LE MARCHE DU TRAVAIL N’EST PAS AUSSI ROBUSTE QU’ON LE CROIT
Les demandes d’allocations chômage corrigées des variations saisonnières ont atteint 236 000, une hausse notable mais qui reste dans la fourchette où nous stagnons depuis plus d’un an.
Le taux de chômage indemnisé n’est que de 1,2 %, un niveau qui, historiquement, correspond à un ralentissement économique.
À première vue, les graphiques lissés saisonnièrement montrent une fourchette étroite de demandes initiales autour de 220 000 et une courbe remarquablement plate du chômage indemnisé, ce qui pourrait laisser croire à un atterrissage en douceur.
Mais c’est une vue d’ensemble
C’est dans les données brutes que les failles apparaissent. Les demandes d’allocations chômage non corrigées des variations saisonnières, c’est-à-dire celles qui ne sont pas lissées par les modèles de fêtes et les filtres saisonniers, ont bondi de 58 % en une seule semaine. Cela représente 313 140 personnes ayant déposé une nouvelle demande, contre 198 000 la semaine précédente.
Certes, le début décembre est toujours une période de fluctuations, mais cette hausse est trop importante pour être ignorée.
Elle révèle une fragilisation sous-jacente du marché du travail. Plus révélateur encore est le taux de chômage indemnisé par les programmes d’État, qui a bondi de 15,8 % en une semaine, bien au-delà des prévisions tenant compte des facteurs saisonniers. Et ces hausses n’étaient pas aléatoires : elles étaient concentrées dans les secteurs classiques du début de récession…
•transport et entreposage
•fabrication
•construction
•services d’hébergement et de restauration
Ce sont ces secteurs qui réagissent en premier lorsque la demande faiblit et que les entreprises se préparent à des mois plus difficiles à venir.
LES ACHATS DE 40 MILLIARDS PAR MOIS DE LA FED
Ce que les 40 milliards de dollars de la Fed signifient réellement… Protégez les infrastructures essentielles. Les achats de 40 milliards de dollars du Trésor prennent tout leur sens lorsqu’on analyse le fonctionnement du système.
Le resserrement quantitatif vient de prendre fin, le programme de réinvestissement des réserves (RRP) est quasiment épuisé, c’est cette réserve qui servait auparavant à absorber l’impact des émissions de bons et de coupons.
Désormais, chaque dollar levé par le Trésor est prélevé directement sur le système financier dans son ensemble, c’est-à-dire sur les réserves bancaires.
Powell ne cherche pas à stimuler l’économie, mais à éviter la pénurie de liquidités.
Alors que les réserves tendent déjà vers un niveau bas, la Fed renfloue le système avant que des tensions n’apparaissent sur les marchés de financement, .
Et les ponctions à venir du mois d’avril expliquent en grande partie leur intervention anticipée.
La période des déclarations de revenus entraîne un transfert massif de liquidités des comptes bancaires privés vers le Compte général du Trésor, géré par la Réserve fédérale. Lorsque ce compte est plein, les réserves diminuent. Si l’on ajoute à cela une forte émission de titres et l’absence de réserves obligatoires pour amortir le choc, on obtient une ponction de liquidités brutale et prévisible.
Plutôt que de risquer une crise comme en 2019, la Réserve fédérale constitue discrètement une réserve dès maintenant. Elle s’assure simplement que le système financier dispose de suffisamment de marge de manœuvre pour traverser le printemps sans incident majeur.
LA CHUTE D’ORACLE
La chute du cours d’Oracle (ORCL) est un événement spectaculaire qui illustre parfaitement les excès et les doutes qui entourent le boom de l’IA en ce moment.
Hier, Oracle a publié ses résultats du deuxième trimestre fiscal 2026 (clos fin novembre). Le chiffre d’affaires a augmenté de 14 % à 16,1 milliards de dollars, et l’EPS ajusté a même battu les attentes à 2,26 dollars contre 1,64 anticipés.
Mais malgré ces chiffres solides, le marché a réagi violemment : l’action a chuté de plus de 11 % en after-hours, et aujourd’hui, 11 décembre, elle plongé jusqu’à 15,5 % pour clôturer autour de 188,74 dollars, effaçant plus de 100 milliards de dollars de capitalisation boursière.
C’est la pire journée pour Oracle depuis plus de 20 ans, et l’action est maintenant en baisse de 35-40 % depuis son pic de septembre.
Pourquoi cette panique ? En gros, c’est un mélange de déception et de craintes structurelles.
D’un côté, les ventes cloud ont légèrement raté les estimations (8 milliards de dollars attendus vs. un peu moins), ce qui a refroidi les attentes sur la conversion rapide des investissements massifs en IA en revenus immédiats.
De l’autre, Oracle a annoncé une explosion de ses dépenses en capital : 50 milliards de dollars prévus pour l’année fiscale entière (contre 35 milliards estimés en septembre), pour financer son infrastructure IA, avec des deals phares comme le contrat de 300 milliards avec OpenAI et des engagements de Meta et Nvidia.
Ça sent la dette : Oracle a déjà levé 18 milliards via une obligation jumbo en septembre, et son ratio dette/capitaux propres dépasse les 400 %.
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