| L’impact de l’IA reste incertain. |
| La dernière enquête de Duke auprès des directeurs financiers montre que la grande majorité d’entre eux ne constatent aucun impact de l’IA sur la productivité du travail, la rapidité de la prise de décision, la satisfaction client ou le temps consacré aux tâches à forte valeur ajoutée |
| Sources : Enquête auprès des directeurs financiers, Banque fédérale de réserve de Richmond, Banque fédérale de réserve d’Atlanta, économiste en chef d’Apollo |
| L’enquête de Duke University auprès des directeurs financiers (CFO) est globalement exacte, mais elle mérite une nuance importante : elle concerne principalement les impacts observés à ce jour, et non les attentes futures. Résultats de la dernière édition disponible (Q4 2025, publiée en décembre 2025) 1. La Duke CFO Survey, menée conjointement par l’université Duke, la Fed de Richmond et celle d’Atlanta, interroge trimestriellement des CFO sur divers sujets économiques, dont l’IA depuis quelques années. L’édition Q4 2025 (basée sur 548 réponses collectées entre novembre et décembre 2025) distingue clairement entre les impacts observés sur les 12 derniers mois et les impacts attendus sur les 12 prochains mois. Voici les points clés : Investissements en IA : Plus de la moitié des entreprises ont déjà investi dans l’IA au cours des 12 derniers mois (77,7 % pour les grandes entreprises de plus de 500 employés, contre 48,3 % pour les petites). Cela montre une adoption en cours, mais inégale selon la taille des firmes. Impacts observés (sur les 12 derniers mois) :Productivité du travail : Plus de la moitié des firmes rapportent aucun changement dû à l’IA. Seules quelques-unes notent de petites améliorations. Rapidité et précision de la prise de décision : La majorité des firmes indiquent aucun changement ; quelques-unes signalent de petites améliorations. Satisfaction client ou rétention : La plupart des firmes ne constatent aucun changement. Temps consacré aux tâches à forte valeur ajoutée : Là encore, la majorité rapporte aucun changement, avec seulement quelques petites améliorations chez certaines. En résumé, oui, la grande majorité des CFO ne constatent pas d’impact significatif actuel sur ces métriques. L’enquête ne fournit pas de pourcentages exacts au-delà de « plus de la moitié » ou « la plupart », mais cela confirme : l’IA n’a pas encore transformé ces aspects de manière mesurable pour la majorité. Impacts attendus (sur les 12 prochains mois) : Contrairement aux observations passées, un pourcentage plus élevé de firmes s’attend à des améliorations dans tous ces domaines : productivité, décision-making, satisfaction client et focus sur les tâches à haute valeur. Cependant, même pour l’avenir, les CFO ne prévoient pas d’effets majeurs sur les coûts (pas d’économies mesurables attendues) ou les niveaux d’emploi (pas de réductions significatives prévues). Les investissements en IA devraient augmenter, surtout chez les petites firmes, qui prévoient de rattraper les grandes. Cette distinction entre « observé » et « attendu » est cruciale : l’IA est vue comme un potentiel futur, mais pas encore une réalité transformative pour la plupart des entreprises Plusieurs facteurs expliquent pourquoi les impacts observés restent limités, malgré le buzz autour de l’IA : Phase d’adoption précoce : L’IA générative (comme les modèles basés sur GPT ou similaires) n’est massivement disponible que depuis 2022-2023. Beaucoup d’entreprises en sont encore à l’expérimentation ou à l’intégration partielle, sans déploiement à grande échelle. Les investissements récents (comme noté dans l’enquête) n’ont pas eu le temps de porter leurs fruits. Défis techniques et organisationnels : Intégrer l’IA nécessite des données propres, une formation des employés, et une refonte des processus. Sans cela, elle peut même créer des frictions (par exemple, des erreurs dans les décisions automatisées ou une surcharge cognitive pour vérifier les outputs IA). Des études antérieures (comme celles de McKinsey référencées dans des analyses connexes) montrent que les gains de productivité émergent souvent après 1-2 ans d’usage mature. Mesure difficile : Les métriques comme la « satisfaction client » ou le « temps sur tâches à haute valeur » sont subjectives et lentes à évoluer. Les CFO, étant des financiers, se concentrent sur des indicateurs tangibles (coûts, revenus), et l’enquête note explicitement l’absence d’économies mesurables attendues en 2026. Inégalités sectorielles et de taille : Les grandes firmes investissent plus, mais même chez elles, les impacts sont modestes. Les secteurs comme la tech ou la finance pourraient voir des gains plus rapides, tandis que l’industrie manufacturière ou les services traditionnels tardent. Contexte économique : En 2025, l’inflation persistante et les incertitudes (tarifs douaniers, élections) ont pu détourner les priorités des CFO vers des économies immédiates plutôt que des investissements long-terme en IA. Globalement, cela reflète un décalage entre le hype médiatique et la réalité opérationnelle des entreprises. L’IA excelle dans des tâches spécifiques (comme l’analyse de données ou la génération de contenu par compilation ), mais elle ne remplace pas magiquement la productivité humaine . |