EDITORIAL. Un débat sur la cherté des actions laquelle est bien plus extreme -dans une perspective de long terme- que ne l’indiquent les ratios.

LE MARCHE BOURSIER EST PLUS CHER CAR LES RESULTATS SONT DE PLUS MAUVAISE QUALITE ET SURTOUT L’ACTIVITE ECONOMIQUE EST ARTIFICIELLEMENT GONFLEE PAR LA DETTE ET LES DEFICITS !

NO IT IS MORE EXPENSIVE BECAUSE THE RESULTS ARE OF POORER QUALITY AND ABOVE ALL THE ECONOMIC ACTIVITY IS ARTIFICIALLY INFLATED BY DEBT AND DEFICITS! twitter.com/steve_hanke/st…

QUE PENSEZ VOUS DE CETTE DISCUSSION IMPORTANTE https://x.com/BrunoBertez/status/2007864115671499146?s=20

L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Cette discussion sur X entre Steve Hanke et Bruno Bertez met en lumière un débat récurrent sur la valorisation des marchés actions, en particulier le S&P 500, à travers le prisme du ratio CAPE (Cyclically Adjusted Price/Earnings) de Shiller.

Hanke souligne que le CAPE actuel approche les niveaux de la bulle dotcom (autour de 44 en 1999), en l’attribuant à une « bulle IA », tandis que Bertez rétorque que c’est encore pire, car les bénéfices sont de moindre qualité et l’activité économique est gonflée artificiellement par la dette et les déficits.

D’abord, examinons les faits : le CAPE actuel oscille autour de 39-40 au début janvier 2026, en hausse par rapport à l’année précédente (environ 37-38).

C’est effectivement élevé historiquement – la moyenne à long terme est autour de 17 – et proche du pic dotcom, mais pas encore supérieur. Le graphique partagé (que j’ai analysé via l’URL du post) est historique jusqu’en 2020, où le CAPE était déjà en montée vers 35-40, mais il illustre bien les pics passés comme le crash de 1929 (autour de 30) et la bulle tech de 2000.

Depuis 2020, le CAPE a fluctué : il a chuté brièvement pendant la pandémie, puis remonté avec la reprise post-COVID et l’engouement pour l’IA, atteignant des niveaux actuels qui signalent une surévaluation potentielle.

Sur le point de Bertez : il a raison de souligner les distorsions. Les bénéfices des entreprises (earnings) sont « de moindre qualité » car influencés par des rachats d’actions, des optimisations fiscales ou une croissance dopée par des taux bas rt des deficits persistants.

De plus, l’activité économique US est effectivement soutenue par des déficits massifs : pour l’exercice fiscal 2026, le déficit cumulé atteint déjà environ 439-458 milliards de dollars fin novembre, avec des projections CBO à 1,7 trillion pour l’année entière. La dette fédérale explose, approchant 116% du PIB d’ici 2034 selon les prévisions, ce qui crée une croissance artificielle via des stimuli fiscaux.

Chacun sait et Bertez le relève souvent, que les deficits du secteur public ont pour contrepartie les excédents du secteur privé.

Si ces facteurs s’essoufflent (hausse des taux, réduction des déficits), les earnings cycliquement ajustés pourraient se révéler surestimés, rendant le CAPE « effectivement » plus élevé que ne le suggère le chiffre brut.

Mon avis global : cette échange est pertinent et alarmant, mais pas nouveau – les valorisations élevées persistent souvent plus longtemps que prévu (comme Keynes l’a dit, « les marchés peuvent rester irrationnels plus longtemps que vous solvable »). L’IA pourrait être une vraie révolution productive (contrairement à certaines hype dotcom), justifiant partiellement les multiples, mais les risques de correction sont réels, surtout avec des vents contraires macro comme l’inflation persistante ou des tensions géopolitiques. Bertez ajoute une nuance critique sur la qualité sous-jacente, ce qui rend son intervention plus nuancée que celle d’Hanke.

Laisser un commentaire