NOUS SOMMES LOIN, AVEC CETTE INTERVENTION MAGISTRALE, HISTORIQUE DE CARNEY, NOUS SOMMES LOIN DES RODOMONTADES THETRALES DERISOIRES DE MACRON ET DE SES ACOLYTES.
L’intervention de Mark Carney, Premier ministre du Canada, prononcée à la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos en 2026, porte sur la fin de l’ordre international fondé sur des règles et l’émergence d’une rivalité entre grandes puissances.
Inspiré par l’essai de Václav Havel Le pouvoir des sans-pouvoir, Carney compare la complaisance des pays moyens (comme le Canada) à un « mensonge » perpétué par habitude, où l’on accepte tacitement les inégalités pour éviter les conflits.
Il appelle à une rupture : les pays doivent cesser de feindre et adopter un « réalisme fondé sur les valeurs » – principiel sur les droits humains, la souveraineté et l’intégrité territoriale, mais pragmatique en reconnaissant les divergences d’intérêts.
Carney annonce que le Canada adapte sa posture stratégique : augmentation des dépenses de défense (doublement d’ici la fin de la décennie), diversification des partenariats commerciaux (accords avec l’UE, la Chine, le Qatar, négociations avec l’Inde, l’ASEAN, etc.), investissements en autonomie énergétique et en minéraux critiques.
Il prône des coalitions variables (« géométrie variable ») pour résoudre des problèmes spécifiques, comme le soutien à l’Ukraine, la défense de la souveraineté arctique avec le Groenland et le Danemark, ou la création d’un bloc commercial transpacifique-UE.
Le Canada se positionne comme un « superpouvoir énergétique » avec des atouts (ressources, population éduquée, valeurs pluralistes) pour attirer des partenaires et résister à la coercion des hégémons.
En résumé, c’est un appel aux puissances moyennes à s’unir pour créer une « troisième voie » entre les grandes puissances, en construisant une résilience collective plutôt que des forteresses isolées, afin d’éviter une fragmentation mondiale qui appauvrirait tous.
Ce discours marque un tournant dans la politique étrangère canadienne, sous Carney ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, élu PM en 2025 .
Il diagnostique avec lucidité la déliquescence de l’ordre post-1945, où les grandes puissances (États-Unis sous Trump implicite, Chine, Russie) militarisent l’économie (tarifs, chaînes d’approvisionnement) au détriment des règles multilatérales.
Carney critique subtilement les États-Unis – références aux tarifs sur le Groenland et à une Amérique « transactionnelle » – tout en évitant une confrontation directe, optant pour un pragmatisme qui inclut des accords avec la Chine et le Qatar.
Le discours est bien structuré : il commence par une métaphore historique (Havel, Thucydide), passe à un diagnostic géopolitique, liste les actions concrètes du Canada (fiscalité, défense, commerce), et conclut par un appel à l’action collective.
C’est un mélange de réalisme (autonomie stratégique) et d’idéalisme (valeurs partagées), inspiré du concept d’Alexander Stubb (« value-based realism »).
Économiquement, il promeut une diversification pour réduire les vulnérabilités, alignée sur les défis actuels comme la transition énergétique et les minéraux critiques
.Globalement, Carney repositionne le Canada non comme un suiveur passif , mais comme un leader des puissances moyennes, capable d’influencer le cours de l’histoire via des coalitions flexibles.
C
« It is time for companies and countries to take their signs down. » (Il est temps pour les entreprises et les pays d’enlever leurs pancartes – référence à Havel, appel à cesser la complaisance.)
CITATIONS
« We are in a midst of rupture, not transition. » (Nous sommes au milieu d’une rupture, pas d’une transition – soulignant la gravité de la crise géopolitique.)
« You cannot live within the lie of mutual benefit through integration when integration becomes the source of your subordination. » (On ne peut pas vivre dans le mensonge d’un bénéfice mutuel par l’intégration quand l’intégration devient la source de votre subordination.)
« If we’re not at the table, we’re on the menu. » (Si nous ne sommes pas à la table, nous sommes sur le menu – avertissement aux puissances moyennes sur le risque d’être exploitées.)
« Canada has what the world wants. » (Le Canada a ce que le monde veut – affirmant les atouts du pays en énergie, minéraux, éducation et valeurs.)
« Nostalgia is not a strategy. » (La nostalgie n’est pas une stratégie – rejet de l’attente passive d’un retour à l’ancien ordre.)
« The powerful have their power. We have something too: the capacity to stop pretending, to name reality, to build our strength at home and to act together. » (Les puissants ont leur pouvoir. Nous avons quelque chose aussi : la capacité d’arrêter de feindre, de nommer la réalité, de construire notre force chez nous et d’agir ensemble.)