La Maison Blanche a publié le 1er novembre 2025 un « Fact Sheet » officiel, intitulé President Donald J. Trump Strikes Deal on Economic and Trade Relations with China. C’est un document concis (environ 2 pages), rédigé dans un ton triomphaliste typique de l’administration Trump : il présente l’accord comme une « victoire massive » pour les travailleurs, agriculteurs et sécurité nationale américains, en insistant sur des engagements concrets de la Chine (« China will… ») tout en minimisant les concessions US (comme les baisses de tariffs, qualifiées de « suspensions temporaires »). Il souligne la personnalisation maintenant de rigueur dans la politique américaine: c’est Trump qui strike le deal; bref on est dans l’entretien naif de la fameuse bulle celle dont je vous ai encore parlé récemment et cela accroit l’écart entre l’Imaginaire et le réel.
Des posts sur X (comme ceux de comptes officiels ou relayés par des influenceurs) amplifient cela avec des visuels et des hashtags #TradeDeal #AmericaFirst.Cette communication est diffusée via le site whitehouse.gov, des briefings de presse (par le secrétaire au Trésor Scott Bessent) et des posts sur Truth Social de Trump lui-même, qui vante un « deal historique » pour « mettre l’Amérique d’abord ».
L’« accord est un accord de pause » . Ce nouvel accord entre les États-Unis et la Chine constitue un réajustement. Les deux parties marquent une pause, non pas parce que les tensions ont disparu, mais parce que chacune a besoin de temps pour stabiliser son propre système.
La Maison Blanche parle d’une victoire historique, c’est le sacrifice au narcissisme et à l’imaginaire exceptionnaliste. Ce n’est pas de l’information, c’est de la propagande à destination de simplets.
Elle met l’accent sur des enjeux chers aux électeurs trumpistes – fentanyl (crise sanitaire US), agriculture (Midwest) et tech (semi-conducteurs pour l’IA et la défense). Cela cadre l’accord comme une « reprise » de la main sur Pékin, renforçant l’image de Trump en négociateur impitoyable.
Le manque de transparence sur les concessions est évident Les baisses de tariffs US sont présentées comme « temporaires », mais sans détails sur les impacts potentiels (ex. : hausse des importations chinoises bon marché, au détriment des industries locales). Pas un mot sur TikTok ou d’autres volets évoqués en amont. C’est frustrant pour une analyse approfondie.
Le ton auto-congratulatoire excessif , des phrases comme « une victoire massive qui met les familles américaines d’abord » sonnent comme de la pub électorale plutôt qu’une info neutre.. Les divergences avec les déclarations chinoises, soulignant la survente.
La Chine a accepté formellement -on verrra la réalité plus tard- de rétablir les exportations de minéraux critiques tels que les terres rares, le gallium, le germanium, l’antimoine et le graphite, essentiels à la défense américaine, aux véhicules électriques et aux semi-conducteurs. Ces exportations étaient restreintes depuis des mois, engendrant de graves tensions sur la chaîne d’approvisionnement.
Pékin promet également de lutter contre les précurseurs du fentanyl, de lever les droits de douane punitifs sur les produits agricoles américains et d’acheter environ 12 millions de tonnes de soja d’ici la fin de l’année, plus 25 millions de tonnes par an jusqu’en 2028. C’est un geste d’apaisement clair envers les agriculteurs américains.
Sur le plan industriel, la Chine mettra fin aux enquêtes visant les entreprises américaines de semi-conducteurs, rouvrira la production de puces dans les usines chinoises de Nexperia et lèvera certaines restrictions liées aux différends relatifs au transport maritime et à la construction navale.
En contrepartie, les États-Unis réduiront certains droits de douane de 10 points de pourcentage, prolongeront les exemptions prévues par l’article 301 et suspendront pendant un an l’application des nouveaux contrôles à l’exportation visant les filiales chinoises dans des secteurs clés.
Ces deux mesures vont contribuent à apaiser les tensions au sein d’un système international tendu.
Les États-Unis souhaitent freiner la hausse des prix sans paralyser leur économie, et la Chine doit assouplir le contrôle qu’elle exerce sur ses ressources naturelles.
Les marchés financiers internationaux montrent des signes de tension.
Chacun prend conscience que le système dispose de peu de marge de manœuvre .
La Chine, ne veut pas de nouveau choc commercial. Les États-Unis, quant à eux, doivent gérer d’importants déficits, un marché des bons du Trésor fragile et une pression croissante pour stabiliser le coût de la vie.
Cet accord offre aux deux parties un répit, une détente maîtrisée pour éviter le blocage du système financier mondial.
C’est une pause, une trêve tactique, ce n’est ni un dégel ni un changement de cap.
On reste dans la compétition stratégique et la rivalité sous-jacente liée à la technologie, aux chaînes d’approvisionnement, aux monnaies numériques et au positionnement militaire demeure.
Les États-Unis bénéficient de chaînes d’approvisionnement plus stables, d’exportations agricoles plus importantes et d’un contexte économique plus prévisible à l’approche d’une année électorale délicate.
La Chine obtient un allègement tarifaire à court terme et elle prolonge ses avantages commerciaux, les voies commerciales restent ouvertes.
La machine financière mondiale, avec son resserrement quantitatif, les symptômes de pénurie de dollars et de liquidités, le blocage du plafond de la dette, et les goulets d’étranglement industriels est arrivée à un point où même les moindres chocs se répercutent partout.
Cet accord constitue une pause, car aucune des deux superpuissances ne peut se permettre d’accroitre l’instabilité en pleine période de tensions économiques mondiales.

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