Editorial, la question des valorisations des actions passe à coté du fait qu’elles ont changé de nature. Avec commentaire IA.

Voici un travail intéressant sur la question des valorisations boursières.

Il est intéressant dans la mesure ou il encadre bien cette question, en choisissant quatre critères différents et les combine pour en tirer une information synthétique: nous sommes en situation de surévaluation de 181% par rapport aux normes historiques.

Je vous le répète à satiété depuis des années, on est deux fois trop cher!

Mais il y a un « mais », un grand MAIS; c’est la question des normes historiques!

Dire que l’on se réfère à ces normes c’est supposer qu’il y aura retour aux normes, c’est à dire Réconciliation.

Les critères sont différents mais la référence sous jacente est toujours la même et cette référence c’est l’histoire!

Tout ceci pour vous dire que ce travail est intéressant et que sa conclusion est imparable savoir qu’à ce niveau de valorisation et sur la base des références historiques:

Les rendements futurs à long terme se compriment fortement

Le risque de fortes baisses augmente sensiblement

Mais que c’est ici que la véritable discussion doit commence; personne à ce stade ne l’aborde.

J’affirme que nous ne sommes plus dans les conditions historiques.

Je l’affirme non pas à cause de détails endogènes au système comme les marges bénéficiaires, les taux, non je l’affirme à trois niveaux :

1- Les actions ont changé de nature et de maîtres , elles sont devenues des bestioles quasi-monétaires qui se détachent progressivement de leurs référents fondamentaux comme ceux de l’analyse financière de la valeur des entreprises et de leurs performances.

2- Les performances attendues par les investisseurs dépendent plus de la poursuite de ce système financiarisé fondé sur la poursuite de la monnaie-itude et de la monétisation des actifs financiers.

3- Les actions à un moment donné peuvent encore changer de nature et redevenir des droits sur des richesses réelles, redevenir la seule protection – pas efficace à 100% certes- mais efficace tout de même contre une hyperinflation qui est loin d’être improbable .

Ce graphique (de VettaFi / Advisor Perspectives) montre à quel point le marché boursier américain est cher par rapport à son propre historique en utilisant un composite de quatre mesures d’évaluation, exprimées en pourcentage d’écart par rapport à leurs moyennes géométriques à long terme.

Chaque élément de la ligne mesure la valorisation de manière légèrement différente, mais tous sont normalisés par rapport à l’historique :

  • Ratio cours/bénéfice de Crestmont – bénéfice ajusté de l’inflation par rapport au cours
  • PER ajusté du cycle (CAPE sur 10 ans) – lisse le cycle des bénéfices
  • Ratio Q (Q de Tobin) – valeur marchande par rapport au coût de remplacement
  • Prix du marché par rapport à la tendance de régression à long terme

Ces quatre valeurs sont combinées en une moyenne géométrique, ce qui réduit l’impact des valeurs extrêmes de chaque indicateur.

Lorsque la valorisation est extrêmement élevée (> +100%) comme c’est le cas actuellement :

  • Les rendements futurs à long terme se compriment fortement
  • Le risque de fortes baisses augmente sensiblement

Chaque occurrence précédente supérieure à +2 SD était suivie de :

  • Soit une forte baisse
  • Ou une décennie, voire plus, de rendements réels stables
  • Ou les deux

Avec un niveau de valorisation d’environ 181 % supérieur aux normes historiques, les actions américaines sont valorisées pour une quasi-perfection, ce qui implique de faibles rendements à long terme et un risque de baisse élevé, même si les marchés restent robustes à court terme.

EN PRIME

J’ai passé mon editorial à l’IA, en lui demandant si elle comprenait, voila ce qu’elle en dit

Oui, je comprends parfaitement le texte de cet éditorial publié sur votre blog (puisque vous êtes Bruno Bertez). Il s’agit d’une réflexion approfondie sur les valorisations boursières, en particulier celles des actions américaines, en s’appuyant sur un graphique externe pour étayer l’analyse, tout en introduisant une critique fondamentale sur l’évolution de la nature des actifs financiers.

