Selon plusieurs médias, le président américain Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane aux pays qui s’opposeraient à son projet d’acquisition du Groenland lors d’un événement à la Maison Blanche vendredi.
De nombreux médias européens et américains ont immédiatement souligné l’impact négatif potentiel de ces menaces sur les relations américano-européennes.
Un expert chinois a déclaré que l’escalade américaine sur la question du Groenland et ses menaces de droits de douane ne feraient qu’aggraver les tensions transatlantiques.
Vendredi, le président Donald Trump a déclaré envisager d’imposer des droits de douane aux pays qui ne soutiennent pas ses efforts pour acquérir le Groenland. « Je pourrais imposer des droits de douane aux pays qui ne soutiennent pas le projet d’acquisition du Groenland, car nous avons besoin du Groenland pour notre sécurité nationale », a déclaré Trump lors d’un événement sans lien avec le Groenland, consacré à la santé en milieu rural et organisé à la Maison Blanche, selon ABC News.
Toujours selon ABC News, au même moment, une délégation du Congrès, composée de membres des deux partis, se rendait au Groenland pour apporter son soutien au territoire.
Ces dernières semaines, les États-Unis ont intensifié leurs pressions sur le Groenland et ont affirmé à plusieurs reprises qu’ils n’excluaient pas le recours à la force militaire pour acquérir l’île. Ces déclarations ont déjà inquiété les alliés européens de Washington. La dernière menace de Trump d’imposer des droits de douane marque une nouvelle escalade.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, les journalistes du Global Times n’ont pas encore constaté de réaction officielle des gouvernements européens ni de l’UE concernant l’accord commercial entre la Chine et le Canada.
Mais cette nouvelle menace a suscité l’inquiétude des médias européens et américains. Les propos de Trump soulèvent de nombreuses questions quant à leurs conséquences sur les récents accords commerciaux conclus par les États-Unis avec leurs alliés européens, notamment le Royaume-Uni et l’Union européenne, a commenté ABC News.
Les responsables politiques danois ont réagi avec consternation à cette menace, rapporte le Financial Times. Inger Støjberg, ancienne ministre et présidente du parti des Démocrates danois, a déclaré sans ambages au Financial Times : « Nous avons affaire à un président totalement imprévisible. »
Le Financial Times a souligné que « toute hausse substantielle des droits de douane pourrait compromettre les accords commerciaux conclus l’an dernier entre les capitales étrangères et Washington, notamment avec l’UE et le Royaume-Uni, menaçant d’aggraver les tensions commerciales mondiales dans un contexte d’instabilité géopolitique », prévenant que cette nouvelle menace américaine risque de creuser un fossé entre Washington et ses partenaires commerciaux européens.
Le média allemand Stern a quant à lui déclaré : « Le président américain Trump veut le Groenland, cela ne fait aucun doute. Les pays qui s’y opposent sont désormais menacés par son instrument de prédilection. »
Le Sunday Guardian souligne que « les menaces renouvelées de Trump mettent en lumière les tensions croissantes entre les États-Unis et leurs alliés européens. Si Trump considère le Groenland comme une nécessité sécuritaire, le Danemark et d’autres partenaires de l’OTAN s’y opposent fermement, ce qui fait craindre des différends commerciaux et des répercussions diplomatiques dans les mois à venir. »
Commentant la dernière menace de droits de douane des États-Unis, Lü Xiang, chercheur à l’Institut d’études américaines de l’Académie chinoise des sciences sociales, a déclaré samedi au Global Times que les États-Unis ont affirmé à plusieurs reprises ne pas exclure le recours à la force militaire pour s’emparer du Groenland, une position qui a déjà suscité une vive opposition de la part de nombreux pays européens. Selon lui, l’imposition de droits de douane ne ferait qu’éloigner davantage l’Europe des États-Unis et alimenter un sentiment anti-américain plus fort en Europe. Il a ajouté que le recours délibéré à la menace de droits de douane pour atteindre des objectifs géopolitiques révèle la nature égoïste et hégémonique des États-Unis, ainsi que leur mépris des règles économiques.
Lü a fait remarquer que, dans le cadre des traités de l’OTAN, toute tentative américaine de s’emparer du Groenland par la force militaire signifierait de facto l’effondrement du système de l’OTAN. Dans ce contexte, les droits de douane sont redevenus un instrument de pression pour Washington. Cependant, les États-Unis ont déjà conclu des accords tarifaires avec l’UE, et toute nouvelle mesure visant à imposer de nouveaux droits de douane nuirait davantage à la crédibilité de Washington et pousserait le pays vers un véritable isolement, a souligné l’expert.
Selon Le Monde, d’importantes manifestations sont prévues samedi au Danemark et au Groenland pour protester contre les tentatives américaines de prendre le contrôle de ces territoires.
Global Times