Que se passe-t-il quand il y a des règles et que la puissance dominante les enfreint?
Réponse : Rien
L’ordre mondial a toujours été la Loi du plus fort.
Toujours il a été violé, bafoué.
Mais il y avait une sorte de consensus hypocrite, une connivence des élites pour en maintenir le principe.
Cette connivence reposait sur l’avantage que les élites en tiraient pour elles mêmes, elle maintenait les peuples dans un carcan, une sorte de religion , une idéologie.
L’idéologie mondiale, ses soi disant valeurs et principes correspondaient en quelque sorte à l’idéologie intérieure qui faisait tenir tranquille les gens.
En masquant la Loi du plus fort au plan mondial, on faisait croire aux peuples que l’égalité devant la loi , la diversité, les droits de l’homme, le gagnant-gagnant, le dialogue, etc , toutes ces conneries étaient universelles .
Le soi disant ordre mondial extérieur était un moyen de maintenir l’ordre inégalitaire a l’intérieur et de lutter contre les visées démocratiques un peu comme si on arguait d’une pseudo démocratie entre les nations pour justifier un ordre interner qui sur le fond était tout sauf democratique.
Bref si vous m’avez suivi un créait un TOUT; on établissait un isomorphisme entre l’international et le national.
Et ceci produIsait une relative retenue, une sorte d’hommage du vice à la vertu.
La réalité cependant a toujours été celle là, celle de la Loi du plus fort.
Si vous lisez le texte ci dessous vous voyez qu’il décrit, qu’il commente , qu’il déplore, qu’il stigmatise et puis .. c’est tout!
A part pleurnicher la communauté internationale ne peut rien faire quand les grandes puissances violent délibérément l’ordre.
Nous étions dans la magie, dans le mythe d’un ordre qui n’était pas respecté mais qui grâce aux grands messes rituelles mais vides semblait exister.
Et puis vient un butor, un baltringue, qui ose faire au niveau mondial la même chose que ce qu’il fait au niveau domestique, il bouscule tout, il ne respecte rien, il fonce au gré de ses impulsions du moment , au gré de ses réactions à ses échecs ; et il fracasse les plafonds de verre, fait voler en éclats les illusions.
Trump ne dissimule plus rien.
Il crève les nuages, il dessille les yeux, il donne à voir que les contes de fées antérieurs étaient pornographiques; que le monde est une partouze obscène ou tout le monde -au niveau supérieur- baise tout le monde et surtout le peuple.
Oui, dit il haut et fort, oui, et après?
Tout se passe comme s’il disait à chaque nouvelle initiative transgressive: « ils ne sont pas contents et après, »? Cela rappelle la phrase correspondante de notre transgresseur à nous, Macron: « qu’ils viennent me chercher ».
Nous sommes dans la révélation presque civilisationnelle: à savoir que les pouvoirs abandonnent sous les coups de boutoirs de la crise systémique, ils abandonnent les mythes démocratiques, républicains et même humanistes anciens. On revient au fondamental que j’ai toujours et inlassablement rappelé: « l’homme est un loup pour l’homme et celui qui fait l’ange fait la bête« .
J’ai marqué en gras la phrase de l’éditorial chinois qui pour moi résume tout.
Toute action qui affaiblit l’autorité des Nations Unies ou nie la force contraignante du droit international se retournera finalement contre la puissance hégémonique elle-même.
Cette phrase dit tout … par …ce qu’elle ne dit pas, par ce quelle révèle comme manque et défaillance: les Chinois n’ayant aucune réaction concrète et objective à opposer à ce stade à Trump ne peuvent qu’espérer que ses actions vont se retourner contre lui.
Car dans le cadre de l’ordre international bidon, en effet il n’y a rien d ‘autre à esperer;
Les Chinois vont bien sur réagir, mais ce sera ailleurs , autrement, en dehors de cet ordre international qui n’est qu’un spectacle à usage des peuples hébétés.
Vous lisez bien la seule chose à ce stade, je dis bien à ce stade, que peut et doit craindre Trump c’est que ses actions se retournent magiquement contre lui!
Quand les États-Unis « mettent Maduro en procès », le monde entier scrute également les États-Unis : éditorial du Global Times
Par Global TimesPublié le 6 janvier 2026 à 23h15
Des diplomates et des représentants étrangers se réunissent à l’occasion d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies (ONU) concernant la situation au Venezuela, le 5 janvier 2026 à New York. Photo : VCGLundi, heure locale, une réunion internationale très attendue et un « procès » tout aussi médiatisé se sont déroulés simultanément à New York.
Au siège de l’ONU à Manhattan, le Conseil de sécurité a tenu une réunion d’urgence pour discuter des tensions accrues provoquées par les actions militaires américaines contre le président vénézuélien Nicolás Maduro.
