Document qui prouve une souveraineté Danoise sur le Groenland, que personne -et surtout pas les Etats Unis- ne peuvent contester, Trump ment comme d’habitude.

Le 4 août 1916, le gouvernement américain déclara au gouvernement danois qu’il ne s’opposerait pas à ce que le Danemark étende ses intérêts au Groenland à l’ensemble de l’île.

Cette déclaration pouvait paraître surprenante, compte tenu de la doctrine Monroe de 1832, qui visait à limiter le colonialisme européen.

Elle ouvrit la voie à la reconnaissance de la souveraineté danoise sur le Groenland par d’autres nations.

D’un trait de plume de leur ministre des Affaires étrangères, les Américains ont reconnu la souveraineté danoise sur l’ensemble du Groenland.

La déclaration (reproduite ci-dessous) a été jointe en annexe au contrat concernant la vente des Antilles danoises aux États-Unis, les deux documents ayant été signés le 4 août 1916.

Le ministre américain des Affaires étrangères, Robert Lansing (1864-1928), a signé la déclaration au nom des États-Unis pour soutenir la revendication de souveraineté du Danemark sur le Groenland

.Depuis 1721, le Danemark était principalement présent sur la côte ouest du Groenland, mais à partir des années 1880, de nombreuses expéditions danoises commencèrent à atteindre les régions auparavant inaccessibles du nord et de l’est du Groenland.

En 1894, Ammassalik (aujourd’hui Tasiilaq), sur la côte est, devint par exemple un comptoir commercial permanent. Un comptoir privé fut fondé à Thulé (aujourd’hui Qaanaaq), au nord du Groenland, en 1909-1910, avant d’être vendu à l’État danois en 1937.

Cette déclaration était extrêmement importante.

Premièrement, cette déclaration était perçue comme une violation de la doctrine Monroe, en vigueur depuis longtemps. Cette doctrine découlait d’une déclaration du président américain James Monroe en 1823, stipulant notamment que toute avancée ou intervention européenne dans l’hémisphère occidental, y compris au Groenland, serait intolérable et considérée comme un acte hostile par les États-Unis.

Le Danemark tentait de coloniser l’intégralité du Groenland depuis les années 1880. Cette déclaration, d’un simple trait de plume, impliquait que les Américains reconnaissaient légalement la souveraineté danoise sur l’ensemble du Groenland.

Deuxièmement, cela a ouvert la voie à l’acceptation de la revendication danoise par d’autres États. En effet, seul le gouvernement norvégien s’y est ouvertement opposé. À cette époque, la Norvège souhaitait développer ses activités dans l’Arctique afin d’améliorer son industrie de la pêche.

Les Antilles danoises ont été cédées aux États-Unis le 31 mars 1917 et ont été dès lors appelées les Îles Vierges américaines. Le 21 mai 1921, le Danemark a officiellement déclaré que l’ensemble du Groenland était sous domination danoise.

Cette déclaration, annexée à un contrat de vente des Antilles danoises aux États-Unis, fut signée par le ministre américain des Affaires étrangères, Robert Lansing.

L »original peut etre aux Archives nationales danoises (Rigsarkivet)

DÉCLARATION.

En procédant aujourd’hui à la signature de la Convention relative à la cession des Antilles danoises aux États-Unis d’Amérique, le soussigné Secrétaire d’État des États-Unis d’Amérique, dûment autorisé par son Gouvernement, a l’honneur de déclarer que le Gouvernement des États-Unis d’Amérique ne s’opposera pas à ce que le Gouvernement danois étende ses intérêts politiques et économiques à l’ensemble du Groenland.

Robert Lansing.New York, le 4 août 1916

EN PRIME

Contexte Historique de la Déclaration Américaine de 1916

La déclaration des États-Unis sur la souveraineté danoise sur le Groenland, datée du 4 août 1916, est un document diplomatique bref mais pivotal, émis par le secrétaire d’État américain Robert Lansing.

Comme indiqué elle est annexée au traité de cession des Antilles danoises (aujourd’hui les Îles Vierges américaines) aux États-Unis.

Ce traité, signé le même jour à New York, marque la vente de ces territoires coloniaux danois pour 25 millions de dollars en or (environ 722 millions de dollars actuels ajustés à l’inflation).

Cette somme était substantielle pour l’époque, reflétant les intérêts stratégiques américains dans les Caraïbes, particulièrement en pleine Première Guerre mondiale, où les États-Unis craignaient que l’Allemagne n’utilise ces îles comme base pour des sous-marins.

Pour replacer cela dans un cadre plus large, le Groenland, la plus grande île du monde, a une histoire coloniale danoise remontant au XVIIIe siècle.

Dès 1721, le missionnaire norvégien Hans Egede, sous mandat danois, établit des colonies sur la côte ouest, principalement pour des raisons commerciales (fourrures, pêche) et missionnaires. Cependant, jusqu’au XIXe siècle, la présence danoise se limitait à des zones côtières accessibles, laissant le nord et l’est inexplorés en raison des conditions arctiques extrêmes.

