« Celui qui ne se met pas en colère lorsqu’il a une juste raison de se mettre en colère est immoral. Pourquoi ? Parce que la colère vise le bien de la justice. Et si vous pouvez vivre au milieu de l’injustice sans colère, vous êtes aussi immoral qu’injuste. » — Thomas d’Aquin
Chacun sait que la guerre en Ukraine est une guerre provoquée par les Américains et qu’ils la mènent apr l’intermédiaire de leurs proxys Ukrainiens.
Les discussions d’Alaska sont purs non sens, pures absurdites car Trump n’ a pas à discuter avec lui même, si il veut arrêter la guerre et satisfaire les objectifs de Poutine, il le peut en une nuit.
La question se pose de savoir pourquoi Poutine a accepté de jouer le jeu et de faire semblant de croire que Trump pouvait etre un intermédiaire: on n’est pas intermédiaire avec soi même!
Maintenant que Trump a jeté le le masque et qu’il prendre à sa charge la guerre après avoir fait semblant de vouloir la paix une autre question se pose; pourquoi Poutine n’accuse -t il pas réception du revirement de Trump et pire, pourquoi ne r&agit il pas aux menaces d’envois de Tomahawk et de frappes sur la profondeur de la Russie?
Poutine donne l’impression de ne jamais vouloir réagir aux différentes lignes rouges et encore mois a celle ci.
L’une des rares explications a été fournie par Poutine lui même; « il ne faut pas tenir compte de ce que Trump déclare au public, « il dit n’importe quoi, la seule chose qu’il faut croire c’est ce qu’il affirme en privé« , mais on se heurte à un mur car ce qui se dit en privé est secret.
Ce sont de grands mystères.
Y a-t-il une complicité personnelle entre Trump et Poutine?
La Russie a -elle un trou, un déficit de dissuasion intermédiaire entre le combat sur le terrain et le nucléaire?
La Russie a -elle un deficit de crédibilit dans le processus d’escalade?
L’interview de Lavrov avec Kommersant publiée mercredi ne nous apprend rien, au contraire :
LAVROV : Poutine s’est rendu en Alaska pour répondre à une proposition américaine de Witkoff. Le message de Poutine était que la Russie « accepte la proposition et propose une voie précise pour sa mise en œuvre ». Les DÉTAILS de la proposition n’ont pas été révélés.
LAVROV : La Russie attend toujours la réponse des États-Unis à la feuille de route pour l’Alaska.
LAVROV a félicité Trump pour avoir été le seul dirigeant occidental à avoir fait l’effort de comprendre les causes profondes de la situation en Ukraine.
LAVROV : Les déclarations américaines sur la fourniture de Tomahawks à l’Ukraine n’affectent pas les accords conclus en Alaska.
LAVROV : Washington subit la pression des soutiens européens de l’Ukraine. L’UE et le Royaume-Uni tentent de faire du conflit ukrainien la « guerre de Trump ».

Nous savons que les trois C de la dissuasion – capacité, crédibilité et communication – sont des composantes qui doivent être interdépendantes en pratique si les adversaires veulent repenser leur stratégie et changer de cap.
Le chaînon manquant dans les efforts de Poutine pour restaurer la position dominante de la Russie sur la scène internationale, jusqu’ici perdue, est une véritable dissuassion ; non seulement dans ses politiques, mais aussi dans ses actions et réactions aux manœuvres géopolitiques desautres puissances mondiales comparables et de leurs alliés. A fortiori en temps de guerre, face à une alliance de plus de 50 pays visant à « démembrer la Russie irrémédiablement ».
La dissuasion et la posture de domination mondiale des États-Unis et de l’Occident après la Seconde Guerre mondiale, bien qu’intimidantes ou policières, contraires à la Charte des Nations Unies, répugnantes et offensantes pour l’humanité, ont malheureusement survécu jusqu’à récemment, non pas par complaisance ou bluff comme dans la posture russe actuelle, mais par une véritable « action ».
Même les scénarios nord-coréen et israélien actuels illustrent une véritable dissuasion pratique, avec des résultats qui vont bien au dela de la simple politique. Il demeure incontestable que l’axe belliciste États-Unis-OTAN s’est abstenu de frapper la Corée du Nord au-delà des exercices militaires et des sanctions, uniquement parce qu’il était convaincu que Pyongyang réagirait promptement à la moindre violation de ses lignes rouges.
Il en va de même pour l’État d’Israël. L’État d’Israël n’a jamais joué avec ses capacités de dissuasion face aux menaces existentielles, réelles ou perçues, qui l’entouraient. Au contraire systématiquement, il a agi. Sa dissuasion est pas une posture.
Le génocide de deux ans à Gaza, envoie un message clair , on sait qu’Israel agit.
Cette dissuasion claire explique pourquoi aucun pays ni aucune alliance n’a jugé intéressant ou utile (contrairement à l’Ukraine) de s’aventurer directement dans le sauvetage militaire des Palestiniens de Gaza assiégée pendant la durée du génocide.
L’aide humanitaire, les plaintes déposées devant la CPI et le Conseil de sécurité de l’ONU étaient des recours marginaux des simulacres de la part d’États inquiets, effrayés par la dissuasion israélienne.
On peut se demander : pourquoi l’OTAN, et maintenant l’UE, ne se sont-elles pas limitées à des efforts marginaux pour aider l’Ukraine, mais ont-elles progressivement franchi jusqu’à présent de nombreuses lignes rouges imposées par la Russie, au point d’oser déclencher une guerre directe avec elle, la plus grande puissance nucléaire du monde ?