Les dépêches

États-Unis : pris à la consommation, CPI (déc.) : 0,3 % en glissement mensuel comme prévu (précédemment : 0,3 %)

  • Le CPI américain affiche un rebond limité après les distorsions liées à la fermeture des entreprises, l’inflation annuelle globale restant à 2,7 % et l’inflation sous-jacente à 2,6 %, inférieure aux 2,7 % attendus.
  • Les pressions inflationnistes se concentrent principalement dans le secteur des services, avec une hausse de 3,0 % en glissement annuel en décembre, conforme au taux de 3,0 % enregistré en novembre.
  • Le secteur des biens de base (hors énergie et alimentation) a enregistré une hausse de 1,4 % sur un an, conforme à celle de novembre et déjouant les prévisions de reprise, probablement en raison d’un repli de 1,3 % sur un mois des véhicules d’occasion. En revanche, la catégorie la plus sensible aux droits de douane, à savoir l’ameublement et les fournitures pour la maison, a connu une accélération de sa croissance, passant de 2,6 % à 3,4 % sur un an.
  • Les coûts du logement ont rebondi : ils ont augmenté de 3,1 % sur un an, un taux supérieur à celui de 3,0 % enregistré en novembre. La hausse mensuelle s’établit à 0,4 %.
  • En ce qui concerne les perspectives d’inflation, le présent rapport confirme l’amélioration enregistrée en novembre et apporte des garanties supplémentaires aux membres les plus pessimistes du Comité, renforçant ainsi le recentrage des efforts sur l’évolution du marché du travail.

États-Unis : Indice d’optimisme de la NFIB concernant les petites entreprises (décembre) : 99,5 contre 99,2 attendus (précédemment : 99,0)

  • Le moral des petites entreprises s’est amélioré en décembre, porté par des perspectives plus favorables concernant la conjoncture économique future.
  • Les pressions inflationnistes ont montré des signes d’apaisement, avec une modération des hausses de prix tant effectives que prévues.
  • Toutefois, les signaux du marché du travail étaient mitigés : les intentions d’embauche ont ralenti, mais le nombre d’offres d’emploi est resté élevé.

États-Unis : Ventes de logements neufs (octobre) : 737 000 contre 715 000 attendus (précédemment : 738 000)

  • Les ventes de logements ont reculé de seulement 0,1 % en octobre, un résultat bien meilleur que la baisse de 10,6 % attendue, après une hausse de 3,8 % en septembre.
  • Cependant, la révision à la baisse des données estivales a tempéré cet optimisme. Le prix médian des logements a chuté de 8 % sur un an, pénalisé par des stocks excédentaires.

[CNBC] Le S&P 500 bondit après la publication de données sur une inflation sous-jacente faible qui alimentent les espoirs d’une baisse des taux

[Reuters] Le yen chute à son plus bas niveau depuis juillet 2024, le dollar sous pression

[Yahoo/Bloomberg] Les projets d’élections anticipées de Takaichi au Japon font chuter le yen, les obligations et les actions

[CNBC] Les prix à la consommation ont augmenté en décembre à un rythme annuel de 2,7 %, comme prévu.

[Yahoo/Reuters] Les banquiers centraux du monde entier défendent Jerome Powell, président de la Fed, face aux menaces de Trump.

[CNBC] Les banquiers centraux du monde entier s’unissent pour défendre le président de la Fed, Jerome Powell.

[Axios] Comment la relation Trump-Powell s’est détériorée, sur fond d’enquête sans précédent du ministère de la Justice

[Yahoo/Bloomberg] Trump risque de faire basculer la trêve commerciale entre les États-Unis et la Chine avec sa promesse de droits de douane sur l’Iran

[Axios] Wall Street essuie le déluge de la politique économique de Trump

[Yahoo/Bloomberg] Le Groenland appelle l’OTAN à garantir sa défense face aux menaces américaines

[Axios] Un républicain de la Chambre des représentants présente un projet de loi autorisant Trump à annexer le Groenland

[Yahoo/Telegraph] Le gouverneur de la Banque d’Angleterre s’en prend à l’enquête de Trump sur le président de la Fed

[AP] Des sources en Iran décrivent un dispositif de sécurité renforcé et des dégâts épars dans leurs premiers appels à l’extérieur.

[Bloomberg] Jeanine Pirro s’en prend à Powell, sans se soucier des réactions négatives.

[Bloomberg] Une Fed qui riposte menace le plan de mainmise de Trump

[Bloomberg] Trump affirme que les géants de la technologie doivent prendre en charge le coût de l’électricité des centres de données

[Bloomberg] La volatilité de l’IA perturbe les investisseurs boursiers à la recherche de la prochaine vague de gagnants

[Bloomberg] Les hedge funds transforment le chaos en or et réalisent leurs meilleurs gains depuis 16 ans

[Bloomberg] La montée en puissance militaire de l’Allemagne ravive de vieilles craintes en France

[Bloomberg] Les pertes assurées liées aux incendies de forêt, aux tempêtes et aux inondations atteignent un niveau record

[NYT] Un haut responsable de la Fed se montre peu enclins à l’idée de baisser les taux immédiatement.

