Jack Rasmus: l’économie américaine un an après

Trump’s Economy-Year One

La vidéo est une présentation de 45 minutes suivie d’une heure de questions-réponses (Q&A) par l’économiste Jack Rasmus, donnée le 4 janvier 2026.

Elle porte sur « Trump’s Economy : Year One », analysant l’économie américaine et mondiale sous l’administration Trump en 2026.

Voici les points clés :

  • Économie réelle américaine : L’économie a stagné en 2025 avec une croissance réelle proche de 1 % (distordue par des ajustements inflationnistes sous-estimés et des bulles comme l’IA). Le PIB est gonflé artificiellement (par exemple, inclusion de la R&D et des investissements en IA). Sans l’IA, l’économie serait en récession. Prévisions pour 2026 : croissance faible (1-1,5 %), chômage en hausse (U-3 à 5 %, U-6 à 9-10 %), inflation réelle plus élevée que rapportée (ajout de 1-1,5 % due aux tarifs douaniers et assurances). Emplois en contraction, avec des enquêtes surestimant les chiffres.
  • Bulles financières : Bulles en cours sur l’IA (poussant les indices boursiers), l’or/argent (hausse de 100 % due à la dévaluation du dollar de 10 % en 2025, demandes spéculatives et accumulations par les BRICS), et les cryptomonnaies (liées à l’instabilité et à l’implication de Trump). Ces bulles enrichissent les milliardaires mais n’impactent pas l’économie réelle positivement ; l’IA devrait éclater d’ici 2 ans.
  • Tendances mondiales : Les États-Unis consolident leur empire en Amérique latine et Pacifique, abandonnant partiellement l’Europe (laissant l’Europe financer l’Ukraine).
  • Déclin matériel de l’empire : coûts annuels > 2 trillions de dollars (Pentagone, sécurité, CIA), déficit de 1,8 trillion, dette de 38 trillions avec 1,1 trillion d’intérêts. Dévaluation du dollar reflète la perte d’hégémonie ; BRICS challengent avec des monnaies adossées à l’or et systèmes de paiement alternatifs (bypassant SWIFT). Événements clés : pressions sur le Venezuela (pour le pétrole), Panama, Mexique, Équateur ; militarisation du Pacifique contre la Chine.
  • Politiques clés :
    • Tarifs douaniers et sanctions : Inefficaces ; tarifs causent des hausses d’importations anticipées et inflation, sanctions contournées par les BRICS.
    • Impôts et taux d’intérêt : Coupes fiscales (extensions de 2018) inefficaces pour stimuler l’investissement ; redirigées vers les actionnaires (1,5 trillion/an en rachats d’actions /dividendes). Politique monétaire en difficulté : baisses de taux courts par la Fed, mais taux longs stables ; impossible de remonter les taux sans crise bancaire.
    • Dépenses militaires et déficit : Insoutenables ; tarifs comme source de revenus, mais insuffisants face au déclin des achats de Treasuries par Chine, Europe.

Dans la Q&A, Rasmus répond à des questions sur les taxes sur la fortune (impact minimal car évitées par les élites), le soutien ouvrier à Trump (dû à l’échec démocrate et à des « miettes » comme l’exonération fiscale sur les pourboires), les limites de l’empire (effondrement interne par finances), la privatisation de la Sécurité sociale (poussée depuis Clinton pour injecter des fonds en bourse), et la Chine (économie en boom, non impérialiste, surpassant les USA en Parité de Pouvoir d’achat).

Rasmus voit l’économie américaine comme étant en déclin chronique plutôt qu’en récession aiguë. Il critique les distorsions statistiques (PIB, inflation, emplois) qui masquent la stagnation, attribuée à la financiarisation (priorité aux bulles et actionnaires) et à la globalisation (délocalisations). Les politiques de Trump (tarifs, coupes fiscales, militarisme) aggravent les inégalités sans relancer la croissance réelle, servant les élites capitalistes. Globalement, il lie le déclin de l’empire US à des coûts insoutenables, face à des BRICS comme contre-pouvoir émergent. Ses prédictions (croissance faible, bulles éclatant, tensions géopolitiques) reposent sur des tendances historiques mais pourraient sous-estimer la résilience du dollar ou les innovations technologiques.

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