La prochaine décision de la Banque centrale européenne (BCE) pourrait être une hausse des taux d’intérêt, plutôt qu’une baisse comme certains le prévoient encore, mais cela ne se produira pas dans un avenir proche, déclare Isabel Schnabel, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, dans un entretien à Bloomberg News publié lundi.
En octobre, la BCE a opté pour le statu quo sur ses taux pour une troisième réunion consécutive et de nombreux membres du conseil des gouverneurs de la banque centrale, dont la présidente Christine Lagarde, ont laissé entendre que l’institution était prête à en rester là sur le long terme.
Isabel Schnabel a noté que les attentes sur un prochain mouvement de la BCE portaient sur une augmentation des taux d’intérêt, se disant « plutôt à l’aise » avec ces anticipations, « même si ce n’est pas pour tout de suite ».
Les risques pour la croissance et l’inflation sont plus élevés que prévu par la BCE, estime-t-elle, en partie parce que l’économie a mieux résisté que prévu aux droits de douane américains.
Les propos d’Isabel Schnabel à la fois prudents et révélateurs, typiques de la posture « hawkish » qu’elle adopte souvent au sein du directoire de la BCE.
Mais cela me semble cohérent avec le contexte économique actuel, tout en nuançant les implications.
D’abord, rappelons le fond : l’interview de Schnabel, publiée hier 8 décembre 2025) par Bloomberg, met en lumière une résilience inattendue de l’économie de la zone euro face aux chocs mondiaux – guerres commerciales, tensions géopolitiques et perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Elle note que l’inflation sous-jacente stagne autour de 2,5 %, alors que la croissance rebondit (prévisions revues à 1,2 % pour 2025), que l’écart de production se résorbe et que les politiques fiscales expansionnistes ves (investissements en infrastructures et défense) pourraient relancer les hauses de prix.
Dans ce cadre, elle se dit « à l’aise » avec les attentes du marché : une pause prolongée des taux, et potentiellement une hausse plus tard si l’inflation repart à la hausse, plutôt qu’une baisse immédiate.
Je partage sa position.
La BCE maintient ses taux clés inchangés depuis juin (taux de dépôt à 2 %, refinancement principal à 2,15 %) –, mais signaler cette possibilité « hawkish » ancre les attentes et évite une surchauffe.
Schnabel, en tant que membre influente, prépare le terrain pour une stabilité.
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