Israel first ou America first? Fracture dans le camp MAGA sur la politique pro-Israël de Trump

Le mouvement MAGA se fissure en de nombreux endroits. La question du soutien à israel et le dossier Epstein contribuent a faire chuter les approbations à la politique de Trump. La crise du pouvoir d’achat dite crise « d’affordabilité » n’arrange rien!

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en 2025, une division croissante s’est manifestée au sein du mouvement MAGA (Make America Great Again) concernant sa politique étrangère, en particulier son soutien inconditionnel à Israël.

De nombreux soutiens isolationnistes, partisans d’une vision « America First » , accusent Trump de se soumettre aux intérêts israéliens au détriment des priorités américaines, comme l’évitement des conflits au Moyen-Orient (notamment avec l’Iran) et la réduction des aides militaires.

Cette critique s’est intensifiée après les frappes israéliennes contre l’Iran en juin 2025 et la poursuite de la guerre à Gaza, révélant une sorte de guerre civile au sein des Républicains où Israël devient le symbole d’un clivage entre « Israel First » et « America First ».

Les positions de figures clés comme Steve Bannon, Tucker Carlson et Marjorie Taylor Greene, basées sur leurs déclarations récentes illustrent bien le profondeur du fossé qui se creuse .

Steve Bannon, ancien stratège en chef de Trump et figure emblématique du nationalisme MAGA, est l’un des critiques les plus virulents. Il accuse ouvertement Israël sous Benjamin Netanyahou de transformer les États-Unis en « protectorat », un État vassal qui manipule Washington pour l’entraîner dans des guerres inutiles, comme contre l’Iran.

En juin 2025, Bannon a qualifié d’erreur fatale l’implication potentielle des États-Unis dans un conflit direct avec l’Iran, exhortant Trump à questionner la loyauté d’Israël en tant qu’allié.

Il a même lancé une attaque personnelle contre Trump en août 2025, l’accusant de prioriser Israël au point de trahir les principes MAGA, ce qui a provoqué un tollé dans le camp.

Pour Bannon, Netanyahu « traîne les États-Unis dans la boue » en influençant la politique américaine, et s’ il se positionne comme un défenseur d’Israël en général, ce n’est pas selon lui au prix d’une « soumission » qui affaiblit l’Amérique.

Cette posture reflète une déception plus large chez MAGA.

Tucker Carlson, ex-animateur de Fox News et influenceur majeur auprès de la base MAGA, est devenu le porte-voix d’une fronde ouverte contre la « soumission » de Trump à Israël. En juin 2025, après les attaques israéliennes sur l’Iran, il a qualifié Trump de « complice d’un acte de guerre », l’accusant de laisser Israël dicter la politique étrangère américaine. Carlson va plus loin en affirmant que « Israël n’importe pas » pour les intérêts américains, contredisant directement la vision pro-israélienne de Trump et de ses prédécesseurs.

Il a même lié Jeffrey Epstein à des influences israéliennes dans une charge explosive en juillet 2025, suggérant que des lobbies étrangers y compris israéliens corrompent l’élite américaine.

Carlson mène ainsi une campagne pour que Trump « abandonne Israël » et le laisse « se battre seul », voyant dans le soutien inconditionnel une trahison de l’isolationnisme trumpien.

Cette critique a provoqué un clash direct avec Trump, qui a minimisé les propos de Carlson tout en admettant une conversation privée tendue.

Marjorie Taylor Greene (MTG)Marjorie Taylor Greene, représentante républicaine de Géorgie et fervente trumpiste, illustre parfaitement la fracture récente. Initialement pro-Israël (elle a défendu Trump contre les critiques sur son soutien à Tel-Aviv dès 2021), elle a rompu avec lui en novembre 2025, accusant sa politique étrangère de ne pas être « America First » en raison de son alignement excessif sur Israël.

Cette querelle, centrée sur les liens de Trump avec Israël et des scandales comme les fichiers Epstein qu’elle lie à des influences pro-israéliennes, a conduit à sa démission du Congrès en janvier 2026 et à un retrait de l’endossement de Trump, qui l’a qualifiée de « traîtresse ».

Greene critique ouvertement les réunions de Trump avec Netanyahu comme une « soumission » qui expose les États-Unis à des risques inutiles.

Son évolution symbolise comment des figures MAGA traditionnelles se rebellent contre ce qu’elles perçoivent comme une dérive pro-israélienne.

D’autres soutiens MAGA, comme Candace Owens ou Thomas Massie, partagent cette méfiance. Owens a été renvoyée de Daily Wire pour ses critiques d’Israël, tandis que Massie a voté contre le financement d’Israël à 15 reprises, dénonçant l’influence de l’AIPAC (lobby pro-israélien).

Globalement, le soutien conservateur à Israël se fissure en 2025, avec une base MAGA de plus en plus critique qui reproche à Trump de ne pas rompre avec les « guerres éternelles » du Moyen-Orient, malgré son image de pacificateur.

Trump reste ferme, voyant ce soutien comme un atout électoral.

Laisser un commentaire