Un constat intéressant sur un phénomène mystérieux peu analysé: liquidités vs M2

 La liquidité mondiale s’est réduite à 187 290 milliards de dollars la semaine dernière, la volatilité croissante des marchés obligataires et la reprise du dollar américain pesant sur son expansion.

La baisse récente de 0,3 % de la liquidité globale environ par rapport à son pic antérieur est effectivement attribuable à la volatilité des obligations et au rebond du dollar – des vents contraires classiques dans un contexte de quantitative tightening (QT) persistant.

Les banques centrales, de la Fed à la BCE et à la BoJ, continuent de dégonfler leurs bilans : par exemple, le bilan de la Fed est passé de 9 trillions en 2022 à environ 6,6 trillions aujourd’hui, et ce processus devrait se prolonger en 2025 mais avec une vigilance accrue sur les tensions de liquidité à court terme (comme on l’a vu en octobre avec des soubresauts sur les repo).

C’est cohérent avec les données récentes de la BRI, qui montrent une croissance modérée du crédit transfrontalier en devises étrangères (5 % pour le dollar au T1 2025), mais freinée par ces facteurs.

La volatilité des marchés obligataires n’est pas seulement un « poids », c’est aussi un signal d’alarme sur les anticipations d’inflation persistante et de politique monétaire hybride (baisse des taux, mais QT maintenu).

En clair, la liquidité globale se contracte, mais pas uniformément – et c’est là l’appétit pour le risque entre en jeu.

La base monétaire implicite à 110 760 milliards est dopée par les injections de la PBoC La Banque populaire de Chine continue ses assouplissements ciblés pour soutenir la croissance et la valorisation des collatéraux.

La liquidité « sous-jacente » peut se découpler des bilans officiels des banques centrales : les banques commerciales et les shadow banks (surtout en Chine et en Asie) créent de la monnaie via le crédit, même si les BC se retirent.

La Chine et le Japon en sont de bons exemples , les flux vers les actions chinoises et japonaises (Nikkei au zénith) reflètent cela, avec des investisseurs qui chassent le rendement dans un monde de taux réels encore positifs mais fragiles.

Malgré les vents contraires (géopolitique, élections US), l’ appétit pour le risque est resté robuste jusqu’à présent , comme en témoigne la croissance de 14 % du crédit aux institutions financières non bancaires au T1 2025 (BRI).

C’est un signe de résilience, mais aussi de vulnérabilité : si le dollar repart à la hausse (scénario plausible avec un Trump 2.0), ces flux pourraient se retourner vite.

Le paradoxe de la masse monétaire en hausse (+10 000 milliards en 12 mois) est logique quand on creuse. Les bilans des BC se contractent globalement (environ -1 à -2 % annuels pour les majors), mais la masse monétaire M2 (ou équivalents agrégés) explose grâce à la vélocité du crédit privé et aux effets de levier.

Les données de MacroMicro sur les M2 des quatre grandes BC (US, UE, Japon, Chine) montrent une croissance cumulée d’environ 8-10 % sur l’année écoulée, tirée par la Chine et le Japon.

Cette « agressivité » est un carburant pour les actifs risqués, mais elle masque des bulles locales (immobilier chinois, tech US).

L’inévitable expansion des bilans BC est une question de temps, pas de « si ». Avec l’inflation qui pourrait rebondir en 2025 (prévisions Fed revues à 2,5 % core PCE), les risques géopolitiques (Moyen-Orient, Ukraine) et les chocs supply-side les BC devront pivoter vers du QE light d’ici mi-2026 au plus tard.

Si la Fed rouvre les vannes, on pourrait voir +5-7 trillions injectés globalement en 18 mois, boostant les M2 de 15-20 %.

Çela propulserait les marchés émergents et le gout pour le risque encore plus haut, mais avec un risque d’hyper-volatilité.

Le vrai pouls, c’est cette liquidité « implicite » pas la liquidité globale. .

Le découplage actuel pourrait disparaitre et mener à une « euphorie plus ou moins contrôlée » en 2026,

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