Sergey Karaganov, éminent politologue russe et conseiller influent en politique étrangère, est un faucon. Ses déclarations récentes – notamment celles du 7 décembre 2025 sur la chaîne TVC – font beaucoup réagir.
Il affirme que la Russie est en guerre non pas contre l’Ukraine, mais contre l’Europe elle-même, et que ce conflit ne s’achèvera que par la « défaite » morale et politique de l’Europe.
Karaganov, préside honoris causa le Conseil pour la politique étrangère et de défense, est proche du Kremlin , il a conseillé les présidents russes depuis les années 1990. Il développe une vision hawkish et nationaliste .
Dans cette interview, il qualifie l’élite européenne d' »irresponsable, brutale et stupéfiée », accusant l’Europe d’avoir oublié son « histoire monstrueuse » de guerres, de racisme et de colonialisme.
Selon lui :
- L’Ukraine n’est qu’un « pion » ou un « fou » dans un échiquier plus large, manipulé par l’Occident pour affaiblir la Russie.
- La guerre actuelle est une « guerre sainte » contre un Europe « engendrée par le mal » (un « enfant de Satan », pour reprendre ses mots dans d’autres interventions).
- Il faut « écraser la volonté des élites européennes » par la peur, y compris nucléaire, pour restaurer un équilibre mondial.
- Il regrette que la Russie n’ait pas menacé explicitement d’armes nucléaires dès le début de l’opération en Ukraine (il estime que cela aurait dû commencer trois ans plus tôt).
- Sur l’Ukraine : Il la voit comme un « État failli » depuis 30 ans, corrompu et qui a été subventionné inutilement par l’URSS.
- Rééduquer « tous les Ukrainiens » serait une « mauvaise gestion » ; mieux vaut annexer une partie et créer une zone démilitarisée « dénazifiée » sur le reste, sans besoin de millions de « combattants Bandéristes » en Sibérie.
Ces idées s’inscrivent dans la continuité : en juillet 2025, il plaidait pour une idéologie d’État russe centrée sur un « peuple porteur de Dieu » sauveur de l’humanité du consumérisme occidental, avec une Russie comme « empire asiatique » sous une « démocratie de leadership » autocratique.
En novembre, il affirmait que 95 % de l’élite militaro-politique russe soutient des frappes nucléaires préventives sur l’Europe pour « restaurer la peur ».
En janvier, il appelait à aider à renverser les élites européennes « dangereuses » pour briser leur héritage impérialiste.
Ses propos circulent largement et ils sont partagés comme un signal d’escalade : les comptes pro-russes les amplifient pour intimider, tandis que des analystes occidentaux y voient une tactique du Kremlin pour faire passer les exigences de Poutine (comme la neutralité ukrainienne) pour modérées en comparaison.