les faits.
Cette analyse confirme les inquiétudes concernant le financement circulaire et les irréalistes mécanismes économiques de l’IA, mais l’ampleur est déjà plus grave que prévu.
Lorsqu’une industrie qui brûle des centaines de milliards chaque année -tout en générant des chiffres d’affaires et des profits minimes- est financée par des structures de dette cachées, elle engendre des risques systémiques qui dépassent largement les entreprises technologiques.
La combinaison de prévisions de revenus irréalistes, de coûts d’infrastructure massifs et de financements à effet de levier crée les conditions d’un désastre financier qui pourrait faire paraître l’année 2008 comme une simple promenade santé..