La situation politique au Venezuela avant la capture de Nicolás Maduro par les forces américaines le 3 janvier 2026 était marquée par une crise profonde et prolongée, caractérisée par une répression accrue, une instabilité économique persistante, des tensions internationales croissantes et une polarisation extrême de la société.
Cette crise remontait à plusieurs années, mais elle s’était intensifiée après les élections présidentielles contestées de juillet 2024, menant à une escalade sous la pression américaine en 2025.
Le Venezuela traversait une crise multidimensionnelle depuis la fin des années 2010, aggravée par l’effondrement économique (hyperinflation, pénuries, chute de la production pétrolière), une migration massive (plus de 7 millions de personnes avaient fui le pays d’ici 2025) et une érosion des institutions démocratiques.
Nicolás Maduro, au pouvoir depuis 2013, avait été réélu pour un troisième mandat lors des élections de juillet 2024, largement considérées comme frauduleuses par l’opposition et une partie de la communauté internationale. Il avait prêté serment le 10 janvier 2025, malgré les contestations.
Les tensions avec les États-Unis s’étaient accrues tout au long de 2025, sous la seconde présidence de Donald Trump, avec une augmentation des sanctions et des menaces d’intervention.
À la fin de 2025, le gouvernement de Maduro était décrit comme répressif et corrompu, s’accrochant au pouvoir face à une opposition unifiée mais affaiblie par les arrestations.
Forces en présence
- Gouvernement et soutiens du régime (chavisme) : Maduro dirigeait le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), soutenu par l’armée (dont la loyauté était assurée par des privilèges et une répression interne), les « colectivos » (groupes armés paramilitaires pro-gouvernementaux) et des milices civiles.
- Le régime bénéficiait d’un appui international de la Russie, de la Chine, de l’Iran et de Cuba, qui fournissaient aide économique, militaire et diplomatique.
- À la fin de 2025, malgré une stabilité apparente, le gouvernement faisait face à une érosion interne due à la corruption et à l’isolement croissant. Des libérations de prisonniers politiques en décembre 2025 et début janvier 2026 étaient vues comme des gestes conciliatoires sous pression américaine.
- Opposition : Unifiée autour de figures comme María Corina Machado (laurée du prix Nobel de la paix 2025 pour son combat contre la répression) et Edmundo González Urrutia (candidat de substitution aux élections de 2024, après la disqualification de Machado).
- L’opposition contrôlait une partie de l’Assemblée nationale (élue en 2015 mais marginalisée par une assemblée parallèle créée par Maduro en 2017). Elle organisait des protestations, mais celles-ci étaient sévèrement réprimées, avec des milliers d’arrestations en 2024-2025.
- À la fin de 2025, l’opposition jouissait d’un soutien populaire , estimé à environ 70 % selon certains analystes, et appelait à une transition démocratique. Des élections régionales et législatives en mai 2025 avaient renforcé légèrement l’opposition, mais sans changer le rapport de force global.
- Forces armées et sécuritaires : L’armée vénézuélienne (FANB) restait majoritairement loyale à Maduro, grâce à des purges et des incitations économiques. Cependant, des désertions et des dissensions internes étaient rapportées, particulièrement face aux sanctions américaines ciblant les généraux. Les services de renseignement (SEBIN) et la police (FAES) étaient impliqués dans la répression des dissidents.
- Acteurs internationaux : Les États-Unis ne reconnaissaient pas Maduro et soutenaient l’opposition, imposant des sanctions sur le pétrole et les insiders du régime en décembre 2025. L’Union européenne et plusieurs pays latino-américains (comme la Colombie et le Brésil) critiquaient le régime, tandis que l’ONU et des ONG documentaient les violations des droits humains. Des débats au Conseil de sécurité de l’ONU en décembre 2025 soulignaient la menace que représentait le régime pour la stabilité régionale.
Les institutions démocratiques étaient gravement affaiblies :
- Pouvoir exécutif : Contrôlé par Maduro, avec un cabinet loyal.
- Pouvoir judiciaire : Le Tribunal suprême de justice (TSJ) était aligné sur le régime, invalidant souvent les positions de l’opposition.
- Pouvoir législatif : Double Assemblée nationale – l’une élue en 2015 (opposition) et l’autre en 2020 (pro-Maduro), créant un chaos institutionnel.
- Conseil national électoral (CNE) : Accusé de fraude, il validait les victoires du PSUV.
- Autres : La répression touchait les médias, les ONG et les défenseurs des droits humains, avec une intensification avant les élections de 2024.
Opinion publique
- Au Venezuela : Une majorité écrasante (environ 80 % selon des sondages indépendants) rejetait Maduro, blâmant son gouvernement pour la crise économique et la corruption.
- Les Vénézuéliens aspiraient à un changement démocratique, mais opposaient une intervention militaire étrangère (81 % contre les sanctions internationales selon certains polls).
- Les protestations post-électorales de 2024 avaient mobilisé des millions, mais la répression (arrestations, disparitions) avait découragé les manifestations à la fin de 2025.
- Aux États-Unis et internationalement : Les Américains étaient majoritairement contre une intervention militaire (70-86 % selon des sondages de novembre-décembre 2025), préférant des solutions diplomatiques. En Amérique latine, l’opinion était divisée, avec un soutien à un changement de régime mais une crainte d’instabilité régionale.
- María Corina Machado Parisca est née le 7 octobre 1967 à Caracas, au Venezuela. Issue d’une famille aisée et conservatrice (son père était un magnat de l’industrie sidérurgique, sa mère psychologue), elle a étudié l’ingénierie industrielle à l’Université catholique Andrés Bello, puis obtenu un master en finance. Mère de trois enfants, elle est souvent décrite comme ferme et libérale, et surnommée l’« Iron Lady » du Venezuela.
- À la suite de la capture de Nicolás Maduro par les forces américaines ce jour, Machado émerge comme une figure centrale de la transition. Dans un communiqué, elle déclare : « L’heure de la liberté est arrivée ! » Elle affirme que l’opposition est prête à « faire valoir son mandat et prendre le pouvoir », appelant Edmundo González Urrutia à assumer immédiatement la présidence légitime et à être reconnu comme commandant en chef des forces armées.
- Sa localisation exacte reste incertaine (probablement hors Venezuela, après son séjour à Oslo), mais elle appelle les Vénézuéliens à rester vigilants et organisés pour une transition démocratique. Beaucoup d’analystes la voient comme une leader potentielle d’un gouvernement de transition très pro américain ; elle est très favorable aux interets americains dont elle souhaite la collaboration. .
- Trump à propos de María Corina Machado : « Je pense qu’il lui serait très difficile d’être dirigeante. Elle ne bénéficie d’aucun soutien ni d’aucun respect au sein du pays. C’est une femme très gentille, mais elle ne jouit pas du respect. »
À la fin de 2025, le régime Maduro paraissait isolé et vulnérable, avec des signes de craquement interne sous la pression américaine croissante, menant directement à l’opération du 3 janvier 2026..