L’Europe comme sous traitant strategique des Etats Unis , un role pas très reluisant!

Elbridge Colby occupe actuellement le poste de Under Secretary of Defense for Policy au Département de la Défense des États-Unis (Pentagone).

  • Détails : Il s’agit du troisième poste le plus élevé au sein du DoD, où il conseille le Secrétaire à la Défense sur les questions de politique de sécurité nationale, de stratégie et d’alliances internationales. Il a été nommé par le président Trump en janvier 2025, confirmé par le Sénat le 8 avril 2025 et a pris ses fonctions peu après.

Ce rôle renforce son influence sur la pivot stratégique vers la Chine, aligné sur sa « Strategy of Denial« .

Elbridge Colby et sa stratégie exposée dans The Strategy of Denial

Elbridge Colby a produit un ouvrage intitulé The Strategy of Denial: American Defense in an Age of Great Power Conflict (Yale University Press, 2021).

C’est un livre clé en géopolitique américaine, influencé par le réalisme stratégique, qui a été salué comme l’un des meilleurs de 2021 par le Wall Street Journal.

Les idées de Colby nous concernent nous les européens parce qu’il est partisan de sous traiter la guerre en Ukraine aux Européens à hauteur de plus de 90%; Nous sommes loin de la brouille et des conflits entre les USA dont on nous donne le spectacle !

Colby conseille de sous traiter la guerre par procuration americaine en Ukraine aux européens.

 » Sous-traiter la guerre par procuration en Ukraine aux Européens est au cœur de sa « Strategy of Denial » et de ses déclarations récentes.

Elbridge Colby ne prône pas un abandon total de l’Ukraine (il a qualifié l’invasion russe d' »acte maléfique » et soutient un soutien minimal US), mais il insiste pour que l’Europe prenne la responsabilité primaire de la défense conventionnelle du continent, y compris le financement et l’armement de l’Ukraine.

C’est une forme de « sous-traitance » stratégique : les USA se recentrent sur la Chine/Taïwan, en forçant les alliés à « grandir » via le burden-sharing.

Contexte dans The Strategy of Denial (2021)

  • Colby traite la Russie comme une menace secondaire par rapport à la Chine (risque d’hégémonie asiatique). L’Europe doit assumer 80-90 % de sa défense via l’OTAN, libérant les USA pour l’Indo-Pacifique.
  • Pas de « proxy war » illimitée : Soutenir l’Ukraine pour affaiblir la Russie, mais sans épuiser les stocks US (ex. : munitions pour Taïwan).

Ses positions actuelles (2024-2025)

  • Priorité Ukraine = Europe : Dans un op-ed Time (2023), il écrit : « Europe steps up and takes primary responsibility for its conventional defense » – puis les USA peuvent transférer des armes de l’Europe vers l’Ukraine.
  • Critique du soutien US excessif : Il a poussé pour geler l’aide US en juillet 2025 (munitions aériennes), arguant que l’Europe (Allemagne, France, UK) donne moins de la moitié de ce que les USA fournissent (Kiel Institute data). Sur X, il tweete : « Why isn’t Europe in for the same as us ? […] It’s more important for Europe than for us. » @ElbridgeColby
  • Pression Trump-style : Soutien à l’idée de Trump de forcer l’Europe à matcher les 350 milliards $ US (vs. 100 milliards € européens). Résultat : Discussions OTAN pour passer à 3 % du PIB en défense (déc. 2024). @ElbridgeColby
  • Minimalisme US post-paix : En août 2025, il déclare que les USA joueraient un « rôle minimal » dans les garanties de sécurité pour l’Ukraine, laissant l’Europe gérer (Politico). politico.com

Tableau : Colby vs. Critiques

AspectPosition de ColbyCritiques (ex. démocrates, alliés)
Soutien à l’UkraineOui, mais « limité » ; affaiblir Russie sans drainer USA.« Hypocrite » : Risque défaite ukrainienne pour prioriser Chine (The Hill, 2025). thehill.com
Rôle européenPrimaire : 3 % PIB OTAN, égaliser aide (vs. 2 % actuel).« Isolationniste » : USA fuient leadership global (Politico, 2025). politico.com
Impact sur OTANRenforce alliance via équité ; loue Pologne pour son effort.Frustrant : Alliés doutent de la fiabilité US (Washington Examiner, 2025). washingtonexaminer.com

L’Europe (PIB 10x Russie) a les moyens, mais manque de volonté politique – Trump/Colby la force à bouger (hausse budgets UK/France/Allemagne en 2025). Ça évite l' »overstretch » US (Irak/Afghanistan bis), mais risque une escalade si l’Europe traîne.

En 2025, avec sa nomination confirmée, ça pourrait mener à une « paix négociée » en Ukraine (Trump push), avec l’Europe comme « shérif » local. Bon pour les USA, tendu pour Kiev – mais mieux qu’une guerre éternelle.?

Résumé de l’ouvrage clef de Colby

Qui est Elbridge Colby ?