L’éditorial commence par présenter un travail externe (un graphique issu de VettaFi / Advisor Perspectives, relayé par un tweet de Tobias Carlisle) qui évalue la surévaluation du marché boursier américain à 181 % par rapport aux normes historiques. Ce calcul repose sur une moyenne géométrique de quatre indicateurs de valorisation normalisés par rapport à l’histoire :

  • Le ratio cours/bénéfice de Crestmont (ajusté à l’inflation) : mesure les bénéfices ajustés par rapport au prix.
  • Le PER ajusté cycliquement (CAPE sur 10 ans) : lisse les fluctuations des bénéfices sur un cycle.
  • Le ratio Q (de Tobin) : compare la valeur marchande à celle du coût de remplacement.
  • L’écart du prix du marché par rapport à la tendance de régression à long terme.

Ces métriques, combinées, indiquent que les actions sont « deux fois trop chères » selon l’auteur, ce qui implique une compression des rendements futurs à long terme et un risque accru de fortes baisses.

L’éditorial souligne que chaque épisode historique de surévaluation extrême (> +100 %, ou +2 écarts-types) a été suivi d’une correction majeure, d’une décennie de rendements réels stagnants, ou des deux.

Cependant, l’auteur introduit un « mais » crucial : cette analyse repose sur des normes historiques, qui supposent un retour à la moyenne (mean reversion). Or, il argue que les conditions ont fondamentalement changé, rendant ces références obsolètes.

Il développe trois niveaux d’arguments :

  1. Changement de nature des actions : Elles sont devenues des actifs « quasi-monétaires », détachés de leurs fondements traditionnels (analyse financière des entreprises, performances réelles). Elles ne représentent plus uniquement des droits sur des richesses productives, mais des instruments financiers influencés par des facteurs exogènes.
  2. Dépendance à la financiarisation : Les performances futures dépendent de la poursuite du système actuel, basé sur la monétisation des actifs et la « monnaie-itude » (c’est-à-dire leur traitement comme des quasi-monnaies via des politiques monétaires expansives).
  3. Potentiel de reversion en cas de crise : Les actions pourraient redevenir des protections contre l’hyperinflation, redevenant des droits sur des richesses réelles, elles pourraient monter au fur et a mesure de la dépréciation réelle ou anticipée des monnaies..

L’éditorial conclut implicitement que la discussion réelle doit porter sur cette mutation, plutôt que sur une simple comparaison historique.

Commentaire Cette analyse est pertinente et bien structurée, car elle ne se contente pas d’une vision statique des marchés, mais intègre une dimension systémique et prospective.

En effet, depuis la crise de 2008 et les programmes de quantitative easing (QE) des banques centrales, les actions ont effectivement évolué vers des actifs plus liquides et monétisés, influencés par les flux de capitaux institutionnels (fonds passifs, ETF) et les politiques monétaires plutôt que par les fondamentaux des entreprises.

Cela explique en partie pourquoi les valorisations restent élevées malgré les signaux historiques d’alerte – penser à la « Fed put » ou à l’effet des rachats d’actions par les entreprises.

Les actions ont changé de « maîtres » (passant des investisseurs value aux algorithmes et aux banques centrales), mais le risque de rupture reste élevé. Une normalisation des taux ou une crise de confiance pourrait forcer un retour brutal aux normes historiques, comme lors du krach de 2000 (bulle dot-com) ou 1929.

L’hypothèse d’hyperinflation comme scénario de « protection » est plausible dans un contexte de dettes souveraines records, mais elle doit tenir compte des alternatives comme l’or ou les cryptomonnaies, qui pourraient concurrencer les actions dans ce rôle.

Globalement, cet éditorial invite à une reflexion, plus radicale , et je partage l’idée que les investisseurs doivent désormais raisonner en termes de « régimes de marché » plutôt que sur de simples moyennes historiques.

Laisser un commentaire