Le secrétaire général de l’ONU, plusieurs membres du Conseil de sécurité et des représentants de nombreux pays ont tous insisté sur l’impératif de respecter la Charte des Nations Unies et de s’opposer au recours à la force pour régler les différends internationaux.
Ce consensus transrégional et transpartisan souligne un point fondamental : la défense du droit international n’est pas un « choix d’intérêt » d’un seul pays, mais un consensus fondamental de la communauté internationale.
Si Washington cherche à intimider et à dissuader les autres en humiliant publiquement un chef d’État étranger, il a manifestement sous-estimé à la fois le consensus partagé et les limites fixées par la communauté internationale.
De toute évidence, les actions américaines sont dénuées de légitimité et de légalité. Une telle invasion et un tel enlèvement flagrants violent de manière manifeste toutes les normes et tous les principes fondamentaux inscrits dans la Charte des Nations Unies. Sous quelque prétexte que ce soit – sans autorisation du Conseil de sécurité et en l’absence de conditions de légitime défense – le recours à la force militaire contre un État membre souverain de l’ONU, y compris l’enlèvement de son chef d’État, constitue une agression pure et simple.
Les justifications ultérieures du gouvernement américain ne sont qu’une tentative manifeste de dissimuler la vérité : faire prévaloir des accusations « judiciaires » nationales – fondées sur des preuves ténues, voire mensongères – sur le droit international et substituer des actions militaires unilatérales aux mécanismes diplomatiques multilatéraux.
Il s’agit là, en substance, d’un comportement hégémonique unilatéral qui remet fondamentalement en cause, voire nie, la force contraignante universelle du droit international.
De telles pratiques sapent les fondements institutionnels du système international. L’égalité des États souverains, la non-ingérence dans les affaires intérieures et l’interdiction de la menace ou de l’emploi de la force sont les piliers sur lesquels repose l’ordre international d’après-guerre.
Si certains pays sont autorisés à décider, selon leur propre jugement, « qui est coupable, qui doit être puni et comment la punition doit être appliquée », le droit international se réduira à un outil appliqué de manière sélective et le mécanisme de sécurité collective établi par la Charte des Nations Unies sera vidé de sa substance.
Comme de nombreux représentants l’ont souligné lors de la réunion du Conseil de sécurité, cette question touche non seulement à la souveraineté et à la sécurité d’un État, mais aussi à la capacité du droit international à conserver son autorité et sa prévisibilité.
L’expérience historique a maintes fois démontré que substituer la force brute aux règles n’engendre pas une stabilité durable. L’immense majorité des pays refusent de retourner à une jungle internationale hobbesienne, régie par la loi du plus fort s’attaquant aux plus faibles.
Depuis la fin de la Guerre froide, les cas de contournement de l’ONU et de recours à des actions militaires unilatérales pour résoudre des problèmes politiques complexes sont loin d’être rares. Il en a souvent résulté des troubles régionaux prolongés, des effondrements de la gouvernance nationale et une aggravation des crises humanitaires. Le prix payé par la communauté internationale a été extrêmement lourd. L’environnement pacifique chèrement acquis en Amérique latine et dans les Caraïbes ne doit pas non plus être compromis par l’unilatéralisme et la politique de puissance.
Les actions militaires flagrantes des États-Unis contre le Venezuela, suivies de menaces envers la Colombie, Cuba et d’autres pays, rappellent une fois de plus au monde que la pensée impérialiste et les pratiques hégémoniques demeurent les forces les plus destructrices qui sapent la paix et la stabilité mondiales.
L’Organisation des Nations Unies est au cœur du système international actuel, et le droit international est la norme fondamentale qui régit les relations internationales. Plus la situation mondiale devient turbulente et incertaine, plus il est nécessaire de revenir au cadre des Nations Unies et de gérer les différends par des solutions politiques telles que le dialogue, la négociation et la médiation afin de prévenir toute escalade.
Lors du procès de Maduro, les États-Unis se trouvaient également sur le banc des accusés de la communauté internationale. Toute action qui affaiblit l’autorité des Nations Unies ou nie la force contraignante du droit international se retournera finalement contre la puissance hégémonique elle-même.
Aucun pays ne peut se faire gendarme du monde, ni prétendre être juge international. La communauté internationale n’a besoin ni d’une politique hégémonique fondée sur le principe du « droit de la force », ni d’un « ordre impérial » qui se place au-dessus des autres nations. Seul le respect d’un véritable multilatéralisme et la défense du droit international, ainsi que des buts et principes de la Charte des Nations Unies, permettront au système international d’éviter de sombrer dans une logique de jungle où les forts s’attaquent aux faibles, et de permettre au monde d’avancer vers un monde plus stable et plus juste.