Carney « star politique mondiale », Macron doit être jaloux.

Un article du New York Times daté du 24 janvier 2026 relate l’ épisode diplomatique tendu entre le Premier ministre canadien Mark Carney et le président américain Donald Trump, sur fond de Forum économique mondial (WEF) à Davos.

NYT] Mark Carney s’attaque à Donald Trump et devient une star de la politique mondiale

Carney, ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre et ex-dirigeant chez Brookfield Asset Management, est devenu Premier ministre du Canada en 2025 après une élection surprise, succédant à Justin Trudeau.

Son discours à Davos marque un tournant : il critique implicitement Trump sans le nommer, accusant les États-Unis d’avoir provoqué une « rupture irrévocable » dans l’ordre mondial. Il appelle les « puissances moyennes » (comme le Canada) à s’unir pour survivre, avec une formule choc : « Les puissances moyennes doivent agir ensemble, parce que si nous ne sommes pas à la table, nous sommes sur le menu. »

Cela vise spécifiquement les politiques de Trump, avec son désir forcené d’annexer le Groenland (revendiqué depuis 2019 et réitéré en 2025), mais aussi les tariffs sur les industries canadiennes clés (bois, acier) et ses blagues sur le Canada comme « 51e État » américain.

Carney avait jusqu’alors répondu avec prudence aux provocations trumpiennes, évitant l’escalade pour ne pas aggraver les tensions commerciales (révision de l’USMCA en cours).

Mais à Davos, son intervention publique – sa première en tant que PM – a été ovationnée debout, un rare fait au WEF selon le chroniqueur du Financial Times Gideon Rachman.

Trump a réagi le lendemain dans un discours décousu, reprochant à Carney son ingratitude : « J’ai regardé votre Premier ministre hier. Il n’était pas si reconnaissant – ils devraient nous être reconnaissants, le Canada. Le Canada vit grâce aux États-Unis. »

Carney a riposté sans nommer Trump, affirmant à Québec : « Le Canada et les États-Unis ont construit un partenariat remarquable en économie, en sécurité et en échanges culturels riches. Mais le Canada ne vit pas grâce aux États-Unis. Le Canada prospère parce que nous sommes Canadiens. »

En représailles, Trump a révoqué l’invitation du Canada à son « Board of Peace », un groupe auto promotionnel créé pour superviser un accord de paix à Gaza (entre Israël et le Hamas) et positionné comme rival des Nations Unies.

Ce conseil exige un paiement d’au moins 1 milliard de dollars par membre et pourrait inclure Vladimir Poutine, ce que Carney et son ministre des Finances voyaient comme problématique – la révocation a été perçue comme un soulagement plutôt qu’une punition.

L’article souligne que cet épisode a propulsé Carney au rang de « star politique mondiale« , avec des louanges internationales : le chroniqueur du NYT David French qualifie son discours de « Doctrine Carney », le plus important de la seconde présidence Trump jusqu’ici.

Cet épisode est emblématique des tensions géopolitiques en 2026, où un Trump revanchard à l’ego exacerbé teste les limites des alliances traditionnelles, forçant des leaders comme Carney à durcir leur ton pour affirmer leur souveraineté.

La position de Carney s’explique par un mélange de pragmatisme et d’opportunisme : en tant qu’ancien banquier central (BoE, Banque du Canada), il est rompu à la diplomatie économique et sait que céder aux pressions trumpiennes (tariffs, Groenland) affaiblirait le Canada économiquement et politiquement.

Son appel aux « puissances moyennes » (Canada, Australie, UE modérée) est une stratégie défensive intelligente mais risquée face à un monde bipolaire USA-Chine, où les États-Unis sous Trump adoptent un isolationnisme agressif.

C’est cohérent avec son expereience en finance climatique il a présidé la Glasgow Financial Alliance for Net Zero : critiquer Trump renforce son image de leader progressiste sur l’environnement et la stabilité globale, contrastant avec le climatoscepticisme trumpien.

Son statut de « star » s’explique par plusieurs facteurs :

1) Le timing – Davos amplifie tout discours, et l’ovation debout est un buzz médiatique rare.

2) Le contraste avec les autres ‘leaders’ en particulier européens perçus comme trop conciliant en fait une personnalité plus en vue sisinon écoutée ; Carney apparaît comme un « adulte dans la pièce », avec son expertise financière crédible.

3) Les médias libéraux comme le NYT en font un héros anti-Trump, le qualifiant de « Doctrine Carney » et polariser le débat.

En interne, au Canada, des voix conservatrices l’accusent de provocation inutile, risquant des représailles économiques (Trump menace déjà de tariffs supplémentaires).

Carney peut jouer un rôle clé, mais son « statut de star » dépendra de sa capacité à transformer ce buzz en alliances concrètes, et ce ne sera pas facile dans l’état de délabrement politique, moral et intellectuel dans lequel se trouvent les puissances moyennes.

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