À partir des années 1880, des expéditions danoises, comme celles de Knud Rasmussen ou de l’explorateur Gustav Holm à Ammassalik (Tasiilaq) en 1884-1885, étendent progressivement l’influence danoise. En 1910, un comptoir privé est fondé à Thulé (Qaanaaq), racheté par l’État danois en 1937.

Ces efforts visaient à contrer les revendications potentielles d’autres puissances, notamment la Norvège, qui, après son indépendance en 1905, cherchait à développer ses intérêts arctiques pour la pêche et la chasse.

La doctrine Monroe, énoncée en 1823 par le président James Monroe, joue un rôle central dans l’interprétation de cette déclaration. Cette politique étrangère américaine visait à empêcher toute nouvelle colonisation ou intervention européenne dans l’hémisphère occidental, considéré comme la sphère d’influence exclusive des États-Unis. Le Groenland, géographiquement proche de l’Amérique du Nord, tombait sous cette doctrine, et toute expansion européenne y était théoriquement vue comme hostile.

Pourtant, en 1916, les États-Unis choisissent de ne pas s’opposer à l’extension danoise, ce qui semble contredire Monroe. Ce « trait de plume » de Lansing, comme le décrit le texte, est une reconnaissance implicite de la souveraineté danoise sur l’ensemble de l’île, y compris les régions non encore pleinement contrôlées.

Cette déclaration n’est pas un acte gratuit , mais un calcul diplomatique pragmatique.

Le Danemark, affaibli économiquement et craignant une saisie allemande de ses colonies (l’Allemagne avait envahi le Danemark neutre en 1940, mais en 1916, les tensions montaient), insistait pour inclure une clause sur le Groenland comme condition à la vente.

Les États-Unis, sous la présidence de Woodrow Wilson, acceptent cette demande pour sécuriser les îles, stratégiquement vitales pour contrôler les routes maritimes atlantiques et caribéennes. En échange, ils obtiennent une reconnaissance formelle qui évite toute ambiguïté future sur la souveraineté danoise, tout en maintenant une porte ouverte à leurs propres intérêts arctiques.

Cela représente une entorse apparente àla doctrine Monroe , car elle tolère une « extension » européenne dans l’hémisphère occidental. Cependant, l’analyse historique nuance cela. La doctrine visait principalement les puissances impérialistes hostiles comme l’Espagne ou la Russie, pas un allié neutre comme le Danemark. De plus, en 1916, les États-Unis sont sur le point d’entrer en guerre aux côtés des Alliés (en 1917), et consolider des alliances avec des nations scandinaves était stratégique.

Certains historiens, comme Bo Lidegaard, questionnent même l’utilité réelle de cette déclaration pour le Danemark, arguant que les États-Unis n’avaient jamais contesté sérieusement la souveraineté danoise auparavant.

Néanmoins, elle a servi de levier diplomatique pour le Danemark face à d’autres rivaux.

Comme le note le texte, elle ouvre la voie à une reconnaissance internationale. Seule la Norvège s’oppose ouvertement, occupant des territoires à l’est du Groenland en 1931 (Eirik Raudes Land), ce qui mène à un arbitrage devant la Cour Permanente de Justice Internationale en 1933. La cour confirme la souveraineté danoise sur l’ensemble de l’île, citant les efforts continus du Danemark depuis des siècles.

Sans la déclaration américaine de 1916, cette victoire juridique aurait pu être plus contestée.

Le Groenland, riche en ressources minérales (zinc, uranium, terres rares) et stratégique pour la surveillance arctique, attire l’attention.

En 1916, les États-Unis anticipaient peut-être des intérêts futurs ; cela se concrétise pendant la Seconde Guerre mondiale, où ils prennent le contrôle défensif du Groenland avec l’accord du gouvernement danois en exil (1941), sans altérer la souveraineté.

L’accord de défense de 1951 réaffirme explicitement la souveraineté danoise sur l’île, tout en autorisant des bases américaines comme Thulé.

Au-delà de 1916, la souveraineté danoise s’officialise en 1921, lorsque le Danemark déclare l’île entière sous son contrôle. En 1953, le Groenland passe du statut de colonie à celui de comté danois intégré, puis obtient l’autonomie en 1979 (Home Rule) et une autodétermination accrue en 2009, reconnaissant les Groenlandais comme un peuple distinct avec droit à l’indépendance via référendum.

Cela reflète une décolonisation progressive, influencée par les mouvements autochtones inuits.

Aujourd’hui, en 2026, le Groenland est un enjeu géopolitique en raison du changement climatique, qui ouvre de nouvelles routes maritimes et expose des ressources.

Des tensions émergent aussi avec la Chine, intéressée par les minerais, et la Russie pour l’Arctique.

La déclaration de 1916 reste un pilier légal, pour affirmer que les États-Unis ont historiquement eux mrmr soutenu la position danoise.

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