Cette opération a surpris le secteur en créant un précédent : le rachat d’une entreprise chinoise d’un secteur stratégique par son concurrent américain.
Les autorités chinoises viennent d’annoncer l’ouverture d’une enquête afin de déterminer si la réglementation stricte en matière de contrôle des exportations a été enfreinte.
La tentative de l’entreprise chinoise de se « dé-chinoiser » (en rompant tous ses liens apparents avec la Chine pour internationaliser ses activités) a attiré l’attention des autorités : dans les six mois précédant son rachat, Manus a transféré son siège à Singapour et a licencié la grande majorité de ses employés afin d’accéder en priorité aux investissements de fonds américains et de préparer son acquisition par Meta.
Outre la dimension stratégique de l’IA et la question de la légalité de la transaction au regard des restrictions chinoises à l’exportation, ce rachat d’un fleuron de la technologie chinoise par un concurrent étranger soulève la question de l’accès des entreprises privées à un vivier de talents formés localement par l’État, ainsi qu’à un écosystème réunissant universités et entreprises privées, et par conséquent à des financements publics dont les résultats sont ensuite vendus à l’étranger, sans aucun retour sur investissement en Chine (emplois, impôts, propriété intellectuelle, souveraineté technologique, etc.).
Cette transaction est d’abord passée inaperçue, mais il serait surprenant que les autorités ne la détectent pas laissant ainsi s’installer une tendance dangereuse pour la souveraineté technologique chinoise.