Voici l’analyse gentille de The Economist des Rothschild de Londres
L’instabilité planera sur la France en 2026. Un Parlement fragmenté et les rivalités personnelles entre les prétendants à la succession d’Emmanuel Macron en 2027 promettent une année chaotique.
En octobre 2025, la France avait déjà connu trois Premiers ministres en douze mois, le troisième, Sébastien Lecornu, étant reconduit dans ses fonctions. Le meilleur espoir réside dans une solution de compromis parlementaire ; le pire serait une crise politique majeure qui mettrait à l’épreuve les institutions et la présidence françaises.
Trois scénarios se dessinent.
Le premier est que le gouvernement minoritaire centriste de M. Lecornu conserve le soutien des modérés au Parlement pour faire adopter le budget 2026. M. Lecornu devra naviguer sur une ligne de crête périlleuse, tiraillé entre la nécessité de faire des concessions à la gauche – il s’est engagé à suspendre la réforme des retraites de M. Macron, qui relève l’âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans – et celle de préserver le soutien du centre-droit.
Tant La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon (extrême gauche) que le Rassemblement national de Marine Le Pen (extrême droite ) saisiront la moindre occasion de censurer le gouvernement. Ensemble, ils ne peuvent le renverser à l’Assemblée nationale, qui compte 577 sièges ; l’avis des socialistes et des républicains sera donc déterminant.
Un autre scénario envisageable est l’échec de M. Lecornu, le report temporaire du budget 2025 à 2026, et une pression politique irrésistible sur M. Macron pour dissoudre le Parlement et organiser de nouvelles élections.
En 2024, il s’est retrouvé avec un groupe centriste affaibli, tandis que le Nouveau Front Populaire a remporté un nombre important de sièges. La France tiendra des élections municipales en mars. Si nécessaire, des élections législatives pourraient avoir lieu simultanément.
Si cela se produisait, les sondages suggèrent que le RN , anti-immigration et eurosceptique , arriverait en tête au premier tour avec 35 % des voix ; la coalition de gauche, regroupant quatre partis, obtiendrait 24 % ; les centristes de M. Macron, réunis, recueilleraient 14 %.
En 2024, une offensive tactique « anti RN» a permis de limiter son score . Mais en 2026, cette unité risque de s’effriter. Si le RN et ses alliés obtiennent jusqu’à 250 sièges, ils revendiqueront le droit de gouverner.
Jordan Bardella, le lieutenant de Mme Le Pen, âgé de 30 ans, serait le candidat du parti au poste de Premier ministre. La France serait alors confrontée à une période d’incertitude accrue, le pays se préparant à l’arrivée au pouvoir du premier gouvernement populiste des temps modernes.
Des troubles civils et des manifestations de rue pourraient éclater. Une période de cohabitation avec la présidence de M. Macron mettrait à l’épreuve la séparation constitutionnelle des pouvoirs.
Un troisième scénario, le moins probable, est que la pression sur M. Macron s’intensifie et qu’il soit contraint d’envisager une élection présidentielle anticipée.
M. Mélenchon, et même certains de ses alliés, ont appelé à sa démission. Mme Le Pen – qui saura en 2026 si l’interdiction judiciaire de se présenter à une fonction élective est confirmée – serait également ravie de le voir partir.
Plus il sera confronté à des difficultés intérieures, plus il se concentrera sur sa diplomatie internationale toujours aussi active. Son second mandat ne s’achève qu’en 2027, et il fera tout son possible pour rester au pouvoir avant cette date .