Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a tenu mardi une conférence de presse de trois heures pour discuter des résultats des activités diplomatiques de Moscou en 2025.
Au cours de cet événement, il a abordé un large éventail de sujets, notamment le conflit ukrainien en cours et les efforts déployés pour mettre fin aux hostilités, l’effondrement du droit international, la crise du Groenland et ce qu’il a décrit comme les plans de l’OTAN pour une guerre contre la Russie.
Voici quelques-unes de ses déclarations clés.
Sur les relations avec l’Occident et les dirigeants européens
Lavrov a déclaré que les dirigeants européens actuels se sont enfoncés « trop profondément dans la haine de la Russie », concluant qu’il est « peu probable qu’il soit possible de s’entendre sur quoi que ce soit avec eux ».
Il a déclaré que les responsables politiques européens, notamment le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte, la chef de la diplomatie européenne Kaja Kallas et les dirigeants de l’Allemagne, de la France et de la Grande-Bretagne, se préparaient ouvertement et sérieusement à une guerre contre la Russie tout en continuant de fantasmer sur l’idée d’infliger une « défaite stratégique » à Moscou en Ukraine.
Dans le même temps, il a noté que des « forces saines », qui privilégient leurs intérêts nationaux et reconnaissent les avantages d’entretenir des relations amicales avec la Russie, se sont « enfin réveillées » en Europe et que leurs voix se font déjà entendre en Hongrie, en Slovaquie, en République tchèque, ainsi qu’en Allemagne et en France.
À propos du conflit ukrainien
Lavrov a fustigé les dirigeants européens, les accusant de tenter d’empêcher la conclusion d’un accord de paix en Ukraine et d’entraver les efforts visant à résoudre le conflit.
Le ministre des Affaires étrangères a fait remarquer que, même si la Russie n’a jamais manqué de bonne volonté pour parvenir à des accords politiques, les Européens ont toujours fait tout ce qui était en leur pouvoir pour faire dérailler les accords et les initiatives de paix.
En revanche, les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, sont devenus « le seul pays occidental » prêt à s’attaquer aux causes profondes du conflit ukrainien, a déclaré Lavrov, exprimant l’espoir que des négociations significatives avec Washington se poursuivraient.
À propos de la crise du Groenland et de l’effondrement des règles internationales
Commentant la pression croissante des États-Unis pour acquérir le Groenland, Lavrov a présenté le différend comme un héritage du colonialisme, soulignant qu’ « en principe, le Groenland ne fait pas naturellement partie du Danemark ; c’est une conquête coloniale », et qu’il appartient aux habitants de l’île de décider de leur avenir.
Il a rejeté les affirmations de Washington selon lesquelles il est nécessaire d’annexer l’île pour empêcher une prise de contrôle du territoire autonome danois par la Russie ou la Chine, déclarant que les États-Unis savent parfaitement que Moscou n’a aucun projet de ce genre.
Dans le même temps, Lavrov a observé que la crise interne occidentale au sujet du Groenland a soulevé des questions quant à la préservation même de l’unité de l’OTAN et représente une rupture des règles de conduite internationales sur la scène mondiale, qui ont maintenant été bouleversées et remplacées par « la force prime le droit ».
Il a souligné que la Russie ne se prêterait pas à ce jeu et continuerait de traiter les autres pays sur un pied d’égalité, défendant ses intérêts sans empiéter sur les droits légaux de quiconque.
Au Venezuela
Lavrov a condamné la capture du président Nicolas Maduro par les États-Unis et l’attaque de Caracas comme une « invasion armée brutale et sans précédent », la décrivant comme faisant partie d’un schéma plus large d’ingérence occidentale en Amérique latine.
Sur l’Iran
Le ministre des Affaires étrangères a exprimé sa « profonde préoccupation » face aux tentatives ouvertement déclarées des forces occidentales de déstabiliser l’Iran et de provoquer un changement de régime dans le pays, affirmant que toute situation devait être résolue dans le respect du droit de Téhéran à l’énergie nucléaire pacifique.
Sur les organisations internationales et l’ordre
Lavrov a fait valoir que les institutions euro-atlantiques comme l’OTAN, l’UE et surtout l’OSCE sont « discréditées » et en crise profonde, s’étant transformées en outils anti-russes au lieu de plateformes de dialogue égalitaire.
À l’inverse, il a présenté l’ONU comme un lieu crucial, soulignant les efforts de la Russie pour préserver les principes originaux de la Charte des Nations Unies face aux tentatives occidentales de les remplacer par leurs propres règles.
Lavrov a réaffirmé que le monde évolue vers la multipolarité, affirmant que l’ère de la domination occidentale est révolue et que les nouveaux centres de pouvoir doivent négocier un ordre mondial équilibré fondé sur l’égalité souveraine, et non sur des « règles » établies par l’Occident.