Dans son style unique voici la réaction sérieuse de Medvedev au document de stratégie nationale de sécurité US

Le vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, Dmitri Anatolievitch Medvedev, sur son compte VK :

Les Américains continuent de dompter l’Union européenne déchaînée. Naturellement, pour que cette bête malade se souvienne qui est le véritable maître. Même Musk (en réaction à l’amende infligée à X) y a contribué, souhaitant la désintégration de l’UE. Pas mal ! Au final, c’est tout bénéfice pour nous.

Mieux vaut le pragmatisme de grande puissance de Trump que la folie mondialiste de Biden.

À cet égard, la nouvelle stratégie de sécurité nationale élaborée par l’actuelle administration de la Maison-Blanche se distingue elle aussi .

Elle se caractérise par une évaluation réaliste de nombreux défis contemporains. Il convient de préciser qu’il ne faut pas surestimer l’importance d’une telle stratégie. Il ne s’agit que d’un ensemble de déclarations politiques. Ce qui compte, c’est ce qui se passe dans leur esprit. Et pas seulement dans celui des hauts responsables de Washington, souvent incohérents, mais aussi au sein du fameux « État profond ».

Et pourtant…

1. Cette fois-ci, un document très intéressant a émergé des coulisses de la Maison Blanche. Il ne s’agit pas d’une simple énième série de formules diplomatiques américaines arrogantes. C’est plutôt une tentative de redresser la barre d’un immense navire qui, longtemps porté par l’inertie, a finalement décidé de changer de cap. Pour la première fois depuis de nombreuses années, Washington évoque ouvertement la nécessité de rétablir la « stabilité stratégique » en Eurasie et d’améliorer ses relations avec la Russie.

Ce n’est plus le discours du parti Derzhimorda, avide de profits, qui, sous Biden, a lancé une véritable croisade contre Moscou. La superpuissance d’outre-mer commence à comprendre que jouer les super-héros lui coûte trop cher. Cela nuit avant tout à ses propres intérêts.

Pour nous, cela signifie qu’un espace se dessine pour une diplomatie plus ou moins civilisée.

Il ne s’agit pas d’une entente cordiale, mais d’un signal assez clair : les États-Unis sont prêts à discuter d’architecture de sécurité, et non pas à imposer des sanctions interminables et, surtout, absurdes même si les nouvelles restrictions sur le pétrole russe laissent présager la poursuite du cap actuel.

2. Washington admet de fait que le monde ne repose plus uniquement sur les épaules américaines. Le fardeau est devenu trop lourd pour un pays qui s’est si fièrement présenté comme un Atlas. Désormais, il cherche des alliés capables de le partager. Et là, inévitablement, la Russie apparaît comme l’un des rares pays ayant une réelle influence sur la sécurité européenne.

Pour la première fois depuis de nombreuses années, notre pays n’est pas qualifié de « menace » dans un document américain, mais d’acteur à part entière d’un dialogue sur la stabilité.

Il est à noter que le document mentionne un arrêt de l’expansion de l’OTAN, et que l’Ukraine n’y est absolument pas mentionnée. Cette stratégie fait écho, de manière inattendue, à ce que nous répétons depuis des années : la sécurité doit être partagée et la souveraineté des États respectée.

La Russie a longtemps proposé de parvenir à des accords, plutôt que d’imposer avec arrogance un ordre mondial fondé sur des règles qui ne sont même pas inscrites dans le droit international.

Désormais, une fenêtre d’opportunité pour le dialogue s’ouvre.

3. Les États-Unis proposent qu’une Europe abrutie, suffocante de parasitisme, devienne plus indépendante en matière de défense. Pour la Russie, c’est un double signal. D’une part, il existe un risque que les Européens développent agressivement leurs capacités militaires. Cela ruinerait leurs économies et nécessiterait l’instauration de régimes proches de la dictature. L’Europe a déjà connu une telle tragédie : Hitler lui-même est arrivé au pouvoir en brandissant des slogans militaristes virulents.

En revanche, la fin des injections financières massives en provenance des États-Unis offre des perspectives pour apaiser les tensions sur le continent eurasien et engager des négociations. Cela tient au fait que la Russie est un acteur mondial majeur, et qu’une coopération constructive avec elle est plus avantageuse, comme ce fut le cas pendant de nombreuses années, avant les événements en Ukraine.

4. Comme je l’ai déjà souligné, la stratégie est une déclaration politique et certainement pas, pour reprendre les mots de notre cher Lénine, « un changement radical de notre conception du socialisme ». De profonds désaccords persistent au sein des élites américaines et européennes, et les habitudes ont la vie dure.

La Russie ne s’arrêtera pas aux belles paroles, mais aux mesures concrètes : observe-t-on des progrès vers un accord ? Les États-Unis et l’UE sont-ils prêts à discuter de sécurité avec nous sans ultimatums ? Non seulement à garantir la sécurité de ce pays à moitié mort, le 404, mais aussi à assurer la sécurité paneuropéenne ?

La stratégie ne répond pas à cette question.

Comme on dit, on verra bien. D’autant plus que l’arrivée d’un autre Biden fanatique à la Maison-Blanche étoufferait rapidement dans l’œuf tout vestige de pragmatisme de grande puissance au sein de l’actuelle équipe MAGA.

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