  • Background : Né en 1977, Colby est un stratège américain, descendant d’une famille influente en politique étrangère (son grand-père, William Colby, fut directeur de la CIA dans les années 1970). Il a servi comme Deputy Assistant Secretary of Defense for Strategy and Force Development sous l’administration Trump (2017-2018), où il a été le principal architecte de la National Defense Strategy (NDS) de 2018. Cette stratégie a marqué un pivot majeur des États-Unis vers la compétition avec la Chine, en remplaçant le focus antiterroriste post-11 Septembre.
  • Aujourd’hui (2025) : Cofondateur et principal du Marathon Initiative (un think tank sur la stratégie à long terme), il est une voix influente chez les républicains. Trump l’a nommé en janvier 2025 pour le poste de Under Secretary of Defense for Policy (troisième poste au Pentagone), en attente de confirmation sénatoriale. Il est souvent cité pour ses vues hawkish sur la Chine, mais pragmatiques sur les ressources limitées des USA. reddit.com +1

Colby écrit dans un monde post-2018 où la Chine émerge comme la principale menace révisionniste. Il critique l’approche américaine des 30 dernières années : trop focalisée sur le Moyen-Orient (Irak, Afghanistan) et les interventions libérales (promotion de la démocratie), au détriment de la compétition entre grandes puissances.

Pour lui, la Chine sous Xi Jinping vise l’hégémonie régionale en Asie de l’Est (via Taïwan, la mer de Chine méridionale), ce qui menacerait l’équilibre mondial et les intérêts vitaux des USA.

Le livre est un appel à repenser la stratégie de défense pour éviter une guerre coûteuse tout en préservant la liberté de navigation et les alliances.

Colby propose une stratégie de déni (denial strategy), inspirée du containment de la Guerre froide (Kennan), mais adaptée à l’Asie. L’idée centrale : nier à la Chine la victoire rapide dans un conflit limité, en rendant toute agression si coûteuse qu’elle y renonce. Ce n’est pas une stratégie offensive (comme l’endiguement global), mais défensive et focalisée.

Voici les piliers, en tableau pour plus de clarté :

PilierDescriptionExemples concrets
Priorité sur la Chine (et la Russie)Focaliser 80-90 % des ressources sur l’Indo-Pacifique ; traiter la Russie comme une menace secondaire (via l’OTAN). Éviter les « guerres périphériques » (Moyen-Orient).Augmenter le budget défense à 4-5 % du PIB US ; réallouer des forces de l’Europe/Atlantique vers l’Asie. thestrategybridge.org
Déni militaireConstruire des capacités pour défendre le périmètre clé (Taïwan comme « linchpin ») : rendre une invasion chinoise impossible ou pyrrhique (pertes massives en 1-2 semaines).Flottes sous-marines, missiles anti-navires, drones ; alliances avec le Japon, l’Australie, l’Inde (QUAD/AUKUS). Pas d’invasion US de la Chine continentale. foreignaffairs.com
Gestion des alliancesAlliances « crédibles mais limitées » : s’engager sur des périmètres vitaux (défense, pas offense) ; éviter les garanties absolues pour ne pas être entraîné dans des conflits secondaires.Soutien à Taïwan sans ambiguïté ; partenariat avec l’Inde pour contrer la Chine en Himalaya. yalebooks.yale.edu
Équilibre des puissancesMaintenir un « favorable balance of power » en Asie : combiner forces US, alliés et soft power économique (mais pas de découplage total).Investir dans la tech (IA, hypersoniques) pour combler l’écart avec la Chine ; objectif : paix par la force, pas par la naïveté. heritage.org
Gestion des risquesAccepter des guerres limitées si besoin, mais viser une « paix décente » post-conflit (pas d’occupation).Simulations de guerre : USA gagnent par attrition, forçant Pékin à négocier. dokumen.pub

Colby structure son livre en 12 chapitres : de l’histoire stratégique (Clausewitz, Mahan) à des scénarios concrets (invasion de Taïwan), en passant par une critique des échecs post-1991.Réception et actualité (2025)

  • Avis positifs : Loué pour son réalisme clair et historique (Foreign Affairs : « explication pas à pas d’une stratégie qui nierait le succès chinois »). foreignaffairs.com Des experts comme Robert Work (ex-DepSecDef) y voient un « départ essentiel pour le débat ». Il influence la NDS 2022 et les débats trumpistes.
  • Critiques : Certains le trouvent trop hawkish (risque d’escalade) ou isolationniste (dépriorisation de l’Europe/Ukraine).
  • Impact : En 2025, avec la confirmation Colby en cours, sa stratégie pourrait façonner la politique US : pivot vers l’Asie, renforcement AUKUS, et tensions avec la Chine sur Taïwan.

En résumé, The Strategy of Denial est un plaidoyer pour une Amérique « réaliste et résolue » : préparer la guerre pour l’éviter, en misant sur le déni plutôt que l’offensive.

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