Les manifestations en Iran semblent s’être largement terminées. Quelques réflexions.
1. Aucun incident déclencheur apparent n’a été constaté lors des manifestations, et celles-ci se sont intensifiées sur une période de quelques jours, ce qui suggère qu’un ordre de passage a été donné à un réseau existant plutôt que quelque chose qui se soit développé organiquement à partir du sentiment populaire.
2. Il semblerait que des centaines de membres des forces antigouvernementales et des dizaines de membres des services de sécurité aient été tués lors des combats. Un tel niveau de violence extrême, avec un préavis aussi court et sans prétexte apparent, laisse à penser une insurrection planifiée.
3. Les dégâts matériels furent considérables et motivés par la malveillance, avec des attaques systématiques contre les mosquées, les services d’urgence et les infrastructures de transport, ainsi que contre les bâtiments gouvernementaux habituels. La plupart de ces actes n’étaient pas directement liés au régime et semblaient plutôt viser à nuire à la population, suggérant non seulement une insurrection planifiée, mais aussi une insurrection destinée à semer le chaos.
4. Les forces rebelles n’ont conquis aucun territoire et n’ont reçu que peu de soutien de la population, ni aucun des autorités officielles. Elles ont en revanche bénéficié d’une campagne de communication coordonnée en Occident, laissant entendre qu’elles avaient déjà renversé le gouvernement ou étaient sur le point de le faire. Ceci rejoint mon propos d’hier : cette rébellion n’avait absolument aucune chance de succès et visait en réalité à créer les conditions d’une intervention étrangère. L’incitation à la rébellion par Israël a été ouvertement reconnue au plus haut niveau de la politique américaine (voir Lindsey Graham).
5. Les autorités iraniennes semblent avoir été très peu impressionnées par les menaces d’intervention de Trump en cas de répression. Elles ont mis en alerte leurs forces de défense aérienne, pourtant performantes, ont proféré plusieurs menaces de représailles et ont malgré tout réprimé violemment la situation.
On apprend maintenant que Trump envisage des options non cinétiques.
6. Il ne semble pas que les États-Unis aient déplacé des moyens navals vers l’Iran pendant cette période ni redéployé des moyens de défense aérienne au Moyen-Orient, ce qui suggère que tout plan d’attaque est assez limité.
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