LE MESSAGE DE L’ORESHNIK

Le message de l’Oreshnik
Strategika5100 
le 11 janvier 2026
Dans la nuit du 8 au 9 janvier 2026, les forces armées russes ont procédé au deuxième opérationnel déployé du missile balistique à portée intermédiaire (IRBM) Oreshnik, frappant une cible à haute priorité dans l’oblast de Lviv (Lviv), dans l’ouest de l’Ukraine.
Il ne s’agissait pas simplement d’une frappe de plus dans une longue guerre.
Le lancement d’un missile balistique capable d’atteindre une vitesse supérieure à Mach 10 (3,4 km/seconde) et de transporter des ogives nucléaires à seulement 70 kilomètres des frontières formelles de l’OTAN représente un fait très calculé ayant de profondes implications techniques et géopolitiques.
Comme lors de sa première utilisation en 2024, ce deuxième missile Oreshnik lancé sur l’Ukraine semble avoir été équipé d’ogives « factices » non explosives remplies de béton. C’est donc une frappe cinétique non explosive.
Des images diffusées sur les réseaux sociaux ont montré six véhicules de ré-entrée orbitaux percutant le sol sans provoquer d’explosion. L’énorme énergie cinétique des six ogives qui ont percuté le sol à une vélocité de Mach 5 ont provoqué de puissantes ondes de choc. Ces ondes de choc ont déclenché les mécanismes de sûreté d’une station de régulation de gaz située à proximité du site ciblé coupant temporairement l’approvisionnement en gaz à Rudno.
La destruction physique limitée souligne que l’objectif principal de ce tir était d’envoyer un signal psychologique et politique, et non d’obtenir un effet militaire tactique bien que la cible est sensible et à très haut potentiel (site industriel de réparation aéronautique)
La frappe a eu lieu quelques jours après que les principaux alliés européens de l’Ukraine auront finalisé les éléments des garanties de sécurité d’après-guerre pour l’Ukraine, qui pourraient inclure le déploiement de troupes de l’OTAN sur le territoire ukrainien après un cessez-le-feu.

En frappant Lviv/Lvov, principale porte d’entrée logistique de l’aide militaire occidentale et terrain d’opération potentiel pour ces forces futures, avec un missile à capacité nucléaire multiple, Moscou a directement menacé cette perspective. C’est en quelque sorte un entraînement.
Le déploiement d’un IRBM – un système d’arme interdit par le traité INF (Intermediate range Nuclear Forces Treaty ou Traité sur les Forces Nucléaires à portée intermédiaire) aujourd’hui obsolète – si près des frontières de l’OTAN est une démonstration e puissance.

Vladimir Poutine a personnellement présenté l’Oreshnik comme un système « invulnérable » dont l’impact cinétique est « comparable à la chute d’une météorite », l’utilisant clairement à des fins d’intimidation. Sa récente déploiement en Biélorussie étend encore davantage le rayon d’action de cette menace contre toute l’Europe.

Pour l’instant, la plus grande puissance de l’Oreshnik réside dans son impact psychologique. Il s’agit d’un rappel tangible et rapide à Kiev et à ses « souteneurs » occidentaux que Moscou dispose d’options d’escalade dans son arsenal et qu’elle est prête à les utiliser à des fins démonstratives.

Cependant, tant qu’il ne sera pas déployé de manière cohérente avec des ogives conventionnelles ou thermo-nucléaires réelles, son rôle principal restera celui d’une arme d’intimidation et d’un outil de coercition lié au nucléaire

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