Editorial. Ray DALIO vous explique simplement ce que nous vivons: le « debasement » en cours des monnaies. Le debasement trade!

Comme je vous l’explique depuis des années et des années, le monde du capitalisme financier est en crise. Si vous n’avez pas compris cela , alors vous ne pouvez pas comprendre les évènements auxquels vous assistez; ils ne trouvent leur sens que dans le cadre de cette crise et que si vous les interprétez comme des moyens de prolonger, de faire durer encore un peu, le système du capitalisme financiarisé.

Face à sa crise endogène existentielle le système a choisi non pas de se corriger et de détruire ses excès mais de les reporter dans le futur; reporter dans le futur c’est émettre des promesses, c’est émettre des dettes, dire que l’on paiera plus tard; c’est combler le gouffre croissant entre les actifs et les passifs en différant les passifs, en les poussant devant soi.

D’où l’expression « kick the can » , taper dans la boite de conserve pour lui faire dévaler la pente, c’est « extend and pretend », augmenter les dettes que l’on ne peut payer tout en prétendant qu’on pourra les payer plus tard.

Face à cette crise existentielle donc, le système du capitalisme financier a masqué les problèmes et les a reporté dans le futur en produisant toujours plus de dettes, en tirant toujours de chèques, et ces dettes ont continué de s’accumuler au point que maintenant ce sont elles qui sont devenues causes de crises, tout comme les addictions provoquées par les médicaments a un malade deviennent au fil du temps causes de mutations de sa maladie.

Comprenez que l’excès de dettes est « le mode d’apparaitre de la crise fondamentale du capitalisme devenu financier« , la vraie cause se situe non pas niveau de la finance mais au niveau du capitalisme lui même ; pour masquer ses problèmes il a fallu financiariser!

Face au surendettement le système a été obligé de faire remonter les dettes de plus en plus haut, vers le Centre du système c’est à dire vers le bilan de la Banque Centrale et celui du Gouvernement. Il a du engager la solvabilité et la crédibilité des Tresors Publics et des Banques Centrales, le gouvernement americain en particulier a creusé ses deficits et la banque centrale, la Fed a alourdit. son bilan.

Ce qui signifie que le couple gouvernement-banque centrale a été obligé de faire remonter les assurances, les garanties, les promesses jusqu’à lui, au niveau du couple gouvernement6banque centrale. Ils ont ensemble émis trop de nouvelles dettes publiques, trop de fonds d’état, ils ont fait trop de chèques sur l’avenir. Une grande partie de la dépense pour faire tourner la machine économique a été le fait du gouvernement, cette dépense a produit des déficits et ces déficits ont été solvabilisés plus ou moins directement et plus ou moins subrepticement par la banque centrale et l’Alchimie Boursière.

Et pour continuer ils doivent en émettre encore et toujours plus, cela s’appelle « débaser la monnaie »

La monnaie se dévalorise au fur et a mesure de son émission et sa dévalorisation se manifeste d’abord là ou elle est injectée: le marché financier qui finance les dettes .

Le débasement des monnaies fait monter les bourses non pas parce que les actifs financiers se valorisent non, non mais parce que la monnaie est surabondante; face à des actifs financiers plus rares, les détenteurs de cette monnaie se font concurrence pour l’employer en acquérant des actifs. Cette monnaie est un Mistigri dont il faut se débarrasser, il faut la faire travailler! Cette monnaie perd d’abord de son pouvoir d’achat face aux actifs financiers par le jeu de la rareté relative.

Ultérieurement cette dévalorisation de la monnaie se diffusera dans l’économie réelle, elle viendra compléter le pouvoir d’achat des revenus gagnés, mais il faudra du temps. Les actifs financers en tant que promesses partiront plus tard à la recherche de leur contrevaleur réelle, mais ce sera assez long.

Ou bien, si il y a une tentative de ralentir la dérive et d’imposer une austérité , cela ralentira la production de monnaie, de chèques ou de dettes et les actifs financiers anciens gonflés seront détruits faute d’acquéreurs nouveaux. .

Laisser un commentaire