[WSJ] La confiance des petites entreprises américaines progresse grâce à des perspectives plus favorables

[WSJ] Les banquiers centraux du monde entier se précipitent pour défendre Powell, le président de la Fed.

[WSJ] Les alliés et les responsables de Trump craignent des répercussions suite à l’enquête sur Powell

[WSJ] Des sénateurs républicains critiquent l’enquête visant le président de la Fed, Jerome Powell

[WSJ] Le président de la Réserve fédérale de New York défend son poste face à l’enquête

[WSJ] Le plus grand opérateur de réseau électrique américain a un problème d’IA : trop de centres de données

[WSJ] Des experts militaires rejettent la logique de Trump selon laquelle les États-Unis doivent posséder le Groenland pour le défendre.

[WSJ] Les catastrophes naturelles de moindre ampleur ont engendré des coûts d’assurance records l’an dernier.

[FT] Les dirigeants des banques centrales « affichent leur pleine solidarité » avec Jay Powell

[FT] La guerre juridique vise le dollar[FT] [WSJ] Des experts militaires rejettent la logique de Trump selon laquelle les États-Unis doivent posséder le Groenland pour le défendre.

EN PRIME

FINECO

Le verdict pour les droits de douane est attendu demain et il est temps de faire un point sur le sujet !

D’abord, il faut bien comprendre ce que signifie vraiment une éventuelle annulation des droits de douane de Trump. Ce que la Cour peut censurer, ce n’est pas les droits de douane en général mais la base juridique utilisée pour les imposer.

Ensuite, il faut arrêter l’idée que l’administration Trump serait coincée si une voie légale saute. Les États-Unis ont un arsenal commercial extrêmement large parce que le Congrès a, depuis des décennies, délégué énormément de pouvoir au président sur les questions de commerce, surtout quand on invoque l’urgence, la sécurité nationale ou les déséquilibres externes. Concrètement, même si une loi tombe, il y a toujours une autre porte entrouverte.

Il y a d’abord les outils temporaires, comme la Section 122 du Trade Act de 1974. Ce n’est pas très élégant juridiquement mais c’est rapide : jusqu’à 15% de droits de douane pendant 150 jours pour répondre à un déséquilibre extérieur. Ce genre de mécanisme est parfait pour maintenir la pression politique et économique pendant qu’on prépare un dispositif plus solide.

Il y a ensuite la Section 232 du Trade Expansion Act de 1962, celle que Trump a déjà utilisée pour l’acier, l’aluminium et qu’il menaçait d’utiliser sur l’automobile. Là, on entre dans le registre de la sécurité nationale : les tribunaux américains laissent énormément de marge de manœuvre à l’exécutif sur ce terrain. C’est juridiquement beaucoup plus robuste et politiquement très défendable dans un contexte électoral. C’est clairement l’outil le plus puissant et le plus crédible.

Enfin, il y a des textes plus anciens et plus radicaux, comme la Section 338 du Tariff Act de 1930 qui permet d’aller jusqu’à 50 % de droits de douane en cas de discrimination commerciale contre les États-Unis. C’est lourd, conflictuel, risqué en termes de représailles mais ça existe.

Tout ça pour dire une chose simple : une décision de la Cour suprême serait un revers tactique, pas un blocage stratégique. À partir de là, la vraie question devient : est-ce que c’est mauvais pour les marchés financiers, et en particulier pour les actions ?

Les marchés pricent les effets macro. Peu importe que les tarifs passent par telle ou telle section de loi, ce qui compte, c’est l’ampleur du choc, sa durée et sa capacité à casser la dynamique de croissance. Il faut aussi comprendre que les droits de douane ne sont pas automatiquement anti-actions car ils peuvent aussi être pro-profits pour certaines entreprises domestiques. Ils protègent la production locale, renforcent le pricing power de certains secteurs et déplacent la valeur au sein du marché plutôt que de la détruire globalement. Le S&P 500 reste très domestique dans ses revenus et les grandes capitalisations ont des marges suffisantes pour absorber une partie du choc.

Il y a aussi un élément politique que les marchés connaissent très bien, même s’ils ne le disent jamais explicitement : Trump n’aime pas les marchés qui chutent. Il veut une économie qui tourne, un immobilier soutenu, un sentiment de prospérité. S’il voit que les marchés décrochent trop violemment, il ralentira, il modulera, il négociera. Ce n’est pas idéologique, c’est électoral.

Là où je suis plus prudent, c’est sur la dispersion car tout le monde ne gagne pas. Les secteurs très dépendants des importations, les modèles à marges fines, la consommation bas de gamme ou certaines chaînes de distribution mondialisées peuvent clairement souffrir.

Au final, mon sentiment est le suivant : on quitte un monde confortable, liquide et relativement prévisible pour entrer dans un régime de marché plus politique, plus heurté, beaucoup plus headline-driven. Plus de volatilité, plus de rotations, plus d’écarts entre gagnants et perdants.

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