Dimanche, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a adressé un message via les réseaux sociaux au gouvernement américain, et plus particulièrement au président Donald Trump, invitant les deux pays à développer des relations fondées sur l’équilibre et le respect mutuel, selon plusieurs médias.
« Le Venezuela réaffirme son engagement en faveur de la paix et de la coexistence pacifique. Notre pays aspire à vivre sans menaces extérieures, dans un climat de respect et de coopération internationale. Nous sommes convaincus que la paix mondiale repose d’abord sur la garantie de la paix au sein de chaque nation », a-t-elle écrit sur Instagram dimanche.
« Nous invitons le gouvernement américain à collaborer avec nous à un programme de coopération axé sur le développement partagé, dans le cadre du droit international, afin de renforcer une coexistence durable », précisait le message.
« Monsieur le Président Donald Trump, nos peuples et notre région méritent la paix et le dialogue, et non la guerre. Tel a toujours été le message du Président Nicolás Maduro, et tel est le message de tout le Venezuela aujourd’hui. C’est à ce Venezuela que je crois et auquel j’ai consacré ma vie. Je rêve d’un Venezuela où tous les Vénézuéliens de bonne volonté puissent s’unir. Le Venezuela a droit à la paix, au développement, à la souveraineté et à un avenir », peut-on lire dans la publication.
Plusieurs médias, dont l’Associated Press et Bloomberg, ont également relayé la dernière déclaration de Rodríguez. Selon Bloomberg, Rodríguez, la présidente par intérim du Venezuela, a demandé aux États-Unis de collaborer avec son pays, « adoptant un ton plus conciliant envers l’administration Trump après son indignation initiale face à la capture du président Nicolás Maduro ».
Le Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) doit se réunir lundi après l’attaque américaine contre le Venezuela et la destitution de son président Nicolas Maduro, une action que le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, considère comme créant « un dangereux précédent », selon Reuters.
La Colombie, soutenue par la Russie et la Chine, a demandé la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, composé de 15 membres, ont indiqué des diplomates. Le Conseil s’est déjà réuni à deux reprises – en octobre et en décembre – en raison de l’escalade des tensions entre les États-Unis et le Venezuela, selon Reuters.
Quelques heures après leur arrestation par des commandos américains lors de l’attaque menée samedi à l’aube, Maduro, 63 ans, et Flores, 69 ans, étaient incarcérés dans une prison de New York. Maduro doit comparaître lundi midi devant un juge fédéral à New York pour être officiellement informé des charges retenues contre lui, selon un article de Barron’s.
Les États-Unis accentuent la pression sur le Venezuela. D’après Reuters, le président américain Trump a déclaré samedi que Washington dirigerait le Venezuela « jusqu’à ce qu’une transition sûre, appropriée et judicieuse puisse être mise en place ». On ignore comment Trump compte exercer son autorité sur le Venezuela.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré dimanche que les États-Unis n’étaient pas en guerre contre le Venezuela, ajoutant que les États-Unis « menaient une politique » au Venezuela, non pas par le déploiement de troupes au sol, mais par des pressions financières sur les derniers alliés de Maduro, selon les médias américains.
« Nous voulons que le Venezuela s’oriente dans une certaine direction, car nous pensons que c’est non seulement bénéfique pour le peuple vénézuélien, mais aussi conforme à nos intérêts nationaux », a affirmé M. Rubio lors d’une interview sur l’émission « Meet the Press » de NBC.
M. Rubio, qui est également conseiller à la sécurité nationale par intérim du président Trump, a indiqué que les États-Unis exerceraient leur influence par le biais d’un « quarantaine pétrolière » déjà en vigueur, imposée par des navires de guerre américains près des côtes vénézuéliennes, selon un reportage de NPR.
Le président de la commission du renseignement du Sénat américain, Tom Cotton, a fait écho aux propos de M. Rubio en appelant à une campagne de pression contre les alliés de Maduro qui contrôlent encore le pays. M. Cotton a notamment cité la présidente par intérim Delcy Rodríguez, qui avait auparavant été vice-présidente sous Maduro, d’après NPR.
Lors d’une interview accordée dimanche au magazine The Atlantic, Trump a déclaré que Rodriguez « paierait un prix très élevé » si elle ne coopérait pas, au lendemain de ses affirmations selon lesquelles elle ne soutenait pas les plans américains.
Le fils de Maduro, le député Maduro Guerra, a appelé dimanche les Vénézuéliens à descendre dans la rue après l’arrestation de son père par les forces américaines et son transfert dans une prison de New York, d’après un article de Barron’s.
Selon cet article, le déroulement sans accroc de l’opération visant à extrader le dirigeant vénézuélien de sa cachette à Caracas et à le faire quitter le pays a alimenté les spéculations selon lesquelles le leader socialiste aurait été trahi par un membre de son entourage. Reprenant ces rumeurs, son fils a déclaré : « L’histoire dira qui sont les traîtres, l’histoire le révélera. Nous verrons bien. »
Maduro Guerra est le seul fils biologique de l’ancien président, qui a par la suite adopté les trois enfants de sa seconde épouse, Flores. Dimanche, des partisans de Maduro ont manifesté dans les rues de Caracas, brandissant des drapeaux et des affiches à l’effigie du président déchu, selon Barron’s.
Les dirigeants de l’Espagne, du Brésil, du Chili, de la Colombie, du Mexique et de l’Uruguay ont publié dimanche une déclaration commune condamnant l’opération militaire américaine qui a conduit à la destitution de Nicolás Maduro et mettant en garde contre l’appropriation des vastes ressources naturelles du pays, après que les États-Unis ont annoncé leur intention d’administrer le Venezuela par intérim, d’après Euro News. (