Albert Edwards est un stratège global et économiste chez Société Générale connu pour ses vues baissières et relativement atypiques sur les marchés. Sa réputation a baissé mais il continue de retenir l’attention.
Il fait référence à une colonne du Financial Times (FT) intitulée « Unhedged », rédigée par Robert Armstrong , un commentateur financier américain.
Edwards parle de « claire et accablante description de l’incompétence maligne des banques centrales au cours des dernières décennies ».
Bon ce n’est pas moi qui vais me plaindre si on éreinte les gnomes, je leur délivre régulièrement mes volées de bois vert!
Le tweet met en lumière le concept de « dominance fiscale » (fiscal dominance), que j’ai utilisé pour la première fois en Janvier 2021 pour désigner les situations où les politiques fiscales des gouvernements contraignent les banques centrales à monétiser la dette, à réprimer les épargnants, à devenir assureur de dernier ressort, et à enrichir les déjà riches. Les Banques centrales deviennent subordonnées.
Le contenu principal est une citation extraite de l’article du FT, qui critique les actions des banques centrales après la Grande Crise Financière (GFC) de 2008 .
Elles ont tenté de faire passer l’inflation de ~1,7 % à 2 % sans justification théorique ou empirique solide.
Elles ont refusé toute baisse des marchés d’ actions ou recul de l’économie évitant ainsi tout assainissement à la Schumpeter, lui qui prônait la « destruction créative ».
Elles ont adopté un système de « réserves excédentaires/amplifiées » avec ses conséquences sur l’endettement.
Elles ont ignoré le risque moral (moral hazard), bafouant les principes de Bagehot (théorie du prêteur en dernier ressort), et perturbé la fixation libre des prix et la découverte des prix.
Résultat : les gouvernements ont perdu toute discipline budgétaire, car les banques centrales leur ont permis d’apprendre de « leçons terribles et dommageables ». Nous sommes désormais « tous piégés ».
Edwards accuse donc les banques centrales (notamment la Fed) d’avoir protégé les marchés des conséquences de dépenses publiques imprudentes et d’un endettement financier élevé, rendant le système précaire et obligeant à des interventions constantes, aggravant ainsi le risque moral.
C’est le point de vue que je développe depuis la mi mars 2009 date à laquelle j’ai expliqué que nous entrions dans « l’Hotel California sans possibilité de Check out, nous avons brulé les vaisseaux, maintenant c’est marche ou crève sous le règne du toujours plus »,
Edawards découve l’évolution inéluctable du capitalisme financier, régime ou les banques centrales sont devenues des « sauveurs permanents » plutôt que des gardiens de la stabilité.
Plus les interventions sont fréquentes, plus le « risque moral » s’amplifie, rendant les crises futures inévitables et plus sévères.
Mais nous avons déjà tourné la page de la domination fiscale, maintenant nous sommes sous domination financière; la domination financière c’est la situation ou la Banque Centrale est otage des marchés financiers, elle ne peut plus leur déplaire, leur faire perdre de l’argent , elle doit leur obéir car si elle ne le fait pas, c’est la crise financière , la super crise financière, celle que l’on a voulu éviter en 2009 .
Plus tard nous passerons à la domination monétaire , situation dans laquelle la politique des banques centrales sera otage des situations monétaires fragiles et désespérées.
En 2009 les Banques Centrales se sont révélées otages des banques et en 2026 elles sont otages des Bourses ce qui est devenu normal car la Bourse remplit les fonctions d’une colossale banque mais au lieu d’être gouvernée par la rationalité et le savoir elle est gouvernée par les animal spirits et la folie du jeu.
EN PRIME
La Dominance Fiscale et le Piège Systémique
Le cœur de l’analyse est la « dominance fiscale » : les déficits publics massifs (aux États-Unis, dette à plus de 120 % du PIB en 2026) forcent les banques centrales à monétiser la dette via des achats d’obligations, subordonnant la politique monétaire à la fiscale.
Les banques centrales ont « protégé » les marchés des conséquences de dépenses imprudentes, augmentant l’endettement et rendant le système « précaire ». Résultat : la Fed n’a plus le choix et doit intervenir à chaque soubresaut, aggravant le piège (un cercle vicieux de moral hazard).
Historiquement, cela remonte au QE post-GFC, qui a gonflé les bilans des banques centrales et habitué les marchés à une volatilité supprimée. En 2026, avec des rendements obligataires en hausse synchronisée depuis 2020, la monétisation est inévitable
L’article du FT relie cela à l’enquête de Trump sur Powell , questionnant son indépendance. Les marchés restent indifférents, voyant l’indépendance comme une « abstraction » vide face à des déficits insurmontables.
Conséquences Économiques de la domination fiscale et maintenant domination financière; inflation des actifs financiers (actions x5 depuis 2008, salaires stagnant vs. inflation modérée des biens.
Les actionnaires s’enrichissent, les salariés sont